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Exclue parce qu’elle porte le voile, le responsable de franchise d’une salle de sport s’excuse

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Le 28 septembre dernier, la nouvelle gérante d’une salle de sport des Yvelines, intime l’ordre à Soumaya* de ne plus se présenter avec son voile. Elle saisit le CCIF. Le responsable de la franchise s’excuse.

Cela fait maintenant deux ans que Soumaya se rend à sa salle de sport deux fois par semaine. Soumaya porte le voile, mais cela n’a jamais posé de problème, jusqu’au jour où les responsables de la salle changent :

« Un nouveau coach se présente à moi, interrompt ma séance de sport et me signifie que les responsables me demandent de ne plus porter mon voile en ce lieu. J’arrête mon exercice et je me rends auprès de la responsable à qui je demande ce qu’il se passe. Elle m’indique alors l’impossibilité de porter un couvre-chef dans le club. Je lui fais remarquer que cela fait plus de 2 ans que je viens avec un voile, et que personne ne m’a jamais fait la moindre remarque. Elle me dit que l’équipe est nouvelle et qu’elle-même est la nouvelle gérante ».

La jeune femme explique qu’elle a signé un contrat qui ne fait pas mention de cette interdiction, mieux encore que sur sa feuille d’adhésion se trouve une photographie où elle porte son voile. Dans un premier temps la nouvelle gérante invoque le motif sécuritaire, mais cela ne tient pas puisque Soumaya rabat son voile à l’intérieur de sa veste.

« C’est alors qu’elle invoque un autre motif, qui me parait être en fait celui qui la dérange : les signes religieux dans un espace privé. Je lui fais quand même remarquer que « son » espace privé est soumis à des lois d’autant plus qu’il a vocation à accueillir du public et que ni elle, ni moi ne sommes ici fonctionnaires de l’Etat. »

Soumaya se sent humiliée et demande alors à résilier son abonnement. Elle ne veut pas en rester là et décide de saisir le CCIF. L’équipe juridique l’aide à dresser un courrier argumenté à destination du siège de la salle de sport. Soumaya, forte de ces conseils juridiques, a appelé le responsable de la franchise qui dans un premier temps a soutenu la gérante. Puis lorsque Soumaya a cité les arguments apportés par le CCIF, le responsable s’est alors excusé et s’est engagé à régler la situation dans les meilleurs délais. Ce dernier la rappelle et lui indique qu’elle peut de nouveau se rendre à sa salle de sport avec son foulard sans être inquiétée. Le responsable de la franchise  s’excuse de nouveau avant de préciser qu’il s’agissait d’une cliente à l’origine de la demande de retrait du foulard.

Lorsqu’en 2003 le CCIF voit le jour c’est avec l’objectif affiché qu’un jour le combat que nous menons contre l’islamophobie soit porté en toute autonomie par les premiers concernés pour mieux le faire reculer.

Tout comme Soumaya, chacune et chacun est aujourd’hui en mesure de défendre ses droits au quotidien avec les outils nécessaires. Notre service juridique est et restera à votre disposition à l’effet de vous transmettre ce savoir-faire.

*le prénom a été modifiée

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Merci pour elle et pour tout ce que vous faites pour les musulmans et musulmanes de France qui voient leurs droits bafoués au quotidien.

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