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Ile de la Réunion : le professeur de droit veut imposer le retrait du foulard

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Nayla* est étudiante en 4e année d’école d’ingénieur à l’Ile de la Réunion.

Lors de son deuxième cours de droit de l’année, le professeur l’interpelle dans la salle de classe : “Mademoiselle, pouvez-vous retirer votre voile ?”.

Devant le silence de la jeune femme, le professeur revient à la charge. “J’ai fait comme si je n’avais rien entendu, je connais mes droits”, explique-t-elle. Effectivement, dans l’enseignement supérieur, la liberté de conscience est garantie pour les étudiants qui peuvent porter un signe religieux. La loi du 26 janvier 1984 sur l’enseignement supérieur prévoit en ses articles 3 et 50 que les étudiants : « […] disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public. […].

Le port du foulard, en tant qu’expression de la liberté religieuse, ne saurait donc être prohibé en l’absence d’un texte de loi.

Le professeur, se prévaut de sa qualité d’enseignant en droit et de sa qualité d’avocat pour signifier à l’étudiante qu’elle n’allait pas lui apprendre le droit.

Il décide alors de quitter la salle et d’aller chercher le directeur adjoint, lequel confirme l’interdiction.

Spontanément, un étudiant prend la parole et interpelle le professeur de droit, lui demandant pourquoi il agit ainsi avec Nayla alors que lors du premier cours, il n’avait rien dit. En guise d’explication, le professeur affirme ne pas avoir remarqué le foulard de Nayla pendant les deux heures de cours précédentes.

Il y a pourtant de quoi s’interroger, la classe n’étant composée que de 14 étudiants et le cours ayant une durée de deux heures. Comment le professeur n’a-t-il pas pu remarquer Nayla. D’ailleurs, l’étudiante explique également avoir pris la parole pendant le premier cours… “Il était déterminé à ce que je retire mon voile pendant son cours lors de cette deuxième session. Il disait connaître le droit et qu’avec tout ce qu’il se passe en France, je me devais de montrer mon attachement à la République.”

Nayla décide alors de quitter le cours et saisit le CCIF. Dans la foulée, l’étudiant ayant pris la parole la suit et lui apporte son soutien. Peu après, la déléguée quitte également le cours en signe de protestation et annonce qu’elle n’irait plus en cours de droit jusqu’à ce que les directives de ce professeur changent.

Alertée, la direction contacte Nayla, lui expliquant que le comportement de ce professeur est inadmissible et qu’une enquête interne sera diligentée. Le directeur adjoint présente également ses excuses ; revenant sur l’incident, il affirme avoir mal compris le problème…

Le CCIF suit ce dossier de près. Il ne faut rien laisser passer car l’islamophobie gagne du terrain. Faites comme Nayla, saisissez le CCIF et faites valoir vos droits.

Le CCIF est indépendant et n’existe que grâce à vos dons. Soutenez-nous afin de garantir la pérennité de la lutte contre l’islamophobie. Il ne vous reste que 11 jours pour profiter d’un don défiscalisé cette année.

 

Merci.

 

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Comments (3)

Ce professeur de droit a besoin de se recycler.

On ne lache rien. Tjrs là à nous humilier et croire qu’ ils ont le droit de faire tout ce qu’ils leur chantent sur de nos foulard.

Qui sont ces ‘ils’ dont vous parlez?

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