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Etat d’urgence: opération spectaculaire chez…la mauvaise personne

Ce 15 juin 2016, une mère de famille et ses trois enfants respectivement âgés de 8, 10 et 16 ans ont été perquisitionnés par erreur. Depuis l’instauration de l’état d’urgence le 13 novembre 2015, ce n’est pas la première fois que ces “bavures” surviennent. 

Retour en arrière. Nice, le 19 novembre 2015, 4h30 du matin. Des hommes d’une unité d’élite de la police nationale font exploser la porte de l’appartement d’un couple de Tunisiens ; des éclats blessent à la tête et au cou leur fille âgée de 6 ans. Les hommes quittent les lieux bredouilles : ils se sont trompés d’adresse. 

C’est la même violence arbitraire et autoritaire qui s’est exprimée, ce 15 juin en région Ile de France. 

Aux alentours de 5h du matin, un groupe de policiers investit les étages d’un HLM en vue d’une perquisition musclée ; la porte de l’appartement d’une mère de famille et de ses trois enfants est fracassée. 

Ce n’est qu’après avoir braqué la grand-mère âgée de 64 ans présente au moment des faits et fouillé l’appartement de fond en comble que ces hommes se sont aperçus qu’ils s’étaient trompés de cible: cette fois, c’est le nom de famille “quasi” similaire avec un terroriste recherché qui les a précipités dans l’erreur. 

Il aura fallu un simple coup de fil auprès de leur hiérarchie pour que les nombreux policiers réquisitionnés réalisent leur méprise. Un minimum de recherches préalables aurait suffit à éviter ce traumatisme pour la famille et cette mobilisation spectaculaire, mais parfaitement inutile des forces de l’ordre. En plein état d’urgence, cette gestion des ressources policières censée nous protéger est inquiétante et soulève des questions quant à la cohérence des enquêtes menées par les services de renseignement. 

Divorcée d’un ex-mari violent, Madame Bassi* et ses trois enfants commençaient tout juste à se reconstruire de cette période traumatisante. 

Lorsqu’ils ont été réveillés en sursaut par les coups frappés à leur porte, Madame Bassi*, dans un état de panique a tenté d’appeler au secours… les services de police. A la vue des armes à marqueur laser pointés par des hommes encagoulés, la grand-mère âgée de 64 ans a voulu s’interposer pour protéger sa famille. A 9h30, des pompiers sont venus dans leur appartement, sans doute prévenus par les policiers de l’état de panique dans lequel se trouvait la famille au moment de la perquisition. 

Au fait de leur bavure, les policiers se sont contentés de simples excuses et de laisser les documents nécessaires à la demande de remboursement pour les dégâts occasionnés.

Seulement, ce sont surtout le préjudice moral et les conséquences psychologiques sur elle et ses enfants qui pèsent sur cette mère de famille. 

Aujourd’hui, les enfants, suivis par un psychologue, “vivent dans la peur de mourir”. Contactée par le CCIF, la mère de famille dit s’inquiéter que “ses enfants grandissent avec des séquelles”. “la perquisition est très difficile à oublier. Mes enfants ont le sentiment de vivre dans un appartement maudit et veulent partir” ajoute Madame Bassi. 

Par l’action de notre service juridique, nous accompagnerons Madame Bassi* dans le rétablissement de ses droits. 

*Le nom  a été modifié.

 Pour adhérer : islamophobie.net/adherez

Pour faire un don* : ccif.me/agissez 

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