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#CcifANewYork #Days4&5

Mercredi, nous avons passé la matinée dans le Queens, ce qui nous a changées de l’opulence de Manhattan. Le Queens est une banlieue très populaire de new York, où se côtoient des centaines de nationalités différentes.

Le quartier où nous nous trouvions concentre principalement des Sud-asiatiques, hindous et musulmans. C’est ici qu’on trouve le meilleur « chaï », le thé indien avec du lait et des épices, délicieux.

Nous y avons rencontré Fahd, Responsable des programmes de DRUM (Desis Rising Up and Moving) dont les locaux se situent dans le South Asian Workers Center (le Centre des Travailleurs sud-asiatiques).

Le CCIF rencontre Drum (Desis Rising Up and Moving)


DRUM a été créée en 2000 et tient son nom d’un mouvement d’Africains-Américains qui s’était constitué en 1999 suite au meurtre d’un immigré sénégalais par la police. Le quartier étant plutôt défavorisé, la plupart des membres de DRUM comme des personnes qui font appel à eux sont des immigrés en provenance du Sud-est asiatique (Inde, Pakistan, Bangladesh) : des chauffeurs de taxis, employés de restaurants, d’épiceries, etc., dont la plupart sont sans-papiers.

Le cœur d’activité de DRUM est donc la lutte contre le contrôle au faciès, les violences policières, le harcèlement et la surveillance des populations immigrées du Queens. Si l’islamophobie à laquelle ils doivent faire face est clairement institutionnelle comme en France, cette dernière prend des formes et surtout des proportions différentes puisqu’elle est essentiellement liée au contexte hyper-sécuritaire post-11/09 et touche ainsi davantage les hommes que les femmes.

DRUM est donc à la fois omniprésente sur le terrain, mais organise aussi des campagnes de formation à l’attention de publics diversifiés. Par exemple, en ce moment, Fahd travaille avec des lycéens musulmans sur le harcèlement scolaire. Il accorde une importance capitale à l’ « empowerment » (formation et organisation) de la communauté sud-est asiatique de New York ; point sur lequel nous ne pouvons qu’être d’accord.

Fahd nous raconte des histoires affreuses qui font froid dans le dos. Des hommes, dont le seul tort était d’être musulmans et/ou immigrés un peu trop bronzés, ont été jetés en prison sur simple soupçon. Certains, ayant refusé d’être informateurs pour la police, sont harcelés par les agents de police qui ne manquent jamais une occasion de leur dresser des PV pour tout et n’importe quoi.

Après le 11 septembre, la police s’est infiltrée partout dans les milieux musulmans, allant jusqu’à manipuler des jeunes gens perdus et en manque de repères pour en faire des « terroristes en herbe » et les jeter en prison. Fahd nous montre la photo d’une femme sur le mur, son fils purge une peine de 30 ans de prison pour s’être fait embobiné par un agent infiltré. Fahd nous explique que la police de New York a en effet reçu des sommes folles de l’État américain pour traquer et trouver des terroristes. « Quand on ne trouve pas de terroristes, mais qu’on est payé pour ça, bah on en fabrique », a conclus Fahd d’une voix calme.

La communauté musulmane à New York n’a plus jamais été la même depuis le 11 septembre. Malgré tout, elle s’organise et construit toujours plus de ponts avec les autres communautés pour faire causes communes !

Jeudi (hier), c’est à l’autre bout de la carte que nous sommes rendues : à Downtown Manhattan, à deux pas de Ground Zero, dans les locaux de CAIR (Council of American Islamic Relations). Nous avons été reçues par Sadyia, responsable de l’antenne new yorkaise, et Ferida, une des stagiaires de l’organisation. CAIR est une importante ONG présente sur tout le territoire américain (30 antennes). Leur fonctionnement ressemble à celui du CCIF (publication d’articles, organisation d’un diner annuel, etc.).

Le CCIF dans les locaux de CAIR (Council of American Islamic Relations)


Sadyia a beaucoup évoqué la spécificité du contexte new yorkais (attentats du 11/09/2001) dans l’approche de la question de l’islamophobie aux Etats-Unis. Elle a également insisté sur l’existence d’un véritable « business de l’islamophobie », très difficile à contrer, dans lequel journalistes, intellectuels, experts ou personnalités fortunées à l’instar de Pamela Geller, occupent l’espace médiatique et s’enrichissent sur le dos de la communauté musulmane qu’ils stigmatisent. Une situation qui, malheureusement, nous est très familière…

Sadyia et Ferida nous ont également présenté leurs actions envers les jeunes musulmans de New York : campagnes sur le harcèlement scolaire ou sur Internet, workshops sur les droits fondamentaux, etc. Sadyia passe énormément de son temps auprès de cette jeunesse pour laquelle elle pense qu’il est primordial de s’investir, afin qu’un jour elle puisse prendre le relais et organiser la communauté musulmane avec plus de force encore. Ce pari sur la jeunesse a été le fil conducteur de toutes nos rencontres. Chaque association prend cette question très à cœur et mise sur la jeune génération pour renforcer l’ensemble de la communauté dans le futur. Cette piste nous a semblé fort intéressante à creuser au CCIF !

Nous sommes ensuite allées à la rencontre d’une journaliste de Women-E news (média online qui couvre de nombreux sujets concernant les femmes à travers le monde), qui a récemment publié une enquête sur les femmes musulmanes en France et l’islamophobie. Enquête pour laquelle le CCIF a largement contribué.

Puis nous sommes retournées  au siège de l’ONU pour une dernière réunion sur les leviers d’action pour réduire et éradiquer les inégalités entre hommes et femmes.  

Aujourd’hui (vendredi), dernier jour à New York. Nous aurons juste le temps de nous rendre au Centre Islamique de l’Université de New York (oui oui, ils ont un centre islamique, où d’ailleurs la prière du vendredi est ouverte à toutes et tous) pour voir comment les étudiants musulmans s’organisent, et déjeuner ensuite avec une étudiante justement, qui étudie comparativement l’islamophobie en France et aux Etats-Unis.

Un séjour riche en rencontres !

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Comments (2)

Ma sha allah ! profitez de votre séjour avec ces rencontres formidables. ….
Certaines idées sont bonnes à prendre pour nous en France !

Ma shallah nos meilleurs ambassadrice dans un quartier de reines.

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