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D’un Etat protecteur… vers un Etat traumatogène ? par Wassima Assaïdi

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Wassima ASSAÏDI est Psychologue clinicienne

« La condamnation du racisme, la protection des minorités, l’assistance aux réfugiés, la mobilisation de la solidarité internationale envers les plus nécessiteux, ne sont que des applications cohérentes du principe de la citoyenneté mondiale. »

Jean-Paul II, Pape (1920 – 2005)

S’il est vérifié que les personnes souffrant de troubles psychiques peuvent être exclues de la société, nous notons qu’inversement, dans notre clinique, l’exclusion sociale peut provoquer des troubles psychiques. Les difficultés sociales ou même psychiques ne sont pas nécessairement synonymes de pathologie. Qui peut aujourd’hui se vanter d’être épargné par des épreuves aussi bien sur le plan professionnel que privé ? Néanmoins, le manque d’accompagnement, d’écoute, la répétition, l’intensité ou la durée d’exposition à ces situations conduisant à ces difficultés, viennent signifier le caractère pathologique de ces souffrances psychiques.

Ce concept de souffrance psychique reste assez large, dans la mesure où tout peut y être intégré. Nous pouvons, dans le cadre de l’accompagnement des personnes victimes d’islamophobie, assurer que la désorganisation, mentale, sociale, professionnelle, ou même intime des victimes, vient faire prendre tout son sens à cette expression tant utilisée et généraliste de « souffrance psychique ». L’acte islamophobe n’est pas seul responsable de cette désorganisation, mais joue un rôle prépondérant dans l’étiologie de cette souffrance.

1. LA DESORGANISATION DE L’ETAT PROVOQUE UNE DESORGANISATION PSYCHIQUE CHEZ LES VICTIMES D’ISLAMOPHOBIE

L’année 2015 vient marquer un tournant significatif pour l’histoire de l’islamophobie en France. La violence et l’horreur des attentats du mois de janvier et du mois de novembre plongent la société française toute entière dans un deuil profond. Une des réponses de l’Etat a été d’instaurer l’état d’urgence. Jusqu’en novembre 2017, 4457 perquisitions administratives ont eu lieu dans le pays pour seulement une vingtaine de procédures ouvertes au parquet antiterroriste de Paris. C’est alors que nous, psychologues, avons dû faire face aux mêmes symptômes, aux mêmes maux, dans une même période, chez des personnes issues d’horizons parfois totalement différents. Un seul point commun les unissait : tous avaient été perquisitionnés et/ou assignés à résidence et/ou avaient l’interdiction de quitter le territoire français, en raison, pour la majorité, de leur appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane. Les études sur les troubles psychiques et comportementaux causés par l’islamophobie ne sont pas nombreuses, mais à travers notre clinique nous notons que les propos recueillis par mes collègues et moi-même font assurément écho et ont les mêmes conséquences qu’un épisode de stress post-traumatique (ESPT) : honte, isolement, culpabilité, ruminations, ou évitement.

(LAPLANCHE et PONTALIS 2007) soulignent que l’évènement traumatogène se caractérise par une intensité émotionnelle inhabituelle. Le sujet se trouve alors dans l’incapacité de trouver une réponse adaptée, suscitant une crainte intense, un sentiment d’impuissance et une réaction de détresse. Précisons que pour qu’il y ait traumatisme, il faut que l’intégrité de la personne soit menacéeet que l’événement surgisse soudainement. Il ne s’agit pas ici de menaces abstraites, mais bien réelles produisant un effroi intense, représentant un danger immédiat et extérieur à l’individu. (FREUD 2015) nous dit que la soudaine intimité avec la mort ébranle pour toujours l’homéostasie[EH1] de la victime. De ce fait, un avant et un après l’événement est constaté chez les victimes que nous avons suivies et que nous suivons encore aujourd’hui.

(SIRONI 2007) parle de « traumatisme intentionnel ». Elle définit cette notion comme un traumatisme délibérément induit par des humains sur d’autres humains. Elle précise toutefois que « ces traumatismes intentionnels peuvent également être induits par des non-humains (que sont par exemple les idéologies, les croyances, un système ou une organisation…) ». Elle note également que la force qui agit derrière un traumatisme intentionnel est en réalité un système ou un mécanisme doté d’intentionnalité. 

Suite à la vague de perquisitions, d’assignations à résidence ou d’interdictions de sortie de territoire, nous avons accompagné certaines victimes. Par exemple, Amina est une mère célibataire ; elle a une fille âgée de 8 ans lors de la perquisition, qui a lieu à 4h30 du matin. Suite à cette perquisition, le préfet contacte l’employeur d’Amina pour lui indiquer qu’elle a subi une perquisition. Amina perdra ainsi son emploi suite à cet appel. Ou encore l’exemple d’Inès, mère célibataire de trois enfants ayant reçu la visite d’agents de police, en journée, venus lui retirer ses papiers d’identité.

Amina : « Ils sont venus à la maison et ils n’ont rien trouvé, quand ils entrent chez vous de cette façon c’est comme un viol. On les autorise pas à entrer chez nous et ils fouillent partout jusqu’au sac à main et prennent même les serviettes hygiéniques qui s’y trouvent ! J’ai pris un coup de massue, ça m’a mise K.O émotionnellement. Je ne m’attendais pas à ce que tous ces attentats aient des répercussions sur ma vie personnelle. Ma fille de huit ans était là, ils sont arrivés à 4h30 du matin avec les cagoules et le reste. Ma fille a cru que c’était des voleurs. »

Inès : « Vous êtes chez vous et c’est comme si un truc tombait sur votre tête. Vous n’avez pas le temps de leur poser des questions. Vous devenez une marionnette, alors je me suis dit “Fais-toipetite, discrète si tu veux que rien ne t’arrive”. J’ai eu très peur, et je me suis sentie menacée au moment de leur arrivée parce qu’il y avait beaucoup de perquisitions, j’avais entendu beaucoup d’histoires. En plus juste avant, j’avais reçu un courrier du tribunal me disant que j’étais une extrémiste, une salafiste, un danger public. J’ai eu peur pour mes enfants et moi. Ils m’ont dit qu’ils étaient là pour récupérer mes papiers, je suis allée les chercher dans la chambre et ils m’ont suivie. A un moment, leurs collègues sont venus frapper très fort à la porte, on a eu très peur. Mon fils leur a ouvert la porte et ils sont entrés sans demander la permission parce qu’ils s’inquiétaient pour leurs collègues qui ne répondaient pas. Je me demandais, est-ce que c’était un film, un sketch… surtout quand je les entendais parler avec ces mots. Je ne sais pas ce qu’ils s’imaginaient. »

Nous voyons ici que l’événement auquel assistent ces victimes, comme la grande majorité des autres victimes d’islamophobie que nous rencontrons, est brutal et inattendu. Cet événement induit une multitude de symptômes comme la culpabilité, les ruminations, les cauchemars, la somatisation, ou l’isolement.

Amina : « Quand c’est arrivé, je n’arrivais plus à m’occuper de ma gamine. Je suis allée dormir dix jours chez ma sœur et j’ai dû prendre des médicaments pour dormir. J’avais des insomnies tellement j’y pensais, et quand je dormais, je faisais des cauchemars avec des phrases qui revenaient sans cesse, comme dans les films,« licenciée pour faute grave », alors je me réveillais et je reprenais des médicaments pour dormir… Encore aujourd’hui je ne digère pas, je rêve encore aujourd’hui du boulot. J’aimais mon travail, j’avais une situation confortable, je m’étais construite. Ça faisait quatorze ans que j’avais le même boulot et on me jette d’un coup et ce n’est pas digérable. Cette histoire m’a assommée, j’en ai ressenti les soucis physiques plus tard, j’avais des grosses douleurs aux cervicales comme jamais. »

Inès : « Je n’arrivais même pas à dormir. Je passais des nuits blanches à réfléchir : “qu’est-ce qu’on va faire de moi ?”, “est-ce qu’on va me prendre mes enfants ?”. Une pression qui fait que je ne dormais pas beaucoup, c’était pas soutenable. Il n’y a pas une nuit où je me mettais pas au lit sans me dire “ils vont venir défoncer la porte de ma mère”. En journée j’avais peur, j’étais aux aguets. Quand j’entendais les sirènes de la police dehors, je me levais voir si c’était la police qui venait chez moi. J’appréhendais, je voulais savoir pour prévenir mes enfants, pour les prévenir que tout allait bien se passer, les préparer psychologiquement à ce qu’ils pourraient vivre. Tout ça, ça a eu un impact sur ma santé qui est déjà pas très bien, je faisais beaucoup de malaises, de palpitation, j’étais faible à l’intérieur. Même aujourd’hui, je vis avec cette peur, c’est dur parce que même si on sait qu’on n’arien fait, qu’on n’a rien à se reprocher, on se dit même s’ils ne nous arrêtent pas, j’ai pas envie de revivre cette pression psychologique qu’ils vous mettent. Même mes enfants par exemple, ils ont peur d’aller chez leur grand-mère, ils en ont gardé des séquelles, donc quand elle doit les garder c’est elle qui doit venir à la maison. »

Le syndrome de répétition est bien relaté par les victimes, l’expérience douloureuse est ici revécue au travers de rêves et de peurs quotidiennes. Le sommeil est perturbé et devient rythmé par des insomnies associées à des cauchemars. La vie est cadencée par cet évènement traumatique. 

Amina : « On fait tout pour que vous vous sentiez coupable, les articles de presse… J’aieu une période de remise en question parce que les gens disaient “Sielle a été virée, ce n’est pas pour rien”. On fait tout pour vous faire croire que c’est de votre faute. Avec la médiatisation de mon affaire et les gros titres, “La société X se sépare d’une salariée qui est en voie de radicalisation”, ils viennent nous faire culpabiliser et arrivent à nous mettre le doute. Est-ce que j’ai fait quelque chose ? On devient parano. Mais le seul truc qu’on pouvait me reprocher,c’est d’être musulmane. Je n’avais jamais été victime de racisme, ce qui m’est arrivé,c’est un électrochoc par rapport au monde dans lequel on vit. Avec les attentats, les gens ont un regard différent sur l’islam et la presse n’arrange pas les choses. Mais ce n’est pas à moi de changer. »

Inès : « J’ai culpabilisé parce que je faisais subir ça à mes enfants, mais en même temps je ne culpabilisais pas trop parce que je n’avais rien fait. Je n’ai rien fait de mal ! Je n’avais pas à subir ce que je vivais, tout ça parce que je suis allée en Egypte ?! Je n’ai jamais fait de mal à personne, j’ai un casier judiciaire vierge ! Ils ont juste profité du pouvoir qu’ils avaient sur nous. Tout ça c’est pire qu’une humiliation, on devient une marionnette parce qu’on vous menace, on nous dit clairement “Si vous ne voulez pas qu’on vous prenne vos enfants, vous devez vous soumettre”. On est un robot, on déforme tous mes propos alors on fait attention à tout ce qu’on dit car tout peut être retourné contre vous, on devient parano. On voulait nous faire passer pour ce qu’on n’était pas, et mes enfants on leur a collé une étiquette. On attendait d’eux certains comportements, certains dessins. A ce moment, j’ai ressenti que mes enfants ne m’appartenaient plus réellement car on me disait clairement qu’ils pouvaient m’être repris à tout moment. Une chose aussi qui m’a marquée, c’est cette femme qui donne ou non le RSA, elle m’a clairement dit : “Le voile ça pose problème, on est dans un pays laïque”et elle m’a ramenée pour me montrer Marianne. Ils veulent vous faire retirer le voile, le voile dérange beaucoup malheureusement. »

Dans leur ouvrage L’empire du traumatisme, Enquête sur la condition de victime, (FASSIN et RECHTMAN 2007) expriment l’idée que le statut de la victime subit une conversion dans le social. Ainsi, ils montrent que les choses ont évolué, si à un moment nous accordions à la victime et à sa pathologie un air suspect, le trauma, lui, ne faisait aucun doute. La division et le clivage de la victime sont aujourd’hui un facteur de validité du trauma dont la présence réelle peut valoir moins que sa trace dans le sujet. Autrement dit, aujourd’hui, les symptômes visibles chez la victime sont indéniables, l’événement traumatique est également bien présent mais a un poids moindre en comparaison à la trace qu’il laisse chez l’individu. Nous comprenons donc plus facilement que ceux-là même qui sont à la source de ce trauma ont tout intérêt à faire disparaître les traces en rendant suspects les témoins. De ce fait, le trauma ayant déjà une présence moins visible, ses conséquences chez la victime seront à leurs tours minimisés. Les personnes à la source de tout ceci en sortiront sauves, ni le trauma et ni la victime ne seront alors pris en compte.

En plus du trouble émotionnel aperçu au travers de la culpabilité, de la tristesse, d’une hyper-vigilance ou d’un état dépressif, les victimes vont adopter certains mécanismes de défense comme l’évitement,qui vont conduire à un repli sur soi. Elles nous diront : 

Amina : « C’est une situation où on n’est pas à l’aise avec les gens qui nous regardent. Mes amies m’appellent mais je ne pouvais pas les voir. Je leur disais que je ne veux voir personne. Ma mère a essayé de me sortir mais ça me demandait un effort considérable. En plus,je ne me sens pas protégée par l’Etat et avec ce qu’on entend à la télé et tout ce qu’on essaye de nous coller… Je suis française mais la France m’a mise dans une sacrée situation. La justice, je ne la digère pas. ».

Inès : « Je me sentais rejetée, pas à ma place. Je me suis sentie pire que rejetée, on me rejetait mais en même temps on vous écrase, que vous ayez mal, que vous ressentiez que vous êtes rejetée. J’étais hébergée chez ma mère, quand je n’avais pas mes papiers, c’était très dur pour moi de chercher un logement, du travail, passer le permis. Dehors ça allait, j’avais l’habitude avec les regards, les insultes par rapport à mon voile, mais dès que je devais sortir ma carte, j’avais du mal, j’avais l’impression de sortir une pancarte où il était écrit “méfiez-vous de moi, l’Etat me surveille”. Dès que je sortais ma carte, le regard des gens changeait, il se crispait et la personne que j’avais en face de moi n’était plus la même. A la Poste, on n’acceptait pas la carte qu’on m’avait donnée, j’avais beau leur dire “Regardez, c’est moi sur la photo, c’est ma carte d’identité”mais ils ne voulaient pas l’accepter. A cause de cette carte je ne pouvais rien faire, ni chercher du travail ou même faire des formations, j’avais peur de ce qu’on pouvait me dire ou comment on allait me regarder. Alors je vivais comme une sans-papiers, j’ai baissé les bras. Mais après je n’étais pas seule, si je coulais je faisais couler tout le bateau avec mes enfants dedans. J’étais chez ma mère, j’avais l’Etat derrière moi, mon aîné qui me posait des questions. On se sent seul, limite on se moque de vous parce que quand vous voulez récupérer vos papiers,on vous envoie de préfecture en préfecture, on vous fait comprendre que vous n’aurez jamais vos papiers. 

Avec cette carte, c’est comme si on me disait “vous n’êtes pas française”ou qu’on me faisait comprendre que je n’aurais jamais les mêmes droits que les autres. Pour être honnête avec vous, même si on m’agresse moi ou un de mes enfants, je sais que la police ne sera jamais de mon côté, je ne porterai jamais plainte et serai obligée de passer au-dessus. Je ne me sentirai jamais en sécurité et j’ai même peur qu’ils arrivent à retourner la situation contre moi. C’est comme si j’allais rappeler à la police que j’existais et que ça reparte. »

Les différents récits entendus lors de l’accompagnement des victimes se rejoignent et nous font bien dire que les mesures mises en place par l’Etat français suite aux attentats de 2015 ont été vécues comme traumatisantes d’un point de vue psychologique, économique et social. 

Les années passent, les perquisitions ne sont plus aussi nombreuses, et pourtant nous continuons à accompagner par un soutien psychologique de nombreuses victimes d’islamophobie. Beaucoup de personnes doivent faire face à des propos, des injustices, des actes discriminants de la part de leurs concitoyens (voisins menaçants ou agressifs, accidents de la chaussée, agressions dans l’espace public, etc). Ceci vient témoigner de la désorganisation mentale d’une société déjà en souffrance psychique. 

Nous notons également que les violences, l’islamophobie, les discriminations naissent dans notre société au sein d’une partie qui devrait en être préservée. En effet, des personnes théoriquement soumises au devoir de neutralité vont sortir du cadre éthique, déontologique, et/ou légal face à des personnes de confession musulmane. Les gros titres, les sujets des débats médiatiques ne sont que le reflet d’un état d’urgence traumatogène s’incrustant dans toutes les sphères de la société. 

Racisme, islamophobie et violence apparaissent dans notre société comme des phénomènes structurels et reproduits au travers de logiques institutionnelles. Ils engendrent désormais une pathologie du lien social qui creuse plus profondément les lignes des fractures déjà présentes dans une société en crise et en mutation (Touhami et al., 2017) qui peine à maintenir la cohésion sociale. 

2. UNE FRACTURE ET UNE EXCLUSION SOCIALE DES FRANÇAIS DE CONFESSION MUSULMANE VENANT DE TOUT BORD

La France, dans le trouble qu’elle traverse, donne l’impression de se perdre. La politique adoptée, la laïcité revisitée et les frasques des élites médiatiques jouent un rôle prépondérant dans la chosification et la désubjectivation des Français de confession musulmane. C’est ainsi que les Français de confession musulmane perdent leur statut de citoyens lambda et sont relégués au rang de « “terroristes”, “radicalisés”, “djihadistes”, “bipolaires”ou “quelque chose”, ils sont nommés par des qualificatifs qui désignent une manière d’être plutôt que le sujet lui-même » (F. TOUHAMI et al. 2017). Ainsi, cette distinction claire entre les citoyens français et la « nouvelle catégorie de citoyens » composée des citoyens français de confession musulmane vient témoigner d’une des multiples faces de la fracture sociale. (V. GEISSER 2003) souligne le fait que les « intellectuels médiatiques » participent à la « diffusion et la banalisation de l’islamophobie au sein de la société française ». Le sociologue précise que les journalistes ne créent certes pas l’islamophobie, mais « contribuent à la banaliser sous couvert d’investigations approfondies » à travers la diffusion de stéréotypes sur les musulmans exposés la plus grande partie du temps comme « une altérité radicale et conflictuelle ». 

Les violences sociales vont venir incruster ce sentiment d’exclusion sociale des citoyens français de confession musulmane. « Des effets désastreux en termes de risque de souffrance psychique et psychopathologique produits par les violences collectives (SIRONI 2007) liées au racisme et à l’islamophobie sont aujourd’hui démontrés » (TOUHAMI 2018). Ainsi, les personnes que l’on accompagne nous font part de leur sentiment d’être stigmatisées. Elles ont inscrit dans leurs croyances que les actes islamophobes sont banalisés, de ce fait les victimes d’islamophobie adoptent majoritairement comme mécanisme de défense l’évitement, ne quittant leur domicile que par nécessité. Une partie de la nation ne s’assume plus. (TOUHAMI et al. 2017) constatent qu’« il est question de comprendre comment les sujets gèrent les similitudes et les différences dans des circonstances particulières de mutations profondes de la société. Plus que cela, c’est repérer comment s’est construite une assignation identitaire sous le prisme principal du religieux. Cette identité enferme et conditionne dans une impossibilité de penser le métissage et va favoriser un clivage phénoménologique et creuser d’autant plus, les lignes de fractures invisibles, les brisures inconscientes, du eux/nous, dedans/dehors, musulmans/impies ».

(FREUD 2015),dans son livre Le malaise dans la culture, en parlant de la souffrance d’origine sociale constate que « la souffrance issue de cette source (les relations avec d’autres hommes), nous la ressentons peut-être plus douloureusement que tout autre… ». Ainsi, nous pouvons développer ici la notion de « précarité psychique ». (FURTOS 1999) nous en donne une définition : « la précarité psychique correspond à la vulnérabilité psychique devant le vacillement du monde et les difficultés de reconnaissance de soi comme digne d’existence dans un groupe humain donné ». En d’autres termes, la précarité psychique correspond à la mort sociale. Dans une telle situation, l’environnement social ne joue plus son rôle de protection et n’est plus capable d’assurer l’intégrité de la personne. Selon (FREUD 2015), dans ce genre de situation,tout est réuni pour que l’état biologique de détresse psychique du nourrisson se trouve réactivé. 

L’exclusion sociale entraîne donc une grande anxiété, un risque dépressif, des troubles de l’identité, un Idéal du Moi imparfait ou sous-développé, une dévalorisation narcissique, une difficulté à créer du lien. Cela suggère qu’il existe, au sein de la population exclue des profils psychiques différents mais se croisant sur des points clés. Une analyse psychopathologique sera proposée.

Plusieurs victimes d’islamophobie nous relatent ce sentiment nouveau d’étrangeté dans un milieu qui est pourtant le leur. La majorité ne comprend pas ce rejet qu’elle affronte. Une victime nous fera part de son incompréhension et de son sentiment d’être traitée différemment que ces concitoyens : « Pourquoi moi je suis violentée alors que moi-même je condamne les atrocités commises ? ». Beaucoup parlent de « rejet ». Ce sentiment est très constant pour les victimes, alors que leur identité pleinement française est établie. La discrimination et la stigmatisation viennent leur retirer leur « francité », une partie d’eux-mêmes. Ces propos reviennent de manière régulière. On peut retenir le cas où une mère de famille s’est vue retirer son seul et unique passeport qui était français. Elle dira lors d’un entretien : « Je ne comprends pas pourquoi mon passeport m’a été repris. Je suis française, je n’ai aucune envie d’aller ailleurs alors pourquoi on me le prend ? Où veulent-t-ils que j’aille ? ». Ces différents cas cités ne sont qu’un faible échantillon de propos venant refléter une similitude dans le sentiment des victimes : le sentiment de rejet venant amorcer un potentiel trouble de l’identité. Leur dire qu’ils sont différents du reste de la communauté est très mal vécu par les victimes d’islamophobie car elles se sont construites sur le sentiment et la croyance d’être pleinement françaises. 

Le Défenseur des Droits écrit dans son rapport annuel de 2016 que « Tous les individus ne sont donc pas considérés à égalité dans les échelles nouvelles de la “société de suspicion”qui se dessine. Face à l’état d’urgence ou à d’autres normes d’exception, il ne vaut mieux pas être musulmans et présenter une caractéristique qui pourrait être interprétée comme un signe de radicalisation, un militant activiste ou présenter des troubles psychiatriques… Pour certains, les pratiques policières liées aux législations d’exception et à la surenchère de pratiques sécuritaires pourraient alors en venir à transformer l’État de droit en « un état de police discriminatoire ». L’état d’urgence viendrait justifier certains actes et pratiques provoquant une anxiété décuplée chez les victimes, leur isolement social, économique et psychologique, des troubles de l’identité mais aussi des clivages, de la dépression et un sentiment de honte profonde.

Nous notons malgré tout que bon nombre de victimes de cet état d’urgence étaient dans l’incapacité psychique de demander ou accepter un accompagnement psychologique et/ou judiciaire. Le repli douloureux de la part des victimes sur elles-mêmes alors qu’un traumatisme est perceptible, est parfois difficile à digérer pour les équipes de psychologues ou de juristes. Mais nous devons garder en tête que l’intrusion causée par les équipes policières (plusieurs victimes parleront de « cow-boy »), que les « humiliations » subies, les intimidations par ceux-là même qui représentent la protection civile, la suspicion des voisins, le regard de l’Autre, alors même que leur dossier juridique est « plein de pages blanches » est lourd à porter pour les individus ciblés. Tout ceci plonge l’individu dans un questionnement et un sentiment de fatalité plus que compréhensible. Il est impératif d’accorder aux victimes la possibilité d’accepter ou non cette aide dont elles sont susceptibles d’avoir besoin. 

Lors d’une conférence, (SIRONI 1990) dit : « Naviguant constamment entre le déni de leur existence d’une part, et leur manipulation par les personnes concernées d’autre part, les traumatismes intentionnels ont chacun leur propre histoire. Ils ont une fonctionnalité, une masse sociale. Ils produisent des actes, des pensées et des modes de faire dans une société donnée ». Ce qui nous conduit à considérer qu’en France aujourd’hui, le citoyen français de confession musulmane constitue désormais un problème et une urgence à traiter pour la sécurité du pays.

Le climat de tension se généralise et affecte malheureusement les sphères même les plus protégées. Ainsi, on constate une pensée collective et spécifique largement diffusée par des personnes médiatiques venant amorcer, causer ou incruster un futur, présent ou ancien traumatisme. Pour exemple, très récemment, une élue également directrice d’école, pourtant soumise au principe de neutralité, appelait à « mettre au pas les musulmans ». Ce genre de propos décomplexés vient conforter la peur, et un possible clivage des victimes d’islamophobie et des citoyens français de confession musulmane. Ce type de déclarations est souvent suivi d’excuses : « je ne voulais pas offenser qui que ce soit ». Cela envoie un message très fort concernant le fonctionnement normal de la pensée sociétale ambiante. La société dit combattre des amalgames qu’elle crée elle-même.

Nous avons accompagné plusieurs victimes d’islamophobie (pour la grande majorité des femmes), beaucoup dans leur histoire disent avoir subi un acte islamophobe de la part de personnes sortant de leur devoir de neutralité ou de leur déontologie. Les propos ou les actes leur étant infligés en sont d’autant plus violents qu’ils émanent d’individus perçus initialement comme neutres et garants de leur sécurité. 

Citons ici le cas d’une pédiatre endocrinologue qui, en date du 6 novembre 2018, ordonna à la mère d’enlever son voile, alors qu’elle accompagnait simplement sa fille de neuf ans en consultation.

– La pédiatre : « Par contre vous enlevez ça, ce que vous avez sur la tête. »

– La maman : « Euuh pourquoi je… c’est pour ma fille que je viens, pourquoi je dois l’enlever, je ne comprends pas. »

– La pédiatre : « On est en France, il se passe des choses et vous pouvez avoir des armes sous votre voile. »

– La maman : « Je suis musulmane, pas terroriste ».

– La pédiatre : « Peu importe. En France il se passe des choses et je vous répète vous pouvez très bien avoir des armes. Chez moi on enlève. »

La maman finit par ôter son foulard pour que sa fille puisse bénéficier de la visite médicale. Au long de cette visite, la maman nous relate que sa fille et elle ont sans cesse eu droit à des remarques humiliantes de la part d’un professionnel de santé ayant prêté le serment d’Hippocrate. Par exemple, lorsque la jeune fille devra être mesurée, elle enlèvera son serre-tête à la demande du médecin. La patiente a des cheveux crépus et en queue de cheval. Le médecin dira « d’un air dégouté » : « Par contre ça, ça va me gêner pour la mesurer ». Encore un exemple, lorsque le médecin demande la carte vitale, la maman demande à sa fille d’aller chercher son sac resté en salle d’attente ;le médecin lui dira :« Dépêche-toi, je n’ai pas que ça à faire ». Lorsque la pédiatre demande si la jeune patiente pratique un sport, la réponse de la mère est négative, la pédiatre lui dira alors : « Pourquoi ? C’est interdit ? ».  

L’histoire de cette jeune fille n’est pas un cas isolé. Cela fera d’ailleurs l’objet d’un sujet dans Le magazine de la santésous le titre « L’affaire de la patiente voilée ». Une femme de quarante-huit ans se rend chez son médecin généraliste (qui est absent au moment des faits, c’est sa remplaçante qui sera auteure de l’acte islamophobe). La docteure avouera, face caméra, à sa patiente :« Je ne veux pas de femmes voilées dans mon cabinet » sous prétexte que cela serait illégal en France. Une plainte sera déposée à la gendarmerie et le parquet classera l’affaire sans suite, alors même que le médecin maintient ses propos. 

Il est difficile de croire que l’intégration de cette victime en tant que personne accomplie et assumée se fasse sans encombre, alors même qu’une figure représentant l’autorité est venue minimiser un épisode traumatique. 

Cette violence sociale a des conséquences désastreuses, que l’on observe dans notre clinique. Elle s’incruste dans le Moi, surtout chez les jeunes victimes qui sont en pleine construction psychique. Cette violence qu’ils subissent aujourd’hui ne sera pas sans conséquences sur les adultes qu’ils seront demain. 

Dans une autre affaire, trois piétonnes (une maman, sa fille de 9 ans, et une seconde adulte) ont été renversées par un chauffard ayant pris la fuite. Mes collègues et moi-même avons pris en charge le suivi psychologique des trois victimes. Suite à cet accident, les victimes sont allées directement au commissariat pour déposer plainte (la plaque d’immatriculation ayant pu être relevée par une des adultes). Les victimes se sont vu refuser le droit de déposer plainte. Ce n’est qu’après l’intervention téléphonique d’un juriste que celle-ci a pu être inscrite. 

Lors de l’entretien avec la mineure, il a fallu attendre plus de trente minutes pour que l’enfant puisse cesser de pleurer pour laisser quelques mots sortir de sa bouche et nous dire qu’elle ne comprenait pas ce qui leur était arrivé et pourquoi les policiers « n’ont pas voulu (les) aider ». D’après (Guerra et al. 2012), les enfants touchés par la violence sociale sont « plus susceptibles d’éprouver un stress important, incontrôlable et chronique (…) Au fil du temps, ces réactions peuvent mener à des troubles de santé mentale, dont la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique, ainsi qu’à des problèmes de santé, sociaux et scolaires ». La violence chez les enfants est une expérience qui va orienter leur manière de réfléchir, leurs agissements et la façon dont ils se sentent. 

Depuis son accident, cette patiente a des difficultés à rester dans le salon lorsque la télévision est allumée et que des scènes « violentes » y apparaissent (comme une simple course poursuite par exemple). Sa maman nous relate que depuis l’accident, sa fille veut lisser ses cheveux avant de sortir pour effacer une possible appartenance ethnique. 

Il y a aujourd’hui des règles juridiques, déontologiques venant régir chaque profession. Les professionnels, de tout bord, s’attèlent à faire de ces règles une priorité dans leur pratique. Cependant, nous constatons aujourd’hui dans nos accompagnements que des manquements sont notés,et ce depuis plusieurs années. Les consciences professionnelles semblent moins rigides lorsque ces mêmes professionnels sont confrontés aux citoyens de confession musulmane. Instituteurs, professeurs, médecins, policiers, politiques n’hésitent pas à enfreindre les règles pour exprimer haut et fort leurs opinions concernant les musulmans, sans se préoccuper des conséquences psychologiques que cela peut engendrer sur ces personnes qui ont pour seul tort d’être musulmanes. 

Lors des entretiens, nous nous sommes interrogés sur l’impact psychologique que peuvent avoir les actes islamophobes, actes réalisés aussi bien par un citoyen quel qu’il soit, que par une « figure » représentant l’Etat ou le monde professionnel. Chacun vivant ce choc d’une façon particulière, le discours des victimes nous aide à dégager les représentations que chacun s’en fait. 

Selon (BECHROURI 2017), les musulmans sont enfermés dans une relation avec le terrorisme de par les stratégies dites de Countering Violent Extremism. De plus, comme mentionné précédemment, les mesures d’urgence adoptées à la suite des attentats du 13 novembre 2015 viennent légitimer certains actes favorisant un climat déjà islamophobe et venant fracturer davantage le lien social. 

Lors de notre accompagnement, nous avons donc relevé des éléments de discours pouvant évoquer l’idée de rupture avec le monde social habituel ; cette idée de rupture se trouve mêlée à la douleur et à l’humiliation de l’acte subi. L’idée que l’acte subi a des répercussions identitaires et narcissiques a également été dégagée. En effet, de nombreux éléments de discours montrent des difficultés psychologiques en lien avec ce qu’elles représentent socialement (exemple de la petite fille ayant été renversée). Nous avons pu en retirer l’idée que les victimes luttent contre un processus de désubjectivation. Il est question ici de toutes les réactions des victimes face à l’exclusion à laquelle elles font face. Amina, par exemple, dira lors d’un entretien :« Je travaillais dans une grosse boîte avec énormément d’employés. Quand je croisais des gens dans la rue, les gens faisaient semblant de ne pas m’avoir vue. Je ne sais pas si c’était de la honte que je ressentais, parce que sinon je serai restée chez moi, mais je n’étais pas à l’aise ». Amina relève ici le manque de considération dont elle fait l’objet. Enfin, nous terminerons par un élément qui n’est pas des moindres, les victimes relatent toute une effraction, il est question de rupture, de traumatisme provoquant une déchirure psychique. L’expérience islamophobe dans les premiers moments est une expérience douloureuse et violente. 

CONCLUSION

Partant de notre expérience clinique auprès de victimes d’islamophobie, nous avions comme hypothèse que la situation d’exclusion sociale présentait plus que de simples conséquences dépressives ou anxiogènes sur le psychisme humain. Pour certains sujets, l’exclusion sociale ne fait tout simplement pas sens. Elle n’a que l’effet destructeur du traumatisme qui les entraîne au plus près du gouffre de la mort. Lors des entretiens, ce que nous pouvons retenir comme idée centrale dans le discours des victimes est la notion de traumatisme qu’elles mettent toutes en lien avec l’acte.

La France aujourd’hui doit créer des mesures en amont, arrêter d’instrumentaliser le religieux pour vaincre le mal et se réconcilier avec sa complexité, mais aussi son passé parfois douloureux. Ne serait-il pas temps pour la France de se rendre compte, voire même de sortir de « l’état limite » dans lequel elle se plonge, tantôt dans la psychose, tantôt dans la névrose ?Certaines personnes ayant une structure état-limite ont connu préalablement un traumatisme. Ce parallèle peut être fait avec une France cultivant un racisme culturaliste qui a des effets psychiques de la domination (FANON, 1952). En effet, l’islamophobie observée en France laisse à croire en une Histoire passée non intégrée et de ce fait non résolue.

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 [EH1]Ajouter une définition ? (stabilisation permettant la conservation d’un équilibre)

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