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Déconfinement : comment le gouvernement crée la diversion et alimente les théories du complot

Alors que la période de confinement a démontré que la France était surtout un État policier prêt à bafouer les libertés au nom de l’état d’urgence sanitaire, et que le traitement médiatique et politique n’a pas été exempt de stigmatisation, d’infantilisation et de désignation d’un bouc-émissaire, le gouvernement n’a trouvé rien de mieux à faire, en cette phase de déconfinement, que de tenter la division. À quoi joue-t-il ?

Le déconfinement a à peine commencé en France que surgissent de manière frontale de nombreuses revendications qui embarrassent le gouvernement, en particulier sur les questions sociales profondes auxquelles les différents ministères ne parviennent toujours pas à répondre. La stratégie dans ces cas-là est connue, et n’a cessé d’être expérimentée par le passé : la diversion, qui fonctionne généralement très bien avec les questions relatives à l’islam et aux musulmans.

Ces derniers jours, deux mesures ont posé de véritables questions : la date de reprise des fêtes religieuses et la fiche du ministère de l’éducation, sur le « repli communautariste ».

Avancement de la reprise des fêtes religieuses du 2 juin au 29 mai

N’étant pas une instance représentative, nous n’avons pas vocation à nous prononcer sur la volonté ou non des personnes de confession musulmane de célébrer la fête de fin du mois de ramadan. Mais la prise de parole du Premier ministre à ce sujet nous interroge, vu les conditions sanitaires encore très préoccupantes. Nous nous étonnons de cette prise de position officielle pouvant être interprétée comme un traitement différencié en raison de l’appartenance religieuse.

Cet effet d’annonce, dans sa forme en tout cas, fait réagir, et particulièrement sur les réseaux sociaux. Sachant que la fête musulmane aura lieu autour du 23 mai, certains seraient tentés d’imaginer, suite à ce geste, que le gouvernement est davantage à l’écoute des instances représentatives chrétiennes et juives que des instances musulmanes… A fortiori lorsque très peu d’explications sont données. Pourquoi tant d’opacité de la part du gouvernement, dans un moment où tout le monde a besoin de pédagogie et de clarté, pour couper court aux idées fausses et aux théories hasardeuses ?

En manquant de transparence, et en annonçant les choses de manière aussi grossière, le gouvernement alimente la suspicion, sur fond d’injustice et de discrimination. Le CCIF est en train d’adresser un courrier aux autorités concernées, dans le but de clarifier ces points et d’apaiser le débat public, particulièrement fragile en cette période. Le CCIF appelle également les journalistes à la prudence, la nuance et la pédagogie.

Ce qui nous interpelle donc, c’est plutôt la manière dont ces dates sont annoncées, et le travail de certains médias qui aiment à semer la division et générer de l’information sensationnelle ; tout en offrant de la matière toute prête à celles et ceux qui sont attirés par les théories complotistes. L’essentiel de l’information est ailleurs, et réside dans la gestion globale de cette crise, que le gouvernement veut évidemment camoufler. Il faut donc se méfier de cette stratégie de diversion, qui est susceptible de diviser les communautés religieuses. N’y cédons pas.

La fiche sur le « repli communautariste »

Dans la continuité du discours décomplexé sur les « signaux faibles », puis sur « le communautarisme », et enfin sur « le séparatisme » (en février 2020), le discours politique nous a désormais habitué au flou et au manque de précision quant à ces questions, jouant constamment sur la confusion et l’amalgame entre musulmans pratiquants et « communautaires ». S’il n’y avait aucun lien entre le terrorisme et le Covid-19, le ministère de l’éducation, dans le même esprit qu’un Onfray ou un Zemmour, vient de l’établir de manière officielle. D’une part en adoptant la même terminologie (voire les mêmes phrases) que lors des attentats qui ont touché notre pays. Et d’autre part, en tentant, en des termes à peine voilés, d’empêcher l’exercice critique, comme le montre très bien le communiqué de l’UJFP publié ce 11 mai.

Il s’agit, encore là, d’une diversion face à l’énorme problématique liée à la reprise des écoles. N’y cédons pas et restons concentrés sur l’essentiel : la solidarité qu’il faudra, malgré tout, nourrir contre ces tentatives de division qui profitent honteusement de la peur et de la fragilité qui traversent la population.

Comments (3)

il ne s’agit pas de complot , ce virus tue , partout et de toutes les comfessions … je suis resté sans masques , sans gants , pendants deux mois , en tant que MGL , arretez de faire que votre communauté soit autre , Dieu n ‘ a pas gurie ma mere morte en epphad , arretez de vous victimiser , vous etes indécents , on manque à ce jour de masques , de test PCR , de moyens , partout … alors vos petits delires de “victimes ” du discours scientifique , la barbe du prophete et le sac poubelle de vos femmes protege t’il du cov 2 ? un peu de respect pour les soignants , un peu moins pour la religion .

Certes le virus tue ,sa présence permet aux différents pouvoirs de faire des plan sur la comète.
Ta réaction à fleur de peau dénote une sensibilité extrême ,à l’opposé du mythe national du cartésianisme.Cela fait-il avancer la réflexion ? sûrement pas !!!
Æquo pulsat pede

Salam aleykoum, ce salut doit-il rester confiné ?
Les politiques et les technocrates,leurs affidés font feu de tout bois pour avancer leurs pions ,dicté par une idéologie néo paternaliste “porteuse de progrès” ,évidemment ….
L’opportunisme de ses “têtes bien faites” n’est plus à prouver,la pandémie est à ce titre le prétexte approprié .Machiavel n’est jamais trop loin….

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