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Où en est la situation de Mohamed, réfugié palestinien que vous avez soutenu ?

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L’année dernière nous vous racontions l’histoire de Mohamed, réfugié politique palestinien, assigné à résidence et menacé d’expulsion car il n’avait pas voulu servir d’informateur aux autorités dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Mohamed, originaire de la bande de Gaza, a dès lors fait l’objet de mesures de harcèlement par le Ministère de l’Intérieur.

 

Chronologie des faits

Avril 2015 : le tribunal administratif de Strasbourg condamne le ministère de l’intérieur à communiquer ses informations sur Mohamed dans un délai de deux mois. Jamais le ministère ne s’est conformé à ce jugement.

Mai 2016 : l’Etat est condamné à verser une amende de 100 euros pour chaque jour de retard à compter du 13 août 2016. L’Etat a aussi été condamné à verser 1500 euros à Mohamed, au titre des frais de procédure. Une décision importante pour Mohamed, vivant dans une grande précarité depuis que son droit au RSA lui a été retiré.

Décembre 2017 : le Tribunal administratif rend un jugement quelque peu timide en astreignant le ministère à ne verser que 3650€ à Mohamed au lieu des 34 500€ qu’il lui devait, soit 10% de la somme due. Cette décision, qui ménage beaucoup un Etat négligent, n’est pas satisfaisante compte tenu des préjudices subis par Mohamed, et en premier lieu l’atteinte à sa dignité.

 

Aujourd’hui, c’est l’un des soutiens sur lequel Mohamed a pu compter pour ses démarches et sa survie au quotidien dans un pays qu’il ne connaît pas, Rachid, qui nous donne de ses nouvelles

Comment se porte Mohamed, quelle est sa situation?

Nous lui avons rendu visite dernièrement, et nous avons constaté que Mohamed était amaigri et le moral à zéro. Le Préfet sur place l’intimide en permanence, il lui annule des saufs conduits à la dernière minute afin de se rendre à des audiences le concernant. Cela a un coût financier (billets SNCF non remboursés) et surtout cela joue sur son moral, car en l’empêchant de se rendre à des audiences, Mohamed pourra difficilement défendre ses droits. Autres manœuvres mesquines du Préfet de la Haute Vienne (…) : il lui délivre des saufs conduits un jour avant les audiences, afin de le dissuader de se rendre au tribunal (coût du billet plus cher, ne peut pas s’organiser pour les déplacements de dernière minute en réservant sur bla bla car ou autres (…). Il n’y a pas de restaurant halal sur place et Mohamed pendant longtemps n’avait plus mangé de repas chaud si ce n’est que des sandwichs au thon dans un hôtel insalubre (…)  avant que sa situation ne change un peu grâce au reportage du CCIF. Nous attendons également une date d’audience devant la Cour d’Appel de Nancy contre la décision d’expulsion du Préfet du Bas-Rhin depuis un an. La dernière affaire est celle de l’astreinte que le juge du tribunal administratif de Paris avait mis en place contre le ministère de l’intérieur et avait fixé la somme de 100 par jour (…) .

Surprise, le juge nous fait une pirouette et décide d’octroyer à Mohamed seulement 10% de la somme due.

 

Si vous aviez un message à adresser à ceux qui vous ont soutenu, lequel serait-il ?

Mohamed remercie du fond du cœur les responsables du CCIF qui ont fait un travail remarquable pour lui venir en aide. Il remercie également tous les adhérents et les personnes qui suivent les informations sur le site du CCIF et qui lui ont apporté leurs soutiens, leurs dons de générosités, mais aussi leurs messages de sympathie et d’encouragement et les partages sur les réseaux sociaux, afin que tout le monde puisse s’informer de l’injustice qui règne en France à l’encontre des musulmans. Sans cette somme et l’aide des frères Strasbourgeois, Mohamed n’aurait pas pu tenir ni prendre un avocat pour sa défense. Qu’Allah accepte vos aumônes et qu’ils vous bénissent tous ainsi que vos familles.

 

Que pouvez-vous dire de votre expérience CCIF jusqu’à présent ?

Tout d’abord un grand merci à l’équipe du CCIF, à notre sœur Nora qui avait pris en main le dossier dès le début. Ensuite à notre chère sœur Mariem qui a fait un travail remarquable et qui œuvre encore jusqu’à présent pour soutenir Mohamed. Notre ex-président Samy DEBAH et son équipe de tournage qui se sont déplacés 2 fois chez Mohamed afin de réaliser deux reportages sur place (lieu des assignations à résidence) qui ont porté leurs fruits : Samy avait dénoncé l’insalubrité de l’hôtel et quelques mois plus tard Mohamed a été assigné dans un hôtel 3 étoiles « le Bœuf Rouge ». Quand le propre président du CCIF vous apporte son soutien et se déplace lui-même avec son équipe, c’est touchant. Il n’y a pas beaucoup ou pas d’associations en France qui agissent de la sorte. Notre sœur juriste Lila CHAREF qui avait pris le relais afin de suivre le dossier de Mohamed en l’absence de Mariem pour congés annuel. Aujourd’hui c’est une autre sœur autant impliquée et dévouée à la cause de Mohamed qui va suivre son dossier et qui n’est autre que notre chère soeur Nadia qu’Allah la protège et vous protège tous, Amine.

 

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