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Wissous Plage : Pas assez « français » ?

Lundi 7 juillet, un signalement nous a été transmis via Twitter, joignant le règlement de Wissous Plage, événement saisonnier organisé dans la petite ville d’Essonne. L’article 8 interdit en effet l’accès « à toute personne ayant une tenue inappropriée ou contraire aux règles de décence ou le port de tout signe religieux », exclusion, à peine dissimulée, des femmes portant le voile de cet espace de loisirs. On soulignera la délicatesse du règlement qui met dans la même phrase « tenue inappropriée », « contraire aux règles de décence » avec « le port de tout signe religieux ».

Deux femmes accompagnées de leurs enfants ont d’ailleurs été expulsées des lieux à l’initiative de Richard Trinquier, premier magistrat de la ville, et des employés municipaux ce week-end. Richard Trinquier a refusé de remettre en question ce règlement intérieur, prétextant un respect de la loi du 15 mars 2004 (interdiction du voile à l’école), qui s’appliquerait à Wissous Plage, arguant qu’il s’agit d’un établissement qui reçoit du public.

Le collectif Al Madina, de Wissous, promouvant le vivre ensemble et sensibilisant aux domaines culturels, cultuels et éducatifs, a alors pris l’initiative de s’emparer de l’affaire, pour réclamer une rencontre à la mairie, afin de confronter le maire et lui demander des explications concernant cette interdiction des signes religieux à Wissous Plage. De son côté le CCIF s’est également saisi de ce dossier.

Le maire n’a pas hésité à insister sur le « juste » respect des lois de 2004, et de 2010 (interdisant le voile intégral), et brandissant le principe de « laïcité » de manière dévoyée comme ont coutume de faire, depuis quelques temps, pléiade de responsables politiques. Ce à quoi les responsables de Al Madina se sont empressés de rétorquer, à juste titre, que ces lois ne s’appliquaient nullement dans ce cas précis ; le règlement est donc clairement discriminatoire. En est-on arrivé à un système d’apartheid où certaines catégories de personnes ne peuvent plus accéder aux mêmes lieux et mêmes services que les autres ?

 Vous êtes français sur la carte d’identité »

Sans gêne, Richard Trinquier et son adjoint ont par la suite orienté la discussion sur le sujet de l’intégration et des « coutumes » du pays qui les auraient « accueilli ». Accueillis ? Les personnes en question sont françaises et compte bien faire valoir leurs droits en tant que citoyens de leur pays.

Au terme de cet « échange », aucun accord n’a pu être trouvé, la municipalité campant sur ses positions, l’affaire sera amenée en justice ; il est déplorable que nous devions en arriver là pour faire reconnaître un abus de pouvoir. Le CCIF assistera volontiers le collectif Al Madina dans toutes ses démarches.

C’est la liberté de déplacement des wisssoussiens et le vivre ensemble que ce règlement remet en question. » (Abdelkrim Benkoui, Président du Collectif Al Madina)

Crédit Photo : Shutterstock

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