BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

Burkini : que dit la loi ?

Soleil, plage de sable fin et cocktails… le vocabulaire des vacances s’invite avec plaisir et soulagement dans notre quotidien en cette période estivale. C’est le présage de délicieux moments de détente loin de la grisaille et des tracas quotidiens.

Pourtant, aussi idylliques que soient le cadre et la saison, certains maires ont trouvé bon de briser cette sérénité ponctuelle en introduisant des restrictions à l’accès aux plages aux personnes vêtues « de tenues qui manifestent de manière ostensible une appartenance religieuse lors de la baignade ».

Dans leur viseur, le « burkini » porté par des femmes de confession musulmane, tenue spécialement adaptée aux loisirs aquatiques, mais pas seulement. Il s’agit plus largement d’interdire toute tenue manifestant une appartenance religieuse, tel que le foulard par exemple.

Ainsi, des femmes venues profiter d’instants de détente et d’amusement ont vécu l’humiliation d’être prises à partie sur les plages françaises, sommées de se dévêtir au vu et au su de tous – parfois devant le regard inquiet de leurs enfants plongés dans l’incompréhension la plus totale – et finalement enjointes de quitter brutalement cette bulle de répit en s’acquittant en prime d’une amende.

Mais ces restrictions sont-elles légales ? Rien n’est moins sûr.

Il est essentiel de rappeler que si le maire est chargé du maintien de l’ordre dans la commune, il doit concilier l’accomplissement de sa mission avec le respect des libertés garanties par les lois. Il en résulte que les mesures de police doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées au regard des seules nécessités de l’ordre public.

Or, les arrêtés en cause ne reposent sur aucun fondement juridique. La restriction apportée aux libertés n’est pas justifiée par des circonstances particulières, pas plus que le signe religieux ou la tenue de bain ne sont de nature, à eux-seuls, à constituer un trouble à l’ordre public ou à induire des carences en matière d’hygiène et de sécurité.

Le Conseil d’Etat a d’ailleurs continuellement rappelé cette solution en précisant que le seul port du foulard ne constitue pas par lui-même un acte de pression, de prosélytisme ou un trouble à l’ordre public (CE, 27 novembre 1996, M. et Mme Jeaouit).

En outre, la Haute juridiction a dénoncé une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et de venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle (CE, 26 août 2016, n°402742 ; 402777 ; CE, 26 septembre 2016, n° 403578 — consultez les ordonnances en cliquant sur leur lien respectif).

Dès lors, il est permis d’espérer que les libertés de chacun seront respectées et que les femmes portant un signe religieux, au même titre que toutes les autres femmes, n’auront à souffrir d’aucun déferlement, si ce n’est celui des vagues sur le rivage… et pourront de nouveau profiter du doux parfum marin, ainsi que des joies des vivifiants loisirs aquatiques.

% commentaires (4)

Mais si ça nous arrive sur la plage, qu’est ce qu’on doit faire??? Se laisser humilier et quitter la plage ou alors ne pas se laisser faire mais que dire??? Sur quels textes s’appuyer devant les policiers municipaux pour qu’ils nous laissent enfin tranquille???

Espérons que ce genre d’interdiction ne se reproduira plus.

Malheureusement ce genre d’interdiction a fait naître dans le cœur des femmes musulmanes une peur. Peur d’oser porter le burkini….. Peur de seulement se balader à la plage en famille. Alors que légalement elles sont dans leur droit le plus légitime.
Et en plus de la peur, elles doivent subir réflexions et regards déplacés…… Qu’il est difficile de pratiquer son dine en plein été pour une femme. Que Dieu nous assiste.

L’obsession française pour l’Islam est quasi pathologique.Nous pouvons compter sur l’esprit retors des faiseurs d’opinions politiques et / ou médiatiques pour nous débusquer une polémique qui tentera d’effacer l’affaire Benalla.
Wait and see

Ecrire un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.