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Bénévole exclue des Restos du cœur en raison de son foulard

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Après le marché du travail, discrimination dans le bénévolat

En 2012, le CCIF avait déjà été alerté par trois dossiers de femmes musulmanes refusées par les Restos du Cœur pour faire du bénévolat en raison explicitement de leur voile. En 2016, c’était cette fois le tour de Sofia*, refusée comme bénévole au prétexte que les Restos du cœur étaient une association “laïque et privée”. Aujourd’hui, c’est au tour de Tanya* d’être exclue d’un local des Restos du cœur à Toulon après un an de service suite à un changement de direction. 

Les discriminations islamophobes ferment des portes dans le monde du travail aux femmes musulmanes. C’est aussi vrai dans le monde associatif. C’est dire à quel point l’islamophobie touche toutes les sphères de la vie des femmes musulmanes.

Tanya*, exclue des Restos du Cœur en septembre dernier

“Soit tu enlèves ton voile quand tu viens au resto et tu le remets en repartant ou alors je ne peux plus te garder” – ces mots sont ceux de la directrice du local des Restos du cœur. Le 3 septembre dernier, Tanya* a donc été tout simplement exclue de la mission qu’elle exerçait depuis plus d’un an en tant que bénévole parce qu’elle portait un foulard.

En septembre 2018 déjà, après un mois et demi de service, Tanya* avait déjà failli être limogée par cette même directrice avant que cette dernière ne soit rappelée à l’ordre par son supérieur. Mais le malaise avait été posé :

“Elle [La directrice] a remis une fiche d’inscription pour tous les bénévoles présents dans le resto du cœur, sauf à moi. Surprise par ce comportement, j’ai été ensuite appelée dans son bureau pour me dire qu’elle ne pouvait plus me garder, qu’elle était désolée mais que le fait que je porte le voile dérangeait certaines personnes venant dans cette association.”

Le point 5 de la charte des bénévoles lui avait été opposé pour justifier l’exclusion :

Après action du supérieur hiérarchique, Tanya* avait pu réintégrer l’équipe de bénévoles. Le Président avait alors rappelé que le point 5 de la charte pouvait être compris de “deux façons différentes”. Un an plus tard, et après un changement de direction, Tanya est finalement définitivement exclue.

Une répétition de ces dossiers 

Les dossiers de ce type se sont accrus jusqu’à que nous apprenions que ces refus n’étaient pas des cas isolés, mais une pratique discriminatoire découlant d’une charte de l’association interdisant aux bénévoles “le port de signes religieux ostentatoires”. Cette charte, datant au moins de 2016, était discriminatoire. 

Aujourd’hui, cette charte semble avoir été remplacée par une nouvelle charte avec un point 5 stipulant “une indépendance complète à l’égard du politique et du religieux”. Si le changement de charte est une heureuse nouvelle, il faut encore que les agent.e.s des Restos du cœur soient formé.e.s pour appliquer la nouvelle charte de la bonne façon. L’indépendance à l’égard du politique et du religieux concerne la structure associative et non les bénévoles qui offrent de leur temps et de leur service. Cette indépendance doit garantir justement que la structure ne discrimine pas ses bénévoles en raison de leur confession religieuse.

Ces pratiques au sein d’une association comme les Restos du Cœur discrédite fortement son message principal qui est d’aider toute personne dans le besoin et de consolider les liens de solidarité entre des personnes d’horizons divers animés par la même volonté : le partage et l’entraide et ce, quel que soit leur appartenance religieuse.

*Le prénom a été modifié.

Comments (4)

Tout ceci est très ambigüe. On comprend, et c’est la moindre des choses, que les personnes seront aidées quelles que soient leur appartenance religieuse ou non.
Par contre, concernant les aidants, on comprend que, soit ils sont membres de l’association, donc la structure, et que le port de signes religieux ostensibles est exclu, soit ils sont bénévoles et ces mêmes signes seraient autorisés. C’est flou, comment distinguer un bénévole d’un membre ?
Par contre aussi, dire que la mesure est islamophobe est exagéré, puisqu’il en serait de même pour une autre religion, cette mesure est disons anti-religion.
Les restos du cœur sont une association extrêmement utile, je suppose qu’ils vont mettre de la clarté dans leur chartre.

D’accord, c’est anti religieux (bien que je suspecte que ce soit l’Islam qui soit visé). Mais des règles antireligieuses ne sont pas acceptables dans un pays qui prétend être un pays de liberté. Les employés des restos du cœur, religieux ou pas, ne cherchent qu’à aider, pas à convertir. L’intolérance de certains responsables des restos du cœur fait honte à cette organisation ‘caritative’.

Ce pays n’a comme liberté que celles des moeurs…sa réputation n’est historiquement pas surfaite.

La visibilité de l’islam étant ce qu’il est ,c’est bien évidemment les adeptes de cette religion qui sont visés ( laissons l’hypocrisie de coté). Le dogmatisme de ce pays confine à l’autisme et ce, à rebours des mouvements sociétaux mondiaux qui prennent acte de la biodiversité culturelle et cultuelle. Recroquevillée sur un passé mythifié (le regard dans le rétroviseur), la France, dans toutes ses composantes,montre l’image d’un pays incapable de se réformer,de prendre en considération les nouvelles réalités et ainsi d’en tirer partie positivement .L’Histoire jugera cette nation qui se gargarise de bons sentiments tout en agissant avec contradiction,le french paradox en somme.

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