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Un mystérieux groupuscule d’ultra-droite revendique les attaques au marteau qui ont visé une femme voilée et deux personnes de couleur

Le 02 novembre dernier, un mystérieux commando a revendiqué des attaques au marteau survenues dans les environs de l’Université de Dijon en Bourgogne-Franche-Comté. Le quotidien régional Le Bien Public a reçu par emails les messages d’un groupuscule d’extrême-droite se prétendant vouloir « lutter contre l’islamisation » de la France.

Le 26 septembre dernier, 3 personnes ont été attaquées au marteau dans les alentours de l’Université de Dijon. Le mystérieux commando qui s’est autoproclamé « Commando de défense du peuple et de la patrie française » (CDPPF) a revendiqué, dans son envoi de courriels le 02 novembre au quotidien régional Le bien Public, les attaques au marteau du 26 septembre 2017.

Le lendemain, le 03 novembre dernier, ledit commando a envoyé un nouveau message au quotidien pour revendiquer les deux agressions au marteau survenues cette fois-ci le 15 septembre à Chalon-sur-Saône dont l’une au cri de « Allah O Akbar ».

A l’instar de Logan N, cerveau présumé d’un groupuscule d’extrême-droite aux projets d’attentats terroristes visant des mosquées et des personnalités politiques telles que Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner, le CDPPF se dit grand admirateur du terroriste norvégien Anders Breivik, l’auteur du massacre de 77 personnes en 2011 sur l’île d’Utoya. Le terroriste d’extrême-droite avait lui aussi justifié sa tuerie en masse par un souci de lutte contre l’islamisation de la Norvège.

Le CDPPF a déclaré que les attaques « sur le site de l’Université de Bourgogne (…) au cœur de l’un des symboles du multiculturalisme, marquent l’acte de naissance de [son] mouvement ». L’enregistrement envoyé au quotidien régional par le biais d’une voix synthétique précise que l’assaillant a choisi les victimes en raison de leur voile ou de leur couleur de peau.

Selon le Procureur de la République de Dijon, Eric Mathais, « La première hypothèse, c’est qu‘il s’agit d’une revendication réelle et donc faite par des personnes qui sont à l’origine des attaques ou leurs instigateurs et dans ce cas-là si on découvre leurs identités, cela aidera à la résolution de l’affaire. Soit c’est une revendication opportuniste, mais au sein même de cette revendication il y a des propos inacceptables qui sont tenus, des propos racistes, xénophobes et des propos incitant à la violence. Des propos qui constituent en eux même des infractions pénales »

Les attaques au marteau à Chalon-sur-Saône ont expressément visé des personnes typées européennes. Pourquoi ce groupuscule ouvertement raciste et patriotique s’en serait-il pris à des personnes de type caucasien ? Selon ses propres dires rapportés au quotidien régional, le CDPPF explique que les personnes attaquées ont « servi de cibles humaines pour nos entraînements », que c’était une « mise à l’épreuve pour notre homme et un test de nos techniques de fuite en milieu urbain densément peuplé et sécurisé ». Le CDPPF a même eu l’audace de présenter ses excuses aux victimes et de déclarer que si l’agresseur avait crié « Allah O Akbar », c’était pour « aiguiller les enquêteurs sur une fausse piste ».

Le CDPPF s’est également attaqué à SOS Racisme pour avoir saisi le Procureur : « Comme c’est mignon, ils croient nous faire peur ces Bisounours (…) Ils ne semblent pas avoir compris que ce dépôt de plainte serait synonyme de reconnaissance pour nous ? » .

Le CDPPF menace à présent de réitérer ses attaques le 18 novembre à 20h : « Nous frapperons le prochain grand événement ayant lieu à Dijon, à savoir le match de Première division Dijon FCO- Espérance Sportive Troyes Aube Champagne (ESTAC). ».

Le CCIF appelle les pouvoirs publics et le Procureur de la République de Dijon à accélérer les investigations afin d’empêcher ce groupuscule d’extrême droite de sévir de nouveau.

Le CCIF écrira personnellement au Procureur à cet effet et ne manquera pas de vous en tenir informés.

 

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