BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

#RapportCCIF2018: Sortie du rapport 2018 du CCIF – L’année 2017 en dates, chiffres et questions

#
Cette semaine paraît le dernier rapport du CCIF portant sur les chiffres de l’année 2017. Retrouvez ici une fiche reprenant les éléments clés, et le rapport intégral ici.

VERSION TÉLÉCHARGEABLE ICI

Extrait du mot de la Directrice

« Il faut rappeler que l’islamophobie repose sur un permis de discriminer, un permis de détester, rendu possible par l’euphémisation d’un racisme qu’on légitime ainsi qu’une manipulation des valeurs républicaines. Le dévoiement de la laïcité en est l’exemple criant. Pour justifier politiquement leur racisme, certains n’hésitent pas à instrumentaliser la laïcité dans une volonté d’exclusion et de rejet. »
Lila Charef, Directrice du CCIF

Les risques d’une radicalisation de la laïcité

Le déploiement d’un discours hostile à certaines pratiques, dont le port du foulard dans les universités, se place surtout au nom d’une incompatibilité culturelle. De plus en plus de dérives relevées dans les institutions publiques liées à une application et une compréhension abusives du principe de laïcité, nous laissent aujourd’hui parler d’un danger de radicalisation de la laïcité en France. Le Président Macron se dit à ce titre « vigilant » face au « risque d’une radicalisation de la laïcité ».

Un climat de suspicion généralisée

L’institutionnalisation de l’état d’urgence qui entre désormais dans le droit commun est une donnée nouvelle pour les associations de défense des droits humains. Pour rappel, en France, 4489 perquisitions administratives ont été menées dans le cadre de l’état d’urgence selon le bilan chiffré du ministre de l’Intérieur en novembre 2017. Ces perquisitions ont donné lieu à 77 peines prononcées.

La délation : nouvel outil institutionnel de lutte contre le terrorisme et la radicalisation ?

La criminalisation des pratiques musulmanes classiques entraîne une avalanche de dénonciations calomnieuses et de signalements abusifs. Le Défenseur des droits déplore lui-même ce constat dans un rapport public du 26 février 2016 : « Dans plus de 10% des réclamations relatives à des perquisitions administratives reçues par le Défenseur des Droits, les plaignants allèguent avoir été dénoncés à tort par un voisin, un ancien collègue, un ancien conjoint. ».

L’islamophobie : un racisme genré

Nous savons aujourd’hui que l’islamophobie est un racisme genré. 69% des actes islamophobes dont 85% des agressions avec plus de 8 jours d’ITT concernent les femmes. A l’heure d’une heureuse prise de conscience internationale sur les violences faites aux femmes, ce constat nous interroge sur notre capacité à lutter efficacement contre toutes les formes de sexisme.

Quelle tendance pour 2017?

Sur l’année 2017, on constate une baisse des actes islamophobes qui reculent de 21,7%. Sur 349 dossiers traités, les discriminations représentent 78% des actes islamophobes, suivies par les discours de haine, les agressions et les dégradations.

Un phénomène de sous-déclaration

Ce recul est à tempérer. La sous-déclaration des actes islamophobes est une réalité qui appelle à la vigilance. Elle s’explique par :

– Une défiance envers les autorités

– La non reconnaissance du caractère islamophobe des agressions

– Le découragement des victimes et la peur des représailles.

Ecrire un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.