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« Les choses se sont faites rapidement et tout le monde réfléchit en marchant »*.

Telle est l’expérience vécue par un club de foot en salle du Nord qui a su y faire face, grâce à un état d’esprit combatif et éthique, sur le terrain comme en dehors.

A la fin d’un match de foot en salle, deux personnes décident de prier derrière les cages de foot. La salle est quasiment vide et il reste entre deux ou trois personnes.

Toutefois, le régisseur va dès lors saisir la mairie en déclarant que trois joueurs de foot ont prié à l’intérieur du gymnase en précisant qu’aucun incident d’incivilité n’a été constaté et que le match s’est bien déroulé, chose pas toujours évidente avec d’autres clubs.

C’est avec surprise que les responsables de l’équipe de foot, auquel les prieurs sont supposés appartenir, sont convoqués devant le Comité d’éthique du District

Rappelons qu’ils sont deux et que ces derniers ne portent pas de maillots de foot. Néanmoins, ils seront affiliés à l’une des deux équipes.

La machine est lancée, la mairie saisit le District, la Sous-préfecture, les services de renseignements généraux interviennent, apparition de la laïcité…. Est-ce un signe de radicalisation ? Ils interrogeront le District, les responsables de la dite équipe de foot.

Le raccourci entre la prière et la radicalisation est fait.

On convoque les responsables de l’équipe de foot devant le Comité d’éthique dans un premier temps, de manière informelle. Dans un second temps, le club ne se laisse pas faire et indique par courriel que sa convocation auprès du Comité se devait d’être notifiée par voie postale.

Le Vice-président du club saisit le CCIF. L’un de nos juristes accompagne les représentants dudit club à la convocation.

Cette rencontre et les échanges dépassent le cadre de cette affaire et soulève de nombreuses questions :

– Est-ce que le simple fait de prier constitue un signe de radicalisation justifiant la saisine des services de renseignements généraux ?

– Pourquoi des personnes qui prient sans signe distinctif ont été affiliées à ladite équipe ?

– Pourquoi la convocation parle de trois prieurs et lorsque notre juriste interroge le régisseur, ce dernier confirme qu’ils étaient deux ?

– Pourquoi ne pas discuter avant de convoquer en vue d’une sanction ?

– Pourquoi ce traitement à géométrie variable dès qu’il s’agit d’une pratique cultuelle musulmane ? – Pourquoi la simple prière suscite la convocation devant un comité d’éthique ?

– A quel moment la machine s’est-elle emballée au point où plus personne ne prend la distance nécessaire ?
– Pourquoi cette prière renvoie lors des débats au contexte, aux attentats, à la théorie de l’invasion ?

Cette affaire souligne les proportions disproportionnées découlant d’un simple recueillement. Elle met en lumière toutes les peurs ainsi que les amalgames à l’égard des musulmans.

La décision du Comité d’éthique affirme qu’aucune incivilité n’a été commise, que les prieurs ne sont nullement affiliés à l’équipe. Malgré tout, un rappel à la laïcité leur est fait….et on leur demande de payer 38 euros au titre des frais liés à la convocation.
« Tout ce remue-ménage seulement pour une prière ? » A quel moment a-t-on franchi la ligne ?
*Audition à l’Assemblée nationale de M. L. Granier de l’Unité de coordination de lutte anti-terroriste (UCLAT) portant sur la gestion du fichier des personnes radicalisées, page 6 de l’Avis sur la prévention de la radicalisation de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme en date du 18 mai 2017

% commentaires (2)

incompréhensible!

La France, pays de liberté??

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