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« Je vais vous demander d’enlever votre voile ! »…

L’incident remonte au 27 février 2016 dans un lycée de la région Pays de la Loire. Houria*, qui porte un foulard, accompagnait sa petite sœur Emma* lors d’une journée « portes ouvertes » du lycée, en vue de sa prochaine rentrée en seconde.

Cette simple visite, constituant un moment important dans les choix d’orientation scolaire pour une adolescente, s’est transformée pour Houria et Emma en humiliation publique. Et ce, simplement parce que du personnel de ce lycée ont décidé d’asseoir leur propre interprétation de la loi du 15 mars 2004, avec une agressivité choquante, et en toute illégalité.

Déambulant dans les couloirs avec sa petite sœur, Houria se fait brusquement interpeller par une professeure du lycée. D’une voix sèche et très agressive, celle-ci lui assène un ordre : « Je vais vous demander d’enlever votre voile ». Pensant avoir mal compris son propos, Houria la prie de bien vouloir reformuler son propos. C’est alors que la professeure a fait œuvre de « pédagogie » : « Nous sommes dans un établissement public, alors je vous demande de l’enlever car c’est interdit ».

Houria aura tenté d’expliquer calmement à l’enseignante que n’étant pas élève dans le lycée mais seulement accompagnatrice de sa sœur dans le cadre de cette journée portes ouvertes, elle n’était pas soumise à l’obligation de neutralité religieuse. Celle-ci incombant seulement aux élèves, aux professeurs et autres agents publics.

Mais l’enseignante en a décidé autrement et conditionne la poursuite de la visite du lycée au retrait immédiat de son signe religieux. Choquée par une telle attitude, Houria lui fait remarquer qu’elle se montre irrespectueuse à son égard.

C’est à cet instant qu’un homme qui accompagnait l’enseignante a interpellé la jeune femme avec véhémence en ces termes : Moi je ne vous crache pas ma religion à la gueule“. A son intervention a succédé immédiatement celle d’une mère accompagnant son enfant qui tout en dévisageant la réclamante lui a lancé furieusement : C’est bon taisez-vous ! “.

Au mépris de la loi, d’une violence gratuite relevant de préjugés relayés en boucle dans l’espace public, c’est d’un regard entendu que les trois personnes se sont tous dressées contre Houria.

Houria et sa sœur sont bouleversées et humiliées. Consciente de ses droits, Houria a contacté le service juridique du CCIF qui l’a orienté dans ses démarches. Un courrier de réclamation a été envoyé auprès de la proviseure de ce lycée afin d’exiger des excuses de la part de l’enseignante incriminée et au nom du lycée ainsi que l’assurance de mesures engagées afin que cet incident ne puisse se reproduire.

Ce fut chose faite. Dans un courrier adressé au CCIF que nous venons de recevoir, la proviseure affirme s’être entretenue avec l’enseignante et d’avoir fait œuvre de pédagogie auprès d’elle quant aux dispositions de la loi du 15 mars 2004. Celle-ci s’est dite « sincèrement et profondément désolée de cet incident ».

Une telle attitude découle du processus de déshumanisation des femmes portant le foulard, érigées en étendard des maux d’une France en souffrance. Les déclarations d’un Manuel Valls  ou d’une Laurence Rossignol  les semaines précédentes ne peuvent que renforcer le sentiment d’impunité chez des personnes dont la vue d’un bout de tissu réveille en eux une agressivité larvée.

Nous encourageons quiquonque victimes de discriminations, d’actes de rejet ou de haine en raison de leur appartenance à l’Islam à nous contacter. Nous sommes là pour vous épauler et vous assister à défendre vos droits.

Sachez que ce travail d’accompagnement et d’assistance des victimes ne peut se faire sans vos dons et vos adhésions, infiniment précieux puisque nous bénéficions d’aucune subvention, garantie de notre indépendance.

Crédits photos: Shutterstock

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 *Les prénoms sont des noms d’emprunt.

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Comments (2)

Ca me rappelle quand j’accompagnais ma fille au collège l’an dernier ou que je montais dans les bureau pour régler telle ou telle question administrative. Mon voile dérangeait visiblement la Principale a même une fois trouvé une excuse pour appeler la police et me faire “évacuer” au motif que j’étais un “trouble pour l’établissement”. Lorsque je suis restée dans les locaux, elle m’a ordonné de quitter les lieux me disant que c’était “son” établissement. Et j’en passe. Et comme j’étais la seule mère voilée….Aucun poids. A nous de nous montrer fortes sans violence. Inadmissible ce discours devant des élèves en plus. Courage à toutes!

Pitoyables ces racistes ignares. On voit qu’ils ont le courage de leur idée à s’en prendre sans cesse aux femmes qui ne peuvent pas leur mettre un pain dans la figure !

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