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Cantine : la laïcité n’est pas dans l’assiette

Depuis des décennies, dans les cantines municipales, et quelle que soit la couleur politique de la majorité, les enfants ont le choix entre plusieurs plats.

Quelques maires découvrent tout à coup que cela poserait un problème de laïcité. Et ils invoquent une prétendue laïcité qui est exactement son contraire. La loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat, fondement de la laïcité en France, repose sur le refus d’exercer une quelconque contrainte de l’Etat et des collectivités publiques pour favoriser une religion ou pour lutter contre elle.  Elle laisse les citoyens libres de pratiquer une religion ou de n’en pratiquer aucune.

C’est ce qu’on appelle la neutralité de l’Etat.

Qui n’interdit à personne d’avoir ses opinions et de le faire savoir individuellement ou collectivement. Contrairement à ce que vient de décider le maire de Chevigny, la laïcité n’est pas dans l’assiette. Elle est dans la tolérance et le respect des enfants et de leurs parents, dans l’égalité de traitement des enfants indépendamment des convictions (religieuses ou non) de leurs parents.

C’est ce que pratiquent quotidiennement les enseignants dans leur activité professionnelle exigeante et difficile.

Quant aux élus municipaux, ils n’ont pas d’autre responsabilité en la matière que celle de gérer les cantines municipales afin qu’elles apportent aux enfants une nourriture saine et équilibrée dans un moment convivial, qui exclut toute discrimination de certains enfants.

En instaurant la laïcité de l’Etat, la IIIe république a réservé au milieu de la semaine un jour de vacance d’école au cours duquel les familles qui le souhaitaient pouvaient faire donner à leurs enfants une éducation religieuse.

Il était traditionnel dans les cantines des collèges et des lycées d’offrir du poisson le vendredi.

C’est ce qu’on appelle le vivre ensemble avec nos différences, dans le respect de chacun, en refusant résolument tout ce qui peut conduire à une stigmatisation et au rejet d’une minorité.

C’est pourquoi nous demandons solennellement au maire de Chevigny de revenir sur une décision unilatérale et inappropriée et de rétablir la situation normale. Faute de quoi, nous nous verrions dans l’obligation de mener une campagne publique de dénonciation de rupture de la laïcité.

Ligue des Droits de l’Homme / Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples / ATTAC 21 / Amnesty International Dijon / Confédération Syndicale des Familles / FSU / Collectif contre l’Islamophobie en France / Libre Pensée / Solidaires 21/ARAC21/ Mouvement de la Paix/ UJFP/ FCPE

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