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La LDJ dispense des formations pour attiser la haine contre les musulmans

 « Il faut faire haïr les muzz pour les faire dégager » : c’est l’objectif que souhaiterait atteindre la Ligue de Défense Juive à travers une série de formations. 

Dans la section de commentaires d’un article publié sur le site de la LDJ (Ligue de Défense Juive) le 16 décembre 2015, nous apprenons que l’organisation dispenserait des formations pour enseigner comment attiser au mieux la haine contre les musulmans. 

Les commentaires depuis supprimés proposent tout un programme : création de faux comptes aux noms à consonance « arabe » pour relayer « l’image de la racaille inculte » et partage des vidéos du site islamophobe riposte-laïque par mail au plus grand nombre.

Pour parachever leur objectif, des conseils judicieux sont donnés : stratégie de ciblage du public à viser pour gagner en « efficacité », à savoir ne pas perdre de temps en inondant de commentaires haineux les groupes dits « pro-mouslim » ou « pro-palestine » mais cibler directement les sites dits « français ».

Créé en 2000, la Ligue de Défense Juive s’inspire de la Jewish Defense League établie aux Etats-Unis en 1968, considérée comme étant une organisation terroriste par le FBI.

En octobre 2015, ses membres prenaient pour cible le journaliste David Perrotin devant les locaux de l’AFP. Ce n’est qu’en trouvant refuge au sein des locaux de l’agence et en étant exfiltré par un cordon de policier que le journaliste a pu éviter une mise à tabac. 

En 2012, le site de la LDJ met en ligne les images de l’agression commise la veille contre la porte-parole du Parti Des Indigènes de la République (PIR). 

Ce groupuscule a démontré à plusieurs reprises qu’il est générateur de haine raciale, et pourtant le silence des autorités se fait pesant. Contacté par Médiapart en octobre dernier suite à l’agression du journaliste David Perrotin, le cabinet du Ministère de l’Intérieur rapportait que  « Cela fait partie des groupes sur lesquels nous avons regardé si la possibilité (de dissolution) existait ».  Rien n’a été fait, bien que cela fait plusieurs années que le Ministère de l’Intérieur est interpellé au sujet de leurs actions.

  • Explosion des actes islamophobes dans un contexte où les discours de haine se sont totalement normalisés

La semaine passée lors de notre conférence de Presse, nous faisions état d’une forte hausse de l’islamophobie en 2015 avec 905 actes recensésPour la première fois, les agressions physiques dépassaient le nombre d’agressions verbales avec 55 victimes.

Ce chiffre est révélateur d’une banalisation des propos islamophobes dans la société, permettant le passage à l’acte violent.

S’il y a bien une chose que l’Histoire nous a enseigné, c’est que le discours institutionnel est le ferment de la violence légitime et le terreau d’une violence qui s’exprime dans la société française contre une partie de ses citoyen-ne-s. L’absence de réaction de la part des institutions face à des appels manifestes à la haine s’apparente à un blanc-seing donné aux islamophobes pour exprimer leur haine.

Si de telles formations peuvent-être plébiscitées sur le site d’une organisation sans que celle-ci ne soit inquiétée et sans soulever une vague d’indignation, nous sommes en proie à une réelle inquiétude.

Nous demandons à ce que la Délégation Interministérielle contre le Racisme et l’Antisémitisme remplisse la mission de ce pour quoi elle a été créée : à savoir lutter contre toutes formes de racisme.

  • Que faire ?

Interpellez les comptes twitters :

1) De la délégation inter-ministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (@DILCRA)

2) De son représentant Gilles Clavreul (@GillesClavreul)

3) Du Ministère de l’Intérieur (@Place_Beauvau) 

#EnsembleNousSommesPlusForts

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