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Cinq mois de prison avec sursis requis contre l’agresseur du septuagénaire musulman

Au lendemain du meurtre de l’Abbé Hamel dans une église de Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime), il avait poursuivi et agressé violemment un septuagénaire musulman et menacé de l’égorger après avoir traité ses filles de « sales noire​s ».

Hier, le Procureur de la République du Tribunal Correctionnel de Rouen a requis ​cinq mois de prison avec sursis et un stage de citoyenneté à l’encontre de l’agresseur. Le délibéré sera prononcé le 9 novembre.

Le vieil homme avait perdu connaissance et s’était réveillé avec des marques de strangulation au cou. Un traumatisme crânien lui avait été ensuite diagnostiqué.

Le CCIF, présent hier à l’audience par l’entremise de son avocate,​ déplore la légèreté des sanctions requises par le Procureur de la République, malgré la reconnaissance du caractère raciste de l’agression.

Au vu de la vulnérabilité de la victime, des propos racistes et islamophobes qui ont été proférés au moment de l’agression, de s​a violence et du climat délétère stigmatisant les citoyens de confession musulmane, cinq mois de prison avec sursis apparaît comme étant une sanction très insuffisante.

Le CCIF s’étonne également du discours de la Présidente du tribunal, comparant cette agression à une « simple altercation entre automobilistes ». Rares pourtant sont les « altercations entre automobilistes » se concluant par une mise à tabac d’un homme de 70 ans dans un ascenseur. Rares aussi sont les altercations où un « automobiliste » essaye d’étrangler un autre « automobiliste » au point où ce dernier perd connaissance. Rares enfin sont les « altercations entre automobilistes » où des menaces de mort sont échangée​s.

Par ailleurs, le vieil homme n’était pas un « automobiliste » mais raccompagnait simplement ses filles à leur voiture, au pied de son immeuble. Et ce n’était pas une « altercation » puisque le vieil homme a reçu gratuitement et de plein fouet la violence de son agresseur. Il est déplorable que nous ayons à le rappeler.

La victime, durement touchée​ physiquement et psychologiquement par cette attaque attend beaucoup de la justice pour essayer de tourner la page. Contactée par le CCIF, sa fille nous rapporte que « seul un sentiment de justice pourra lui permettre de pardonner à ​cet agresseur » et rajoute « nul besoin de préciser que nous sommes  déçu-e-s par ces réquisitions ».

Devant la gravité de cette agression, survenue au lendemain du meurtre de l’Abbé Hamel, et portant indéniablement une symbolique faisant des musulmans les coupables des attentats sanglants qui ont meurtri la France, la justice doit s’ériger comme rempart pour rappeler que nous formons tous et tout-e-s une seule communauté nationale, debout et ​unie face aux menaces terroristes.

Le CCIF sera présent le 9 novembre pour la lecture du délibéré. Nous serons déterminés à vouloir faire appliquer le droit, face aux atteintes répétées contre la cohésion nationale.

Crédits photos: shutterstock

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