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Quand l’influence de la société de vigilance retire un enfant à sa mère

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Quelque temps après son divorce, Farida1 décide de se convertir à la religion musulmane. Elle et son ex-mari sont les parents d’un enfant de 7 ans lequel vit chez sa mère, le père disposant d’un droit de visite et d’hébergement. Les parents vivent dans le même département, et rien ne semble troubler les habitudes du trio. 

Cependant, courant 2019, Farida est admise à la fonction publique et se voit être mutée dans un autre département. Cette réussite, qui devait annoncer une heureuse perspective professionnelle, devient pourtant le début d’une épreuve. 

La saisie de la justice 

En effet apprenant la nouvelle du déménagement, son ex-mari décide de saisir le juge aux affaires familiales : il souhaite que la résidence de l’enfant soit transférée à son domicile. 

La procédure suit son cours pendant quelques mois : le premier juge saisi ordonne l’audition de l’enfant avant l’audience. Selon Farida, celle-ci ne laisse rien présager de bon : la plupart des questions portent en effet sur la pratique religieuse de la mère sans qu’un véritable lien ne soit établi entre celle-ci et l’intérêt supérieur du jeune enfant. Pourtant, c’est bien cet intérêt supérieur qui devrait être recherché à travers l’audition, car c’est cet unique élément qui permettra de juger sur la garde. 

L’affaire est débattue en novembre, quelques semaines après le discours de Macron établissant la société de vigilance, et la décision est prononcée le mois suivant. 

La vigilance islamophobe du juge 

Le verdict tombe comme une massue sur sa nuque : Farida perd la garde de son enfant, qui ira vivre chez son père. Elle ne dispose plus que du droit de visite et d’hébergement… En lisant le jugement l’effarement s’ajoute à la tristesse. Elle apprend que le juge retient à charge de la mère des éléments tirés de l’audition de l’enfant. Plus précisément, le fait que qu’il ait dit qu’il ne mangeait pas de porc avec sa mère, qu’elle ait des amis musulmans et qu’il souhaite apprendre l’arabe sont tout autant d’éléments qui « si pris dans leur conjonction » ne peut « qu’interpeller, voir inquiéter », selon le jugement. Cette conjonction d’éléments « inquiétants » nous fait bien sûr penser à l’influence des signaux faibles et de la société de vigilance anxiogène établie par les institutions politiques. Cette anxiété liée au quotidien classique d’un citoyen musulman (pratique alimentaire, vie sociale et culturelle) qui pourrait présager un futur extrémisme violent selon l’état, est à l’évidence infondée et dangereuse ; mais elle réussit malgré tout à s’infiltrer dans l’esprit d’un juge pour le pousser à faire preuve de « vigilance », islamophobe ajoutons-nous, et à retirer la garde à Farida.  

Faut-il imaginer que le quotidien paisible d’une citoyenne musulmane est potentiellement attentatoire à l’intérêt supérieur d’un enfant ? C’est ce qui est tragiquement retenu ici. 

Farida et son avocate ont interjeté appel de la décision. Le CCIF l’accompagne en apportant son expertise juridique au dossier. 

Selon Farida, « c’est une honte, on ne peut pas faire confiance à la justice et c’est scandaleuxC’est une épreuve très dure.» 

L’islamophobie n’est plus à démontrer. Elle est réelle et institutionnelle. Elle réussit parfois à se draper de l’élégance de l’institution judiciaire. Elle entraine des injustices aussi violentes que celle-ci.  

Demeurons unis face à cette dure réalité.  

Pour rappel  

Article 3 de la Convention relative aux droits de l’enfant : 

1.Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. 

Article 14 de la Convention relative aux droits de l’enfant :  

1. Les Etats parties respectent le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion. 

2. Les Etats parties respectent le droit et le devoir des parents ou, le cas échéant, des représentants légaux de l’enfant, de guider celui-ci dans l’exercice du droit susmentionné d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités. 

Comments (2)

Je ne comprends pas cette prise de position du CCIF. Il y a eu décision de justice en première instance, bien. Il y a appel, bien. Attendons la décision. Pourquoi à priori décider que cette dame a raison ? Parce qu’elle s’est convertie à l’islam ? Pourquoi décider à priori que la décision de justice est islamophobe ? Si la justice donne tort à une justiciable musulmane c’est donc que la justice est islamophobe ? On ne sait rien de cette affaire. Attendez le jugement final.

Serais-tu naïf à ce point ? La justice est rendue par des humains perméable à la doxa ,ayant leur propre idéologie,obéissant aux ministère de tutelle car n’oublions pas que le personnel de justice est fonctionnaire.Tout comme il est facile à certaines femmes pour avoir gain de cause, d’imputer à leur conjoint des accusations d’attouchements sur les enfants.Il est encore plus facile, aux vues du climat délétère hexagonal de jouer sur la corde sensible de l’Islam pour remporter n’importe quel procès.La période s’y prête à merveille !!!

Causa latet, vis est notissima

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