Rapport annuel
Sans grande surprise ni action concrète de l'Etat, l'islamophobie a explosé en 2010, les femmes sont toujours très largement les premières victimes d'un fléau qui s'est généralisé à toutes les sphères de la société, n'épargnant aucun bord politique, faisant des agents de l'Etat les premiers coupables.
Depuis plusieurs années, une succession de « débats » sur la laïcité, l’identité nationale, l’intégrisme religieux, le multiculturalisme, etc. ont nourri des oppositions politiques et idéologiques très fortes. Mais ces clivages n’ont pas occulté le principal : la convergence autour du rejet de l’Islam pratiqué et des musulmans. L’Islam ainsi réifié est présenté comme un corps étranger et hostile à la nation. En ce début 2011, alors que tout le monde reconnaît l’échec du débat sur l’identité nationale, l’UMP a entrepris d’en lancer un autre, officiellement sur la place des religions, qui, personne n’est dupe, vise à replacer l’Islam sur la scène publique. Ce durcissement des élites françaises n’est pas isolé en Europe, dans laquelle le rejet de l’Islam se banalise sous couvert de thématiques nationales. Après deux décennies de propagande, les dogmes islamophobes se sont solidement enracinés dans les opinions publiques. Inversement, les actes islamophobes n’ont guère plus de place parmi les priorités publiques alors que le CCIF constate avec inquiétude leur croissance continue. Les victimes sont peu reconnues et les tribunaux peu saisis.
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