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#Législatives2017 : La chasse islamophobe est ouverte

Depuis l’annonce des candidats aux législatives 2017, une chasse aux sorcières est lancée, visant tous ceux qui auraient une proximité avec l’islam et/ou les musulmans. Ils/elles sont la cibles d’une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux.

Certains de ces contempteurs ont même appliqué la désormais pénalement célèbre « méthode Ménard », qui consiste à relever sur les listes tous les noms à consonance « musulmane », nourrissant ainsi la confusion entre arabité et islamité, tout en se livrant à un fichage digne d’un autre temps.

Des réseaux, allant d’extrême droite à l’extrême gauche en passant par les partisans du « Printemps républicain », s’adonnent à la fouille d’informations « compromettantes » déterrant tweets et photos personnelles, dès lors qu’ils peuvent être instrumentalisés.

Alors voyons de plus près ce qu’est une « information compromettante » selon nos zélés délateurs :

Prenons d’abord le cas de Hanan Zahouani, candidate aux législatives en Seine Saint Denis, et Hülya Sahin dans les Yvelines.

La raison de cet acharnement ? Elles portent un voile sur leurs affiches de campagnes, ce qui semble être un argument suffisant pour discréditer des candidates.

Comme le rapporte Le Parisien, Pierre Laurent, secrétaire général du PCF, a même alerté le ministre de l’Intérieur pour dénoncer le parti auquel est rattaché Hülya Sahin, Parti égalité justice (PEJ).

Il la présente comme une « organisation islamo-conservatrice, représentante officieuse du parti du président turc, Recep Tayyip Erdogan, l’AKP. » Des propos démentis par le président du Parti égalité justice.

Dans le même genre nous avons aussi Latifa Chay, candidate La République en Marche dans la 4ème circonscription de la Drôme.

Latifa ne porte pas le voile, mais l’a porté ponctuellement à l’occasion de l’inauguration de la Mosquée Al Forqane de Valence.

Ce fût la fois de trop visiblement, puisqu’elle subit la même campagne de diffamation, allant jusqu’à demander au mouvement du nouveau président Emmanuel Macron un retrait des listes aux législatives de la République en Marche.

Ce qui a été le cas de Haouaria Hadj Chikh, évincée au bout de quelques heures seulement après avoir été investie.

Pourquoi ? Car cette dernière a participé à la Marche pour la justice et la dignité, mais également pour avoir déclaré « on n’est pas Charlie », tout en participant à une marche rendant hommage aux victimes des attentats de janvier 2015.

« Etre Charlie », n’est-ce pas aussi la liberté de ne pas l’être ? Mais c’est un autre débat.

Certains spécialistes en fouille archéologique sur Twitter, le plus souvent courageusement anonymes, vont sûrement nous expliquer qu’ils ne s’en prennent pas qu’aux candidats musulmans.

Pas faux. Anne-Lise Dufour-Tonini n’est pas musulmane, mais endure la même pression que les précédents candidats. Pourquoi ? Parce qu’elle prend dans ses bras un imam « islamiste », nous dit-on, Hassan Iquioussen lors d’un hommage au père Hamel, assassiné à Saint-Étienne-du-Rouvray.

Bug: Un jour l’islamiste est celui qui refuse de serrer la main des femmes, le lendemain, c’est celui qui les serre dans ses bras à une cérémonie contre le terrorisme. Faudrait au moins se mettre d’accord.

De la même manière, on relèvera une autre injonction paradoxale, de la part de ceux qui d’une part demandent l’exclusion des candidats de confession musulmane investis dans des partis existants et qui, d’autre part et dans le même temps, reprochent le repli communautaire lors de la création de nouveau partis.

On serait tentés de croire qu’en fait, ce n’est ni la cohérence politique qui les anime ni celle du choix démocratique, mais un simple objectif:

Obtenir l’invisibilité totale des musulmans dans la sphère politique. 

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