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Licenciée par Camaïeu, elle gagne son procès : « J’ai lutté pour mes filles »

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Le licenciement de Nadia, vendeuse chez Camaïeu, avait eu lieu en 2015. Après avoir perdu aux prud’hommes, elle vient de gagner en Cour d’Appel de Toulouse. Pour Nadia, soulagée quatre ans après l’affaire, cette décision est « une petite victoire, mais un grand combat pour changer les mentalités ».

En 2015, au retour de son congé maternité, elle avait repris le travail avec un foulard. Immédiatement, ses responsables lui avaient demandé d’aller en réserve, là où on stocke les vêtements et où les employés prennent leur pause. « Comme si j’avais la peste, il ne fallait surtout pas que je sois en contact avec la clientèle » explique Nadia, qui s’était sentie humiliée. Aux prud’hommes, l’avocat de Camaïeu n’a pas hésité à faire un rapprochement entre le foulard et le contexte des attentats terroristes sur le sol français, tout en expliquant que Nadia ne peut représenter la féminité avec son choix vestimentaire.

Aujourd’hui, accompagnée par le CCIF et par son avocate Me El Idrissi, Nadia vient de gagner en Cour d’Appel : la société Camaïeu est désormais tenue de l’indemniser et de reconnaître que le licenciement était abusif, ce qui répare en partie l’honneur de l’ex-employée : « Le plus important pour moi, ce n’était pas de retrouver ma place, mais de dire haut et fort qu’on n’a pas le droit de faire ce qu’ils ont fait. Je pense que c’est une avancée, pour toutes les femmes, quelles qu’elles soient. J’ai aussi lutté pour mes filles. Il faut qu’on arrête de nous dire qui a le droit de porter quoi. »

Le temps judiciaire est long, et même si Nadia a obtenu des indemnités, celles-ci ne seront jamais à la hauteur du préjudice qu’elle a subi et que peuvent subir les personnes licenciées de manière abusive en raison de leur appartenance religieuse. Entre temps, Fatima L. avait gagné auprès du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, dans la célèbre affaire Babyloup, et en avril 2019 nous avions une décision favorable concernant Asma, ingénieure informatique licenciée parce qu’elle porte le foulard. Le CCIF salue ces décisions, car elles ont certainement pu constituer jurisprudence et nous espérons que les entreprises prendront cette nouvelle décision de la Cour d’Appel comme une réponse ferme contre les discriminations qui touchent les femmes qui portent le foulard.

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