Les discriminations islamophobes continuent d’envahir progressivement tous les champs de la vie quotidienne. Après les nombreux cas de moniteurs d’auto-écoles, de médecins, de restaurants ou de salles de sport qui discriminent les femmes voilées, c’est à présent une association caritative, Les Restos du Coeur, qui refuse leur bénévolat.

On aurait pu croire à un cas isolé lorsque Oumma.com a relayé l’histoire de Mme Ait Bella qui, souhaitant s’engager auprès de l’association, a essuyé le refus de son antenne toulousaine au simple motif qu’elle porte un hijab. Il semblerait en fait qu’il ne s’agisse pas d’une faute individuelle au sein des Restos du Coeur, mais bien d’une pratique généralisée. En effet, cette affaire porte au nombre de trois les cas portés à la connaissance du CCIF : deux autres femmes voilées nous ont signalé dans les derniers mois avoir été rejetées par les Restos du Coeur alors qu’elles proposaient leur aide bénévole.

L’une d’entre elles, Mme M., reprenant les paroles de l’hymne bien connu de l’association, témoigne : “aujourd’hui on a plus le droit de donner de son temps, de venir en aide à son prochain”. Elle affirme avoir été extrêmement “choquée” de l’accueil qu’elle a reçu. En effet, lorsqu’elle a voulu s’investir pour aider les plus démunis, il lui a été demandé de retirer son foulard. Lorsqu’elle a refusé, les Restos du Coeur l’ont alors invité à proposer son aide à des associations musulmanes. Mme M. est particulièrement outrée par cette assignation :

“C’est eux qui tentent de nous pousser au communautarisme ! Pourquoi une musulmane devrait forcément se tourner vers une association communautaire, lorsqu’elle souhaite simplement s’engager pour aider les autres, quelle que soit leur appartenance confessionnelle ?”

Elle dénonce le paternalisme d’une association qui veut bien des femmes voilées comme bénéficiaires à qui l’on porte secours, mais pas comme bénévoles. Quant au prétexte de la laïcité, elle dénonce son usage excluant : elle défend le véritable sens de la laïcité, qui n’est pas rejeter une catégorie de la population en raison de ses pratiques religieuses ou de ses traditions, mais au contraire de créer une solidarité inclusive, dans laquelle chacun est le bienvenu tel qu’il est. “S’ils veulent vraiment appliquer la laicité, pourquoi n’offrent-ils pas, en plus de leur dîner de Noël, des repas pour les fêtes traditionnelles juives, chinoises, etc. ?”, demandent-elle.

Si Coluche était encore en vie, il ne fait nul doute pour le CCIF qu’il n’aurait pas laissé une telle discrimination se faire au sein d’une association qu’il avait créée pour lutter contre l’exclusion sous toutes ses formes.

Mise à jour du 08/12/2012 : la réponse de Christiane Gaury , sécretaire générale des Resto du Coeur en Essonne à un de nos adhérents (courrier publié tel que, sans correction des fautes d’orthographe). 

De : ad91.siege@restosducoeur.org
Bonjour

La politique Restos est d’accueillir les bénéficiaires de façon inconditionnel avec des signes extérieur de religions
mais concernant les bénévoles aucuns signes extérieur des religions n’ est accepté pour éviter tout conflit.
Les religions autre que Juive ou Musulman n’ont aucun élément apparent de leur foi

C’est dans la charte du bénévolat au restos du coeur ainsi que toute appartenance politique.

Cordialement

Christiane Gaury
Membre du bureau départemental

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Les productions du CCIF apportent un contrepoids face aux discours de haine et au climat de suspicion entretenus par certains médias et personnalités publiques.

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