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Mon expérience au CCIF

Je m’appelle Chafika et après un mois passé au sein du Collectif Contre l’Islamophobie en France, il m’a semblé indispensable de partager avec vous mon expérience. Mon arrivée au CCIF n’est pas le fruit du hasard. Tout comme des milliers de citoyens musulmans français, j’ai été discriminée en raison de mon appartenance religieuse.

Le début de ce récit vous offrira certainement un goût de déjà vu.  Étudiante en Master 2 à l’Université Libre de Bruxelles, je suis à la recherche d’un stage, dans le domaine des relations internationales, qui me permettra de valider l’obtention de mon Master.

Seulement, pendant toute ma recherche de stage, le discours de mes interlocuteurs est resté le même : « Vous avez les compétences requises, mais nous sommes une entité laïque et nous ne pouvons donc pas vous engager avec votre voile. ».

À bout de nerfs, je m’apprête à jeter l’éponge quand mon grand frère me conseille de contacter le CCIF. Grand fervent du CCIF, il me relate tous les dossiers traités par le CCIF. Toutes les injustices réparées par le CCIF. Toutes les discriminations contrées par le CCIF. Tous les espoirs redonnés par le CCIF.

Je commence à prendre conscience du travail considérable effectué par ce collectif, mais je suis encore loin du compte. Avant toute chose, permettez-moi de faire la lumière sur un aspect crucial. Je n’écris nullement cet article pour faire de la publicité. Je n’écris aucunement cet article sous la contrainte. Je n’écris en aucune façon cet article pour vendre les mérites du CCIF, quoi que… En revanche, j’écris cet article avec mon cœur. J’écris cet article avec ce besoin irrépressible de répandre une réalité. J’écris cet article avec l’envie de vous faire découvrir un univers injustement controversé.

J’obtiens un stage dans l’équipe relations internationales du CCIF et tout comme vous je suis consciente du taux d’islamophobie en France. En revanche, loin de moi de penser que le fléau était aussi ancré dans notre société.  A mon grand dam, je n’étais préparée à voir la standardiste crouler sous les appels de détresse : femmes voilées agressées verbalement ou physiquement, problème de cantine, discriminations à l’embauche dues à la barbe ou au voile, refus dans les salles de sport, accusations d’apologie du terrorisme, refus dans les Missions locales, perquisitions, enfants harcelés en raison de leur appartenance religieuse, assignations à résidence, insultes islamophobes, refus dans les cabinets médicaux et j’en passe. Les dossiers qui s’accumulent ; les juristes qui les examinent ; et ce collectif habité par une soif intarissable de rendre justice. On s’active dans les bureaux et malgré l’état de la situation devenue routinière, on s’émeut face au désarroi et on s’indigne face à l’intolérance.

Comment expliquer que depuis la fin de l’année 2013,  le nombre de dossiers traités ou en cours de traitement s’élève à 10 000 ? Le plus triste, c’est que nombre d’entre vous ne dénoncez pas les actes islamophobes dont vous avez été les victimes ou dont vous avez été les témoins. Nombre d’entre nous, devrais-je dire. Mais s’il y a bien une chose que je retiens de cette immersion, c’est que jamais plus je ne laisserai passer un acte islamophobe ou raciste à mon égard. Jamais plus je ne m’entendrai penser « ce n’est pas grave ». Nous ne sommes pas seuls, nous devons nous informer sur nos droits pour les faire valoir. Ne jamais s’abaisser à la petitesse d’une attaque en se basant sur le principe de réciprocité. Tout au contraire, fourbissez vos armes de savoir car savoir est synonyme de pouvoir. N’hésitez pas à consulter les fiches pratiques du CCIF qui vous informent de vos droits et utilisez-les, utilisez-les autant que faire se peut.

Certes le combat s’annonce difficile, mais je n’écrirais ces quelques lignes si le jeu n’en valait pas la chandelle. Et vous n’êtes peut-être pas musulman et qu’importe dans le fond ? Plus qu’à une religion c’est à nos libertés individuelles à tous que l’on s’en prend, c’est notre caractéristique d’être humain qui est attaquée. Loin de l’utopie, c’est très fermement que je vous le dis : ensemble nous y arriverons. Soutenons-nous !

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