BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

Comment les discriminations sont vécues en Ile de France

#

En avril et mai 2015 l’Institut National des Etudes Démographiques (INED) a réalisé avec l’Institut IPSOS une enquête téléphonique visant à mesurer les perceptions en matière de discriminations en Ile-de-France. L’objectif consistait à identifier les situations de discrimination et leurs conséquences en termes de relations sociales et de conduites personnelles (micro-agressions et stratégies de contournement).

Les résultats

Au total, cette enquête résume les témoignages de vie de 2514 personnes interrogées (1801 questionnaires remplis). Parmi les 5 critères (sexe, origine, âge, santé, religion), l’origine et la religion des personnes interrogées sont les deux plus souvent identifiés comme motif de discrimination.

Un chiffre clé : 58 % des personnes déclarent « avoir souvent ou parfois connu une expérience de discrimination au cours de leur vie tous motifs confondus ».

 
Cette donnée illustre le manque d’efficacité des politiques publiques en matière de lutte contre les discriminations durant les dernières décennies.. La mise en place de la  DILCRAH, l’organisme créé sous l’impulsion de Manuel Valls et intégralement financée par l’Etat à hauteur de 100 millions d’euros par an, n’a hélas pas pu endiguer les formes de racismes contemporaines, dont les manifestations, par des actes de violence et de discrimination, demeurent à des niveaux élevés.

Il est difficile de s’en étonner: l’ancien patron de l’institution,  le préfet Gilles Clavreul (par ailleurs co-fondateur du tristement célèbre Printemps Républicain et courtoisement “mis en disponibilité” suite à ses dérapages répétés et sa mise en examen pour diffamation – à l’encontre du CCIF et de la LDH notamment), s’était d’ailleurs illustré par sa propension à la hiérarchisation des racismes pendant son mandat. Pour preuve cette déclaration mémorable: « Tous les racismes sont condamnables, mais le racisme anti-Arabe et anti-Noir n’a pas les mêmes ressorts que l’antisémitisme dans sa violence. ». C’est dit. A ce jour l’institution censée être en charge de tous les racismes, dotée d’une nouvelle direction, n’a organisé aucune action ni consultation sur l’islamophobie, en direction des universitaires comme des organisations de la société civile.

Une enquête en écho

Une enquête similaire avait été menée en 2009, intitulée Trajectoires et Origines (TeO). La comparaison entre les deux enquêtes indique une nette augmentation des chiffres pour tous les groupes. Cela s’explique par une aggravation des discriminations notamment pour les minorités les plus visibles ou exposées, une tendance à davantage rapporter les situations de discriminations, ce qui était moins le cas auparavant et indique une plus grande sensibilité aux phénomènes de discriminations chez les victimes.

 

 

Un impact profond

Au-delà du constat des discriminations, l’enquête évoque l’impact de celles-ci sur les comportements et autres conduites personnelles. Nous parlons ici notamment des stratégies d’évitement (de lieux, d’études), de l’auto-censure des individus qui se traduit parfois par le fait de dissimuler sa religion volontairement, de changer de nom, etc.

A titre d’exemple, 32 % des musulmans interrogés pensent qu’ils doivent « compenser le stigmate de leur religion pour accéder à l’emploi » et 21 % des musulmans, au cours d’un entretien d’embauche, « ont eu à répondre à des questions sur leur religion. ».

 

Les femmes musulmanes sont également impactées par ces stigmates lorsque certaines d’entre elles choisissent leurs études et leur plan de carrière en fonction de la probabilité qu’elles auront de pouvoir porter le voile une fois sur le marché du travail.

Cette addition de désavantages pour les groupes minorisés constitue un ensemble de stigmates et de micro-agressions au quotidien, donnant ainsi une dimension plus profonde encore à la discrimination.

L’engagement du CCIF

Le CCIF, par son engagement et son travail, se donne pour mission de lutter contre l’islamophobie et ses manifestations, en apportant son aide juridique et morale aux victimes, et en décrochant des victoires en justice. Ce chemin, nous le faisons ensemble pour construire une société plus juste et sereine. Aidez-nous à poursuivre ce combat en donnant et en adhérant au CCIF.

Ecrire un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.