3 dossiers d'islamophobie qu'on hésite à confier au réalisateur de "Sixième sens"

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Pour ne rien vous cacher, on réfléchit actuellement à proposer des scénarios à Night Shyamalan, le réalisateur connu pour ses thrillers fantastiques. Il faut dire que certains dossiers traités par le pôle juridique du CCIF relèvent parfois du… surnaturel. En matière de dénonciation calomnieuse notamment, les islamophobes les plus déterminés sont prêts à tout pour couler leur cible, quitte à les accuser de choses surprenantes. On a sélectionné trois affaires pour le moins troublantes sur lesquelles on travaille actuellement.

 

      1. Quand tu vois des photos d’allégeance à Daesh qui n’existent pas

Bon, accrochez-vous parce que ça commence fort. Il y a un mois, l’appartement de Mourad*, un francilien travaillant dans l’industrie automobile, faisait l’objet d’une perquisition matinale. L’homme est accusé de proximité avec un membre de la « mouvance islamique radicale », ce qu’il nie formellement. On lui reproche aussi d’avoir, en tant que client, effectué plusieurs fois la prière dans les sous-sols d’un grand magasin d’ameublement. Là encore, Mourad nie en bloc. À la fin de la perquisition, un procès-verbal faisant notamment état de la saisie de son téléphone portable lui est tendu pour signature. Mourad le lit et découvre stupéfait qu’il comporte un gros mensonge. En effet, le PV indique qu’une « photo d’un char portant un drapeau de Daesh » et comportant un message d’allégeance à l’organisation terroriste a été retrouvée dans son téléphone. Problème? Sur la photo en question, est inscrit en gros et en français : “L’islam se désavoue de Daesh”. Mourad leur signale leur malhonnêteté, en vain. Son portable est saisi et une procédure ouverte. Nous suivons actuellement le dossier. Entre temps, Mourad a fait constater par huissier, 18 publications Facebook, postées entre juillet 2016 et janvier 2017, dans lesquelles il condamne clairement Daesh. Mais là encore, peut-être les enquêteurs chargés de l'affaire ont-ils compris le contraire de ce qui était marqué...


       2. Quand t’as les yeux revolver, malgré toi

Après les photos imaginaires, les regards revolver qui n’en sont pas vraiment. Amina* est téléconseillère; elle travaille avec son turban. Il y a quelques semaines, alors qu’ils étaient en réunion de débriefing, son manager s’arrête net et lui lance : « qu’est-ce qu’il y a Amina ? Vous me fusillez du regard, on dirait que vous voulez me tirer dessus. » Évidemment, ce n’était pas le cas ; Amina le regardait attentivement, seulement parce qu’il était en train de donner des indications professionnelles. Elle lui explique qu’elle ne comprend pas cette remarque, qu’elle ne la trouve pas amusante, et son supérieur de renchérir “oui, c’est vrai...avec tous les événements…” Si elle peut paraître anodine, cette sortie a particulièrement choqué Amina qui a bien senti que c’est son voile qui était visé. Elle nous a contactés pour avoir des conseils juridiques.


      3. Quand t’as le même nom de famille que celui d’un terroriste

Pour leurs enfants, Samir* et Fatou* ont choisi l’école à la maison, via le CNED. Régulièrement, ils doivent donc envoyer des évaluations audios au Centre National d’Enseignement à Distance qui vérifie les acquis de leurs enfants. Il y a quelques semaines, l’une de ces envois les a directement conduits au commissariat. Là, vous vous demandez sûrement ce qu’ils ont bien pu enseigner à leurs enfants pour avoir à se justifier devant des policiers, non? Rien de spécial, c’était un cours d’anglais classique… mais l’un des agents du CNED les a signalés. Il dit avoir vu la photo d’un terroriste apparaître en ouvrant le fichier audio de l’évaluation. Oui, vous avez bien lu. IL A VU LA PHOTO D’UN TERRORISTE APPARAÎTRE EN OUVRANT LE FICHIER AUDIO D’UNE ÉVALUATION D’ANGLAIS. Samir, qui a tenté de garder son calme en expliquant aux policiers que les allégations de cet employé du CNED étaient techniquement irrecevables, a décidé de porter plainte pour dénonciation calomnieuse. Il se pourrait que le fond de l’affaire s’explique par l’homonymie entre le nom de famille de Samir et celui d’un infâme terroriste. L’employé du CNED a dû s’emmêler les pinceaux au point de voir apparaître des photos inexistantes.


Bref, que les islamophobes se méfient, leur racisme commence à leur jouer des tours.

*Tous les prénoms ont été modifiés.

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