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« On est en France (…) vous pourriez avoir une arme sous votre voile ! »

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Sonia* est mère de famille. Après avoir constaté une poussée de croissance importante chez sa fille de 9 ans, Sonia décide de consulter une endocrinologue pédiatre.

“On est en France, il se passe des choses et vous pourriez avoir une arme sous votre voile !”

Dès le début de la consultation le médecin installe un rapport de force plein de sous-entendus discriminatoires. “Enlevez ce que vous avez sur la tête. On est en France, il se passe des choses et vous pourriez avoir une arme sous votre voile”, lui dit-elle. Choquée, Sonia rétorque qu’elle est musulmane et non terroriste. Cependant cela n’empêche pas le médecin de continuer à tenir de tels propos jusqu’à obtenir de la mère qu’elle se dévoile.

La consultation continue, mais cette fois-ci le médecin s’attaque avec dédain en faisant référence à sa coupe de cheveux. La petite fille que l’on appellera Aïssa a les cheveux crépus et elle est coiffée ce jour-là d’une queue de cheval. Sonia raconte que le médecin aurait déclaré avec aversion, “par contre, ça va me gêner pour la mesurer”.  Lorsque l’examen médical de sa fille prend fin, Sonia souhaite remettre son voile chose que la praticienne refuse en lui imposant de ne le remettre qu’au moment de son départ.

Sonia contact le CCIF en sortant du cabinet afin de faire part de la violence de son rendez-vous et décide alors de porter plainte. Après avoir raconté ce qu’il venait de se passer elle découvre stupéfaite que la police va refuser de prendre sa plainte. La raison invoquée ? Le cabinet du médecin est un lieux privé, la praticienne aurait donc le droit d’imposer sa loi sur son lieu de travail à ses clients.

Le CCIF accompagne Sonia dans ses démarches, la supposée volonté de préserver la sécurité ne doit pas être synonyme d’humiliation et une porte ouverte à l’islamophobie.

Soutenez le CCIF dans sa lutte quotidienne contre l’islamophobie.

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% commentaires (3)

J’ai remplacé un médecin généraliste pendant 7 ans et pendant 7 ans ses amis médecins ont essayé de l’en dissuader: « un médecin voilée?! C’est forcément une islamiste voire une terroriste » ou « elle va partir avec la caisse! » ou « elle va t’attirer des problèmes » ou « comment tu peux lui faire confiance! » ou « c’est choquant qu’elle n’enlève pas son voile quand elle consulte ». Et ça, c’est ce que mon amie a eu le coeur de me relater… Ses amis et nos confrères n’ont jamais eu le plaisir de me rencontrer…et de me connaître.
Je me suis installée toute seule après avoir cherché, en vain et malgré la forte demande, un cabinet à reprendre ou une collaboration: la retraite ou l’association n’était soudainement plus d’actualité à ma vue…
La morale de nos histoires c’est qu’il faut se battre sur tous les fronts et rester philosophe… J’ai le plaisir aujourd’hui d’avoir une patientèle diversifiée et en centre-ville.
Une piste de réflexion pour les patients confrontés à ce genre de situation et les autres aussi: un médecin est « malheureusement » un individu lambda confronté à ses préjugés qui entrent en résonance avec le sentiment d’omniscience et d’omnipotence que lui confère sa profession. Nous avons été formés pour cerner un patient dès qu’il entre dans le cabinet, dès la première consultation, afin de répondre au mieux à ses attentes, à ses craintes, pour au final le soigner au mieux. Parfois, certains d’entre nous dérapent. C’est en quelque sorte le corollaire du délit de faciès qui porte préjudice à nos force de l’ordre.

Vous allez encore tenter une médiation je suppose…?
Non mais plus sérieusement ces actes doivent cesser le temps des compris est derrière nous… assurez vous qu’elle puisse porter plainte et contre la praticiepraticienne et contre l’agent de police… EnoughIsEnough

‘On est en France’: Le comportement du médecin est malheureusement symptomatique de ce fait. L’intolérance a une longue histoire en France.

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