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« Nous devons voir les oreilles de tous les candidats présents lors d’un examen »

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La période des examens approche, vous ou vos proches, avez peut-être déjà commencé à plancher sous cette chaleur écrasante.

Dans le cas où les responsables de votre établissement auraient l’envie soudaine de vérifier vos oreilles sous votre voile, cela est possible sous certaines conditions.

Louiza est une étudiante musulmane en région Ile-de-France. Sitôt arrivée en salle d’examen, elle s’est vue refuser le droit de passer l’épreuve en raison de son voile, qui laissait pourtant parfaitement découvert l’ovale de son visage.

Pour seule justification, un enseignant demande aux étudiants  « d’enlever les bonnets, les casquettes et les voiles ». Pourtant, un “voile” n’est pas un banal couvre-chef, il est la manifestation extérieure de convictions religieuses protégées par le droit. La seule étudiante en réalité visée par cette injonction est : Louiza.

 

Mais Louiza  connaît bien ses droits. Elle sait donc que le contrôle visant à prévenir la fraude doit être mené :

– avant le début de l’épreuve, pour que le préjudice ne se prolonge pas durant toute la durée de l’épreuve et qu’elle ne soit pas plus déstabilisée que ses camarades ;

– par une femme, dans une salle la protégeant des regards indiscrets et pour que soit respectée sa dignité ;

– dans le but uniquement de vérifier qu’elle ne dispose d’aucun appareil qui lui permettrait de frauder.

 

Louiza rappelle donc la procédure à l’enseignant mais il s’entête et refuse de la laisser passer l’examen tant qu’elle conserve son foulard.  

Louiza témoigne :

« Au-delà du fait que cette méthode soit extrêmement humiliante et dégradante puisqu’elle est faite face à l’ensemble de la promotion ; elle est, à plus forte raison, basée sur un mensonge : j’ai refusé d’être contrôlée par Monsieur R.  mais j’ai demandé à plusieurs reprises de pouvoir être contrôlée par une femme comme cela a toujours été fait durant ma scolarité post-bac.

Je me suis donc entretenue avec le responsable pédagogique de ma promotion Monsieur N. qui m’a répondu que la charte de la laïcité indiquait clairement que « nous devons voir les oreilles de tous les candidats présents lors d’un examen » et que « contrôler une jeune femme dans une pièce à part ne serait pas équitable car les autres étudiants ne le seraient pas ».

Il m’a aussi fait comprendre que ce problème devait se régler entre le professeur et moi et que je devais négocier pour pouvoir passer cet examen en découvrant mes oreilles pendant toute la durée de l’épreuve. Ce que je refuse totalement.

Aujourd’hui, je me vois donc menacée d’être inscrire en tant que « défaillante », ce qui signifie donc un rattrapage aux examens auxquels mon professeur sera aussi présent, je suppose. Dans ce cas, il devra aussi me noter en tant que « défaillante » aux rattrapages ce qui signifierait une année ratée, une fin d’étude et la nécessité de rembourser l’année entière de mes bourses de scolarité. »

 

 

Dans le récit de Louiza, les conséquences de ce refus clairement discriminatoire sont graves puisqu’elle risque de ne pas valider son année. Le zèle de certains enseignants doit être dénoncé.

 

C’est là qu’entre en jeu le CCIF :

  • en vous informant de vos droits, nous visons ainsi à ce que chacune et chacun d’entre vous puisse se défendre et réagir de la façon la plus adaptée face à une discrimination  ;
  • en vous aidant à monter un dossier solide, nous vous aidons à mettre toutes les chances de succès de votre côté ;
  • et en intervenant auprès de vous, nous apportons un poids supplémentaire à votre action éclairée.

 

Pour Louiza par exemple, nous avons recueilli trois témoignages de camarades de classe prouvant la rupture d’égalité entre les étudiants et le caractère discriminatoire du refus d’accès à la salle d’examen essuyé par l’étudiante.

Nous avons également saisi le Président de l’Université pour que toute la lumière soit faite sur cet incident et que le droit soit rappelé au personnel chargé de la surveillance des étudiants, pour que de telles pratiques ne soient pas réitérées.

En parallèle, nous avons adressé un courrier détaillé au Défenseur des Droits, autorité administrative indépendante chargée de lutter contre les discriminations, pour l’appeler à mener des investigations.

La conjugaison de ces efforts a permis à Louiza d’obtenir gain de cause. En effet, le Défenseur des droits, demandera à l’établissement de supprimer la mention obligeant de se découvrir pendant l’examen:

 

Parce que Louiza connaissait ses droits, elle est allée jusqu’au bout de la procédure. Résultat : sa combativité et sa détermination, profiteront désormais à d’autres étudiant.e.s.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à (re)lire le guide de l’étudiant spécial islamophobie, en partenariat avec EMF.

Sans votre soutien, le CCIF n’aurait pas pu se mobiliser pour Louiza. Ensemble nous disons non à l’instrumentalisation de la laïcité à des fins liberticides, notamment lorsqu’elle impacte en particulier les femmes. Soutenez-nous.

#EgalitéPourToutes #EnsembleNousSommesPlusForts

% commentaires (4)

Salamo alaykoum
Je porte à votre connaissance que le CNG santé applique la même contrainte lors des concours organisés par celui ci. J’ai subi moi même cette condition de devoir découvrir mes oreilles durant les épreuves de contrôles des connaissances de la procédure d’au D’exercice destinée aux médecins étrangers.
Cette condition est notée dans leur site à la destination des candidats

Bonjour, étant parents délégués dans l’école primaire de mes enfants j’ai du intervenir hier à la demande de plusieurs parents car 1 majorité des enseignants s’est mis à menacer les élèves qui ne viendraient pas le jour de l’3aid de sanctions et d’absence non justifiée qui serait remonté à l’inspection académique. Suite à mon intervention le directeur m’a dit que je m’étais mise l’équipe éducative à dos et que cela avait eu des répercussions sur la répartition des classes pour mes enfants. Tout ça seulement pour avoir fait remonter aux enseignants 1 information des parents et qui me tenait également à coeur. Avez vous 1 article de loi qui permet de s’absenter le jour de l’3aid et 1 autre qui permettrait de protéger mes enfants de cette discrimination que les enseignants vont leur faire subir pour tout faire pour ne pas les avoir dans leur classe seulement par peur que je sois là.

Bonjour, nous avons publié des fiches pratiques sur notre site. Si vous le souhaitez vous pouvez également contacter notre permanence juridique: islamophobie.net/contact
Merci pour votre confiance.
Cordialement,
L’équipe communication du CCIF

C’est tout à fait dingue.

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