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Interdit de faire le bien: Charte de la laïcité et bénévolat

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En 2015, à la veille de l’affichage, devant les établissements publics de France, de la charte de laïcité, annoncée par le gouvernement de Monsieur Manuel Valls, Jean Baubérot évoquait “ le risque d’entraîner la laïcité vers une religion civique, à laquelle élèves et parents devraient faire allégeance”. Hélas… Mais sans surprise ! le gouvernement actuel semble, à la veille de la rentrée, vouloir affirmer sa volonté d’étendre, encore plus, une obligation neutralité dans différente sphère de la société.

Le CCIF avait déjà évoqué dans un article le cas d’une bénévole des Restos du Coeur exclue en raison de son foulard en 2019 dans le sud de la France. L’actualité nous pousse à revenir sur cette affaire. 

Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la citoyenneté, a récemment déclaré vouloir créer une nouvelle charte de la laïcité qui concernera les associations recevant des financements de l’État.  Cette charte, qui fait suite à une précédente éditée en 2019,  voudrait s’inscrire dans la continuité des discours sur le séparatisme, « Pour qu’on ne puisse pas financer une association qui pratique la ségrégation entre les filles et garçons », comme le dit elle-même la ministre. 

Si ces règles se veulent laïques, on peine néanmoins à en discerner les contours, ou peut-être qu’on les discerne trop bien au contraire. 

Neutralité et bénévolat

En 2018, la bénévole exclue des restos du Coeur avait tout d’abord bénéficié de l’appui du directeur de l’association, et elle avait réintégré l’équipe de bénévole sans avoir à enlever son foulard. Ce n’est qu’une fois le directeur ayant quitté son poste qu’elle avait été exclue définitivement. Ces contradictions nous montrent le flou existant sur la sois-disante «indépendance des bénévoles ». 

Les volontés de la ministre déléguée ne semblent pas aller vers plus d’équilibre, mais au contraire vers une sorte de pression constante, fondée sur la suspicion et encourageant indubitablement à la discrimination. 

Car rappelons-le, une charte est une charte, ce n’est pas une loi. Sa portée juridique est extrêmement faible. Elle ne saurait se substituer aux règles applicables et prévues par la loi.

La ministre ne donnera aucune précision sur les règles à appliquer au sein des associations de manière locale, au contraire, comme elle le disait en 2019 au micro de LCI: « Mais sur cette question, nous ce qu’on propose c’est de dire que les associations pourront dans leur règlement intérieur réglementer et restreindre les ports de signes religieux… ». 

Ici la ministre ne craint pas la possible discrimination de bénévoles, comme ce fut déjà le cas en 2012, mais bien au contraire, sans avoir le courage de statuer, elle laisse libre cours aux mises à l’écart, aux lubies, aux volontés d’humiliation éventuelles à l’échelle locale. Il existe une certaine lâcheté dans le fait de déléguer la violence à des sous-traitants. On martèle le mot de laïcité de manière abstraite (quelle nécessité pour cette seconde charte ?) et on se retire de toute responsabilité lors d’abus concrets.

Vestiaires non-mixtes et ségrégation

Si la ministre parle de ségrégation, (mot qu’elle ne se gène pas pour rapporter aux questions de genre dans un tour de passe-passe qui la ferait passer pour Rosa Parks), il s’agit là du parfait exemple d’un flou malsain sur les pratiques attendues de la part des associations subventionnées. De nombreuses associations pratiquent cette différenciation entre homme et femme ne serait-ce que pour des questions de pudeur que l’on imaginerait pas remettre en cause. L’exemple des vestiaires non-mixtes ne nous viendrait même pas à l’esprit pour parler de ségrégation. Néanmoins il est à craindre, tant cela s’est déjà vu par le passé, que des associations subventionnées tenues par des musulmans se voient mises en cause pour si peu. Le soupçon ne laisse rien en dehors de sa portée.

Il faut s’inquiéter d’une société qui discrimine au delà de l’accès aux services publics et privés, dans des situations où les musulmans souhaitent donner de leur personne pour la bonne cause. Bientôt privés de faire le bien ?

Comments (3)

Salam aleykoum,ce salut sera t-il bientôt banni ?
La religion laïque (dixit Vincent Peillon ex ministre de l’éducation),religion de l’état se veut hégémonique, gare aux religion d’essence transcendantale !!!
La volonté de paramétrer les adeptes des religions hors giron laïc est patent,spécialement vis à vis de l’Islam qu’il faut absolument façonner .Cette position n’est pas nouvelle,se rappeler les séances de dévoilement au milieu des années 50 dans Algerie dite “française”,ou comment l’état “laïc” se mêlait de faire abandonner les us et coutumes aux algériens musulmans ( le french paradox est ainsi fait…). Le temps passe ,la logique psycho-rigide perdure.Plutôt que de faire avec? les institutions veulent faire sans,mettant en exergue une idéologie extrémiste qui ne supporte l’altérité que folklorisée.
La planète France vogue à contre courant du reste d’un univers qui est respecteux de ses différentes composantes.

“un reste de l’univers respectueux de ces differentes composantes ”

aucun pays musulman n’est respectueux de la composante qui n’est pas musulmane

s’il l’est c’est au credit de son histoire.. Turquie , Tunisie , Maroc … et il l’est de moins en moins

ce fou d’erdogan en est le parfait exemple , s’appuyant sur les illetré(es) pour refaire de la Turquie un monde islamique , l’opium du peuple !

Tes assertions gratuites peuvent prêter à rire,si tu ne te prenais pas au sérieux. Il s’avère que tu es on ne plus sérieux.Cela prête à rire quand même ,car ceux qui voyage un peu se rendent compte de la vacuité du discours façon “café du commerce”,Tchin,tchin,à la tienne Etienne !!!

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