Badia a été victime de propos extrêmement choquants proférés par un médecin en région Aquitaine alors qu’elle accompagnait son fils pour une consultation.

Une fois la consultation terminée, Badia et le médecin sont sur le point de convenir d’un prochain rendez-vous pour son fils lorsque la discussion change soudainement de ton:

S’ensuit alors une réaction brutale et hostile de la part du médecin qui lui fait part de sa désapprobation concernant la tenue vestimentaire de Badia et plus spécifiquement le foulard qu’elle porte: « Savez-vous que le foulard que vous portez est un signe de non-intégration ? ».

Stupéfaite et décontenancée, Badia lui répond que sa remarque n’est pas appropriée, le foulard n’enlevant rien de son appartenance à la communauté nationale. Le médecin s’emporte : « Dans ce cas, vous devez porter un foulard bleu-blanc-rouge ! ».

Avec une véhémence grandissante, le docteur crie qu’il existe des pays tels que le Maroc, l’Algérie ou encore l’Arabie Saoudite qui acceptent que des femmes portent un foulard, suggérant qu’elle devrait songer à s’y établir si elle souhaite continuer à manifester sa croyance publiquement.

Loin de se contenter de tels propos déjà extrêmement graves et discriminatoires, le médecin tape de son poing sur la table, effrayant Badia et, les mains tremblantes, il vocifère : « Nous sommes en guerre, il faut savoir dans quel camp on est !!! ».

Effrayée, choquée et totalement bouleversée par cet échange, Badia décide d’y mettre un terme. Elle se lève et, tout en se dirigeant vers la sortie, lui explique qu’elle ne laissera plus jamais la vie de son fils entre ses mains après les propos empreints de haine et de violence qu’il lui a tenus.

En plus d’agresser sa patiente verbalement, le médecin fait un signalement à la gendarmerie pour “attitude intégriste” à l’encontre de Badia, du seul fait qu’elle porte un foulard. Lors de l’audition par la gendarmerie, Badia a eu un choc en apprenant qu’elle avait fait l’objet d’un tel signalement abusif, de la part du médecin.

Une plainte a été déposée par Badia, profondément marquée, et le service juridique du CCIF. L’affaire sera prochainement entendue en audience, devant la Chambre disciplinaire de l’ordre des médecins. Nous entendons aller jusqu’au bout pour mettre fin à l’impunité de ce type de pratiques qui, dans le climat délétère actuel, est porteur de graves conséquences. Le médecin n’a respecté ni l’éthique ni la déontologie de sa profession.Plus grave encore, il a signalé abusivement la maman d’un jeune patient, du seul fait qu’elle porte un foulard. Saisi sur ce dossier, le Conseil départemental s’était d’ailleurs ému des paroles du médecin, en les qualifiant de “discriminatoires” et “anti-déontologiques”.

Le 26 janvier se tiendra l’audience devant la Chambre disciplinaire de l’Ordre des Médecins.

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Les productions du CCIF apportent un contrepoids face aux discours de haine et au climat de suspicion entretenus par certains médias et personnalités publiques.

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