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Une étudiante sage-femme discriminée lors du recrutement car elle porte le voile

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Yasmina*, étudiante sage-femme en 5ème année devait débuter son stage dit « intégré » au sein d’une PMI (Protection maternelle et infantile). Lorsqu’elle se présente face à la sage-femme référente, celle-ci lui explique d’entrée : « Je suis choquée. Je vais être cash avec vous, nous n’acceptons pas d’étudiantes voilées ». Yasmina saisit le CCIF.

Yasmina devait effectuer son stage dans une PMI afin de valider sa 5ème année. Après avoir fait signer sa convention par la PMI et son école, une rencontre avec la sage-femme référente avait eu lieu afin de discuter des objectifs et de l’organisation du stage.

Sauf que cela ne s’est pas du tout passé comme prévu. De fait, la sage-femme affirme à Yasmina que les « étudiantes voilées » ne sont pas acceptées. L’étudiante a alors tenu à rassurer la sage-femme, en lui indiquant qu’elle s’était toujours présentée sans son foulard lors de ces précédents stages et qu’il en serait de même pour celui-ci. Sauf que la sage-femme référente réitère « Nous n’acceptons pas de voilées ».

Cette réponse montre que ce n’est pas le fait de le porter sur le lieu du stage qui pose problème à la sage-femme référente, mais juste le fait que Yasmina porte le voile de manière générale. Elle lui a alors indiqué que son stage était suspendu. Très choquée, Yasmina est sortie en pleurs de l’entretien et a immédiatement contacté son école pour les informer de la situation, précisant que le stage ne serait pas maintenu. Cette dernière était inquiète car le stage avait été suspendu une semaine avant la date prévue pour son entrée en stage, mettant ainsi en jeu la validation de son diplôme. L’école a pu trouver une solution en lui proposant un autre stage.

Mais Yasmina ne veut pas en rester là et toujours très affectée par cet entretien a donc décidé de saisir le CCIF. De fait, si le personnel a pour consigne d’écarter systématiquement de la procédure de recrutement en stage au sein des PMI toute étudiante qui porte le voile, cela constitue une discrimination au stage. Comme le précise l’article 225-1 du Code pénal : « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison (…) de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, (…) une religion déterminée (…). ».

Notre service juridique a donc adressé un courrier à la direction de l’hôpital pour les informer de l’incident. Puis nos juristes ont saisi le président du Conseil départemental de Seine Saint Denis qui a répondu favorablement à nos doléances. Suite à notre signalement, la directrice générale adjointe s’est engagée à faire un rappel au service de la PMI, afin qu’un respect des termes de la loi à l’attention des encadrants en situation de recrutement ou d’entretien pour un accueil de stagiaires soit mis en œuvre : « Le Département ne tolère pas de risques de discrimination. »

En saisissant le CCIF, Yasmina a permis de bloquer toute prochaine discrimination à l’embauche au sein de cette PMI.

 

*Le prénom a été modifié

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Sauf que, on peut être sûr que la sage-femme référente fera en sorte de ne pas valider le stage d’une étudiante voilée en invoquant diverses « fautes » dont personne ne pourra prouver le contraire. En attendant, cette « référente » a tout de même été remise à sa place.

Il est bien dommage que les poursuites ce soient arrêtées à ce stade.. Car la Sage femme doit être sanctionnée.. Absolument. Yasmina n’est pas sa première et ne sera sans doute pas sa dernière victime. La loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur.. Et Yasmina aurait dû y revenir faire son stage avec une autre personne évidemment.

Il faut être cash avec eux ( les pseudo-laïcistes ) . »Votre mentalité réactionnaire n’a pas lieu d’être dans un pays qui se targue d’être la référence en matière de liberté ».

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