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Islamophobie ordinaire dans la fonction publique, épisode 2546

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J’en peux plus de ces gens là. De toutes façons elle pue, c’est du Daesh creusois. Elle est voilée de la tête aux pieds !

 

A Guéret dans la Creuse, un employé de la Carsat (caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) profère des insultes islamophobes à l’encontre d’une retraitée.

Fatima MARTIN, retraitée en attente d’information et de conseils sur ses droits, reçoit un message vocal d’un conseiller de la Carsat qui l’informe que son dossier ne sera pas reçu.

Ce qui devait être un banal message vocal informatif se mute en diatribe ordurière et diffamatoire.

En effet, l’agent public, pensant avoir raccroché le combiné, exprime alors son profond dégoût pour celle qu’il a pourtant la mission d’accompagner avec bienveillance et respect :

« T’as vu comme je l’ai calmée celle-là !« , fanfaronne le conseiller. Méprisant, il renchérit : « J‘en peux plus de ces gens-là. De toute façon, elle pue. C’est du Daech creusois. Elle est voilée de la tête aux pieds« .

Profondément choquée par ces propos, la famille décide de porter plainte. Fatiha MARTIN, fille de la victime livre son amer sentiment : “Je suis choquée des propos d’une personne qui travaille pour le service public, pour l’État. Ça fait rire ses collègues. Apparemment, c’était la cour de récréation dans le bureau. Il les a bien fait rire.”

De son côté, la Carsat Centre-Ouest a présenté publiquement ses excuses à Fatima MARTIN dans un communiqué : « La Direction fait part de sa totale désapprobation quant à ces propos (…) qui ne correspondent pas aux valeurs de service public que notre organisme défend. […]. La Direction s’engage à ce que la lumière soit faite en interne sur les faits qui se sont produits et à prendre les mesures nécessaires pour prévenir tout nouvel agissement de ce type. » La Carsat s’engage également à présenter des excuses en face à face à la victime mais attendra d’entendre l’employé pour prononcer d’éventuelles sanctions.

Cette situation est loin d’être un cas isolé : le dernier rapport du CCIF fait état de comportements racistes et discriminatoires dans la fonction publique, haut lieu de la violence islamophobe. Pour rappel, plus de la moitié des actes islamophobes sont commis par des agents du service public.

 

Rien ne peut justifier que des représentants de l’Etat, dont la mission est précisément d’être au service de tous les usagers, deviennent des agents actifs de la discrimination, perpétuant ainsi les pires clichés racistes au lieu de les combattre.

Le CCIF se tient prêt à accompagner la victime dans ses démarches et demande que des sanctions exemplaires soient prises à l’encontre du salarié en cause.

Nous appelons également à une prise de conscience au sein de la fonction publique et des institutions qui ne peuvent rester passives face à de telles dérives.

Des formations de sensibilisation aux discours racistes et aux discriminations doivent être dispensées afin de lutter efficacement contre ces expressions haineuses qui fracturent le vivre-ensemble.

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