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Un non-musulman victime d’islamophobie.

Crédit photo : Jean-Pierre Clatot / AFP

 

Accusé d’être djihadiste par son entraineur, Gaël Givet raconte son passage éclair au Football Club d’Evian-Thonon-Gaillard.

Il n’aura disputé qu’un seul match avec le club d’Evian TG. 

C’est en septembre 2014 que Gaël Givet, footballeur international français signe un contrat de deux ans avec le club. 

Après avoir joué à Monaco, Marseille, Blackburn ou encore avec le TC Arles-Avignon, la saison 2014-2015 ne se déroule pas comme les autres. En effet, un mois après sa signature, il rompt son contrat à l’amiable. A l’époque il évoque des « raisons personnelles » pour justifier son geste.

Il y a quelques jours, interrogé par Le Parisien sur son passage éclair à Evian, il raconte : « Je voulais partir au bout d’un jour ! Avec le président du club et Pascal Dupraz, l’entraîneur, ça s’est mal passé. Et trois jours avant mon unique match, j’ai été convoqué dans le bureau du président pour un truc qui me semblait fou et qui n’avait rien à voir avec le foot. Je ne veux pas en dire plus mais ensuite, j’étais complètement dégoûté… »

Qu’avait bien pu faire le joueur alors qu’il n’avait encore disputé aucun match? 

D’abord réticent à l’idée de parler des vraies raisons qui l’ont poussé à partir, il finit par avouer :

« Bon, OK. Le problème, c’était justement ma barbe que je laissais pousser ! A Evian, on voulait me forcer à me raser parce qu’elle était trop longue. A 33 ans, on ne pouvait pas me traiter ainsi. On me prenait pour un djihadiste alors que je ne suis absolument pas converti à l’islam. Quelle folie ! »

« Peut-être que le coach Dupraz regrettait de m’avoir pris, mais me reprocher une barbe trop longue, c’était n’importe quoi. Je lui avais pourtant dit que je n’étais pas un mec à concessions. Le plus drôle, c’est qu’un jour, je me suis rasé entièrement et que juste après, je suis allé résilier mon contrat. » 

Il conclut finalement : « Je n’ai pas honte de ce que j’ai accompli. Il faut toujours assumer ses choix. D’ailleurs, je vais laisser repousser ma barbe ! »

Alors qu’il n’est pas musulman, Gaël Givet a été victime d’islamophobie. 

Il a fait les frais de l’ignorance et de la normalisation d’amalgames infondés.

Porter une barbe ne signifie pas que l’on est musulman.

Etre musulman ne signifie pas que l’on est « djihadiste ».

Il est nécessaire de prendre conscience, aujourd’hui, de la force de tels présupposés. Si l’islamophobie représente un danger pour la communauté musulmane, il ne s’arrête pas aux seuls membres de celle-ci. 

Le CCIF se bat chaque jour pour que l’islamophobie soit reconnue, condamnée, et qu’elle ne soit pas banalisée. Il s’appuie sur une définition large et considère comme islamophobe tout type de rejet, discrimination ou violence à l’encontre d’un individu en raison de son appartenance réelle ou supposée à l’Islam. 

En effet, l’islamophobie est un véritable problème de société qui touche aujourd’hui musulmans comme non-musulmans. Il est grand temps que l’ampleur du problème soit mesuré, et que les droits des victimes, quelque soient leurs convictions, soient respectés.

Si la supposition de l’appartenance à l’Islam ne devrait pas se bâtir sur le simple port d’une barbe, elle devrait encore moins déboucher sur l’idée d’une potentielle appartenance à une mouvance « djihadiste ». 

De telles accusations, bien que surréalistes, peuvent avoir de graves conséquences pour la victime, qu’elle soit réellement musulmane ou non. 

Diffusons l’histoire de Gaël Givet, soupçonné à tort de djihadisme pour une barbe trop longue devenue suspecte, afin que l’islamophobie cesse de s’étendre et de se normaliser.

Ensemble, nous sommes plus forts.

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