BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

Sortie scolaire : refoulée et humiliée lors de la visite d’une caserne de pompiers

#

Le 12 mars dernier, Chaïnez* se faisait une joie d’accompagner son enfant en sortie. Au programme : la visite d’une caserne de pompier. En arrivant sur place, la mère de famille fait face à une employée de la caserne qui lui indique qu’elle doit retirer tout signe d’appartenance à une religion afin de pouvoir rentrer. “Elle m’a dit qu’il y avait une loi qui interdit les signes religieux dans l’espace public”, explique Chaïnez. En effet, l’employée de la caserne s’est basée, à tort, sur la loi de 2010 portant sur l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public pour interdire à Chaïnez de faire partie des parents accompagnateurs. Cependant, la mère de famille ne dissimulait pas son visage, seuls ses cheveux étaient couverts.

Heurtée et effondrée par de telles injonctions, dont elle n’avait jamais entendu parlé, Chaïnez s’est rapprochée du service juridique du CCIF afin de se renseigner sur ses droits.

Souhaitant avoir la version des faits de la caserne de Pompiers, nous avons tenté de joindre ladite caserne par téléphone le vendredi 16 mars. Un agent a indiqué que nous serions rappelés rapidement, aucune nouvelles depuis.

Il est utile de rappeler que les faits se sont déroulés notamment en présence d’enfants dont la fille de Chaïnaz. La maman a préféré lui dire qu’elle avait oublié quelque chose à la maison afin d’éviter de devoir lui expliquer qu’elle venait de faire l’objet d’une discrimination.

À toutes fins utiles, il convient de rappeler le cadre juridique dans cette affaire afin que chaque lecteur.trice connaisse ses droits.

Si l’article 1 er de la Loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public rappel que « nulle ne peut dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage », la Circulaire du 2 mars 2011 venant précise que le champs d’application de cette interdiction précise que la dissimulation du visage doit s’entendre comme l’impossibilité d’identifier la personne. En outre, la circulaire du 31 mars 2011 rappelle également en son paragraphe IA) : « l’interdiction [de dissimulation du visage dans l’espace public] ne vise pas le port d’un foulard (…) ».

Le CCIF a rappelé le cadre juridique au Président du Service Métropolitain d’Incendie et de Secours (SDMIS) et a demandé une mesure disciplinaire à l’égard de l’employée ayant eu un comportement discriminatoire. Par ailleurs, le CCIF a demandé à ce qu’une enquête interne soit diligentée afin de s’assurer que de tels actes discriminatoires ne se reproduisent plus.

Accompagnée par le CCIF, Chaïnez étudie actuellement les suites à donner et se réserve le droit d’engager des poursuites.

Vous faites face à une situation de discrimination en raison de votre appartenance supposée ou réelle à la religion musulmane ? Des propos islamophobes vous sont tenus ? Saisissez le CCIF et faites valoir vos droits !

#EnsembleNousSommesPlusForts

J’adhèreJe fais un don

Related Posts