Rapport annuel

Le CCIF a publié mardi 31 janvier son rapport annuel 2017 portant sur les actes survenus en 2016. Outre la traditionnelle analyse chiffrée et contextualisée de l'islamophobie en France, cette nouvelle publication comporte aussi des contributions universitaires thématiques, produites par des chercheurs travaillant sur les questions de racisme, sécurité, droit et/ou discriminations.

Sur 2016, le CCIF dresse le constat d’une islamophobie en évolution. D’une part, on observe un net recul numérique des actes islamophobes déclarés, auprès du CCIF comme des services de police ; de l’autre, on note l’émergence d’une politique sécuritaire affectant les musulman-e-s de manière disproportionnée.

Plus précisément, voici les 10 principales informations à retenir : 

  • On observe un net recul des actes islamophobes enregistrés en 2016 : -35,9% par rapport à 2015 et -24,1% par rapport à 2014.
  • Les actes islamophobes pour 2016 : 419 discriminations, 39 agressions, 25 attaques et dégradations contre des édifices religieux, 98 discours haineux (insultes, menaces).
  • Les raisons du recul demeurent contrastées : baisse organique du fait islamophobe, capacité dissuasive de l’action contre l’islamophobie, mais également recul du report des actes par les victimes.
  • Les discriminations ont lieu, dans 64% des cas, dans des services publics. Ces cas sont résolus par médiation et pourraient être évités par une meilleure prévention. 
  • Les femmes, voilées ou non, restent les principales visées par les actes islamophobes : 75% des dossiers, dont 100% des agressions physiques les plus graves (>8 jours d’ITT)
  • Evolution de l’islamophobie, avec l’émergence d’une islamophobie sécuritaire, affectant les musulman-e-s à travers une politique anti-terroriste mettant à mal l’Etat de droit.
  • Durant l’Etat d’urgence, le CCIF a eu à gérer 427 dossiers, dont : 297 perquisitions, 100 assignations à résidence et 30 interdictions de sortie du territoire.
  • Emergence de points de tension dans le secteur de la santé (30 dossiers, dont de nombreux refus de soins), dans le milieu de l’éducation (>40 dossiers, dont des signalements abusifs pour « radicalisation ») et au travail (141 dossiers de discrimination).
  • Un État de droit et un vivre-ensemble poussés à leurs limites, par des polémiques islamophobes et racistes récurrentes : déclarations politiques, affaire du « burkini », etc.
  • Renforcement majeur de la lutte contre l’islamophobe : le CCIF compte désormais plus de 12500 adhérents, 14 salariés et une quinzaine d’antennes à travers le territoire national.

Pour faire face, le CCIF continue son travail de terrain en développant, notamment, les antennes régionales sur tout le territoire, de mobilisation et d’accompagnement juridique des victimes.

Il invite tous les acteurs de pouvoir, qu'ils soient institutionnels, politiques, médiatiques ou universitaires à tout mettre en oeuvre pour endiguer l'islamophobie. À ce titre le CCIF a listé des recommandations ciblées, claires et constructives, qui devraient permettre à tou-t-es de se saisir de cet enjeu national.

 Rapport annuel du CCIF 2017

© 2016 CCIF. Tous droits réservés.