Le CCIF sera le 25 janvier 2017 au Tribunal Correctionnel de Paris en qualité de partie civile, face à Georges Bensoussan, convoqué en tant que prévenu. Cette convocation fait suite à ses  propos mettant gravement à l’index les citoyens de confession musulmane sur les ondes de France Culture, en novembre 2015. Compte tenu de la gravité des propos, le Parquet de Paris, à la suite du signalement du CCIF, a déclenché des poursuites pour « incitation publique à la discrimination, la haine, la violence à l’égard d’un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse »

Pour rappel, le prévenu avait déclaré dans l’émission « Les Répliques », animée​ par Alain Finkielkraut que:

« Aujourd’hui nous sommes en présence d’un autre peuple au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés. (…). Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu, comme un secret.».

Et que :

« cet antisémitisme viscéral que l’enquête Fondapol de Dominique Reynié a bien mis en évidence l’année dernière, on ne peut pas le laisser sous silence. Or ça, c’est antinomique de la nation française, il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassées de cet antisémitisme atavique qui est tu comme un secret. Attendez je termine. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smain Laacher d’un très grand courage vient de dire dans le film qui passera sur France 3 « c’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tête avec le lait de la mère ». »

Ce sont ces deux affirmations que George Bensoussan devra expliquer aux juges de la 17ème chambre du Tribunal Correctionnel de Paris. 

Vous aviez été très nombreux à alerter le CSA dans les jours qui ont suivi ces déclarations. Cette mobilisation avait porté ces fruits puisqu’une mise en garde avait été envoyée par l’organisme à Radio France. Parallèlement, le service juridique du CCIF avait signalé la gravité de ces propos à la Préfecture de Paris. 

Le CCIF se félicite que le Parquet de Paris ait décidé diligenter des poursuites. Il envoie ainsi un signal fort en rappelant que les propos de haine sont injustifiables, au moment où la parole islamophobe se libère dans l’espace public. 

Les propos de M. Bensoussan doivent être compris exactement pour ce qu’ils sont : des propos dangereux et dignes des discours propagés par l’extrême droite en ce qu’ils sous-tendent que la composante musulmane de la nation française dévalue la France et fait reculer les valeurs démocratiques. 

C’est pourtant l’essence même de ces propos qui est anti-démocratique, en ce qu’ils nient la part de citoyenneté d’une partie de la population et la diabolisent.

Nous vous tiendrons informés des suites de cette affaire. 

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Les productions du CCIF apportent un contrepoids face aux discours de haine et au climat de suspicion entretenus par certains médias et personnalités publiques.

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