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Provocation à la haine raciale: Rivarol condamné

Dans cette période de tension et de polémiques autour de l’islam et des musulmans, une décision de la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris est venue rappeler ce jeudi 11 octobre les limites fixées par la loi à la liberté d’expression, et réaffirmer l’exigence de tolérance et de respect d’autrui.

En effet, le militant d’extrême droite Hervé Lalin et le journal Rivarol, ont été condamnés pour provocation à la haine raciale et complicité, pour des articles parus en janvier et mars 2011.

Un des articles en question commentait des propos d’Alain Soral, ancien membre du FN. Hervé Lalin y affirmait que l’islam est « un corps étranger que nous devrons affronter tôt ou tard ». Selon lui,

« pour un ‘petit blanc’ de banlieue qui vit au milieu des zoulous agressifs et des femmes voilées, il y a bel et bien un islam, une invasion, une occupation de son territoire ».

L’auteur, connu sous le pseudonyme d’Hervé Ryssen, est un récidiviste. Ses écrits ayant déjà fait l’objet de multiples condamnations, il a écopé d’une peine de 15 jours d’emprisonnement avec sursis. Quant au directeur de la publication de Rivarol, Fabrice dit Jérôme Bourbon, la cour a prononcé contre lui une amende de 1000 euros pour complicité.

Les deux hommes ont également été condamnés dans un autre dossier, pour les mêmes chefs d’accusation : dans un article daté du 11 mars 2011 intitulé « Vichy, la France et la joie de vivre » M. Lalin, sur un ton qui se voulait « humoristique », semblait regretter « l’époque bénie du gouvernement de Vichy ». Nostalgique de ce temps où les Français pouvaient s’en « donner à cœur joie », « sur les juifs, les noirs et les arabes », et se moquer de leurs « travers, de leurs physiques ingrats » et de leurs « mœurs douteuses ».

Le tribunal a donc jugé qu’« en regrettant ainsi qu’il ne soit plus possible de tenir des propos racistes sans retenue », M. Lalin tendait à susciter « un sentiment d’hostilité et de rejet », et a prononcé contre lui une peine de 1000 euros d’amende, et contre M. Bourbon une peine de 500 euros d’amende.

Cette condamnation est un rappel utile, une bonne leçon et une mise en garde pour ceux qui semblent avoir oublié que la France est certes un pays où la liberté d’expression est protégée, mais c’est aussi un état de droit, où chacun mérite respect et considération, et où l’on ne peut impunément attiser la haine et appeler à la violence.

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