BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

Lancement d’une action de groupe contre les propos de la Ministre Laurence Rossignol

Le CCIF condamne fermement les propos tenus hier par Laurence Rossignol, l’une des ministres du gouvernement, stigmatisant à la fois la minorité noire et musulmane et convoquant la mémoire de l’esclavage pour stigmatiser, une fois de plus, les musulman-e-s, notamment les femmes voilées.

Ces propos ne pourraient être interprétés comme une énième maladresse sans conséquences. Quand un-e ministre s’exprime dans l’exercice de ses fonctions, on ne parle ni de « dérapage » ni de « gaffe », mais de responsabilité politique, pleine et entière. 

C’est en prenant pleinement conscience de la portée de ce discours, assumée par une représentante de l’Etat, que chacun peut juger de la gravité des propos tenus, dans un contexte où les tensions politiques et les sentiments de rejet sont en recrudescence. Nous ne pouvons accepter qu’un tel discours puisse rester impuni, au plus haut niveau de l’Etat. Si tel était le cas, un nouveau pallier serait franchi en matière d’institutionalisation du racisme et de l’islamophobie. 

Il devient nécessaire de mettre en cause un certain nombre de discours médiatiques et politiques qui mettent en danger le vivre ensemble et légitiment des formes de rejet et d’exclusion, notamment à l’égard des citoyen-ne-s Noir-e-s, Arabes et/ou de confession musulmane. 

C’est pourquoi le CCIF entend mener une action de groupe contre les propos de Laurence Rossignol.

Le CCIF appelle toutes les personnes se sentant visées par les propos de la Ministre des droits des femmes à se rapprocher de notre service juridique (contact@islamophobie.net) et à déposer plainte. Le CCIF assumera et organisera l’ensemble de la procédure, ensemble, avec toutes les structures qui veulent se joindre à cette initiative, contre le racisme d’état.

Alors même que l’Etat lance une campagne nationale de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les actes anti-musulmans, on réalise à quel point il peut être structurellement aveugle à ses propre dérives, en matière de négrophobie et d’islamophobie, ainsi que face aux discriminations, aux violences policières et à leurs mécanismes institutionnels.

Le CCIF fait chaque année le même constat dans ses rapports sur l’état des lieux sur l’islamophobie: les femmes sont les premières victimes (à hauteur de 74% en 2015) et les institutions sont les premières discriminantes (64% des actes de discrimination ont eu lieu dans des services publics, en 2015).

Le racisme n’est pas un accident, mais un système, dont certains mécanismes sont normalisés au sein même des institutions.

Entre les débats chroniques et nauséabonds autour de l’islam d’une part, et les déclarations stigmatisantes et politiques au plus haut niveau de l’Etat à l’encontre des musulmans, il est temps de mettre en cause les idéologies qui aujourd’hui fondent et légitiment le racisme et l’exclusion d’une partie de nos concitoyens.   

Nous en appelons à la responsabilité politique et à celle des instances de régulation du discours public, notamment le CSA. Nous ne pouvons pas jeter l’opprobre sur des milliers de femmes ou sur des communautés entières, tout en se dédouanant de toute responsabilité dans la manière dont ils/elles sont traitées par la suite.

Le CCIF refuse que les des personnes ou des communautés servent, en raison de leur couleur de peau ou de leur religion supposée, d’exutoire populiste, pour masquer l’échec des politiques menées.

C’est pourquoi nous voulons aujourd’hui, à travers cette opération qui rassemble déjà des centaines de plaignants, mettre en cause la responsabilité de ceux dont les décisions et les discours abîment nos vies et celles de nos concitoyens, au quotidien.  

Articles associés