BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

L’Observatoire de la laïcité dresse un “état des lieux de la laïcité en France”

#

Le 4 février dernier, dans le cadre du Débat National, Emmanuel Macron déclarait : “certains utilisent la laïcité pour en faire l’ennemi d’une religion. Je refuse cela. Il n’y a pas de ‘religion laïque’. La laïcité, c’est au contraire un cadre, un cadre de liberté.”  

Cette déclaration vient faire écho à l’étude commandée par l’Observatoire de la Laïcité qui nous informe que 67 % des répondants trouvent que « la laïcité est trop souvent instrumentalisée par les personnalités politiques » qui l’utilise pour en faire un outil de conflit et de division alors qu’elle est « un élément de la cohésion nationale ». Dans la continuité de ces réponses, 49% des personnes interrogées déclarent que l’on ne parle de la laïcité qu’à travers l’islam et 60% indiquent que l’on ne parle de la laïcité qu’à travers la polémique.

D’ailleurs, ce sondage révèle qu’une partie de la jeune génération pense à tort que la laïcité est un “principe qui interdit les tenues ou signes religieux visibles dans la rue”. Cette vision biaisée de la laïcité peut trouver l’une de ses sources dans une instrumentalisation du principe par des personnalités publiques mais également dans les innombrables polémiques au sujet des choix de vie des musulmans de France et des personnes perçues comme telles.

Autre point que nous soulevons très souvent au CCIF, les discriminations subies en raison de la religion supposée. Ainsi, 50% des musulmans citent ces discriminations “parmis les principaux enjeux liés à la laïcité, contre seulement 35% des catholiques et 33% des protestants”. En effet, chaque jour le CCIF est sollicité par des français.es qui nous font part de l’islamophobie à laquelle ils sont confrontés. L’histoire de Abdallah*, ce professeur de Dijon écarté par le rectorat pour un “sentiment de malaise” , de ces femmes auxquelles ont interdit de se baigner, de faire du sport, d’aller au restaurant ou encore d’accompagner leur enfant malade à une consultation médicale en sont les illustrations les plus récentes.

De la même façon, le CCIF a dénoncé dans ses rapports le traitement différencié dont l’administration se rend coupable à l’égard des concitoyens de confession musulmane notamment. Là encore, les chiffres du sondage commandé par l’Observatoire de la laïcité corroborent notre constat avec seulement 21% des sondés qui répondent par l’affirmative à la question “ Diriez-vous que la laïcité en France, telle que définie par le droit est globalement bien appliquée par les autorités publiques?”.

Une note positive est à mettre en exergue toutefois avec le fort attachement au principe de laïcité (73% des sondés) ainsi que la reconnaissance de la laïcité comme étant un “principe républicain essentiel” (69% des sondés). De ce fait, les résultats de l’étude suggèrent « un attachement à la laïcité très largement majoritaire dans notre pays, même si certains écarts peuvent être soulignés selon l’âge ou la catégorie sociale des répondants ».

Enfin, la question de l’avenir est posée avec celles des principales difficultés auxquelles sera confrontée la laïcité en France. En tête des réponses les sondés s’inquiètent de “la montée des intolérances entre les différentes communautés religieux”(57%) suivi de près par “les crispations engendrées par le port de signes visibles de certaines religion”.

Le CCIF souhaite rappeler combien il est important de garantir l’exercice des libertés religieuses. Que les craintes soulevées par les personnes sondées sont légitimes à l’heure où la stigmatisation que subissent les personnes musulmanes ou supposées telles vivent en France. Le CCIF est vigilant et travaille sans relâche sur ces problématiques.

 

Soutenez le travail du CCIF :

J’adhèreJe fais un don

#EnsembleNousSommesPlusForts

 

Related Posts

Comments (1)

Le principe de neutralité de l’état est bon. Mais, le problème fondamental avec le concept de laïcité, meme quand il est interprété comme un outil de liberté, est qu’il est focalisé sur les religions. La neutralité de l’état devrait concerner toutes les convictions, religieuses ou pas. C’est ce que font la plupart des pays démocratiques (pour qui le concept de laïcité n’existe pas, et les droits de l’Homme suffisent). La focalisation de la laïcité sur les religions en fait un concept anti religieux et encourage les interprétations liberticides. Pour ma part je préfèrerais que, soit le concept ne soit plus utilisé, soit il soit généralisé pour inclure toutes sortes de convictions.

Leave a comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.