Najat Vallaud-Belkacem rejette les discriminations visant les mamans voilées à l’école

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« Comment les jeunes peuvent s’intégrer si ils sont discriminés dès leurs plus jeunes âges ? »

Ce sont par ces mots que Salia a commencé à s’exprimer ce samedi 4 mars au nom des trois mamans interdites d’activité scolaire en raison de leur foulard, lors d’un échange citoyen à Argenteuil avec la ministre de l’Éducation Nationale Najat Vallaud-Belkacem.

L’incident remonte au 8 décembre 2016 dans une école primaire de la ville de Bezons.

Les trois mamans accompagnaient leurs enfants pour un atelier pâtisserie au sein de l’école.

Alors qu’elles avaient été initialement acceptées pour participer à cette activité scolaire, c’est la directrice de l’école et l’inspectrice de l’Éducation Nationale (présente ce jour-là) qui leur infligent une humiliation publique, à elles et à leurs enfants.

Un dilemme impossible leur est imposé : retirer leur foulard ou quitter l’établissement.

Leurs enfants sont en pleurs. L’atelier est finalement annulé.

Les trois mamans saisissent alors le service juridique du CCIF. 

Notre juriste envoie un courrier groupé à la direction des services départementaux de l’Éducation Nationale, à l’inspection académique de la circonscription ainsi qu’au Ministère de l’Éducation Nationale. Le défenseur des droits est également saisi.

Seule la direction des services départementaux de l’Éducation Nationale nous a fait un retour le 2 janvier dernier, condamnant ces agissements et s’engageant à faire respecter la loi. Nous sommes encore en attente d’une confirmation clôturant définitivement ce dossier, en faveur des victimes.

En réponse au témoignage de Salia, nous saluons la prise de position sans équivoque de la ministre de l’Éducation Nationale. Il est nécessaire en effet de rappeler que la neutralité établie par le principe de laïcité, qui s’applique aux fonctionnaires de l’Éducation Nationale, ne saurait en aucun cas s’appliquer aux parents.

« Le prosélytisme est actif et non passif » rajoute la ministre. En effet, porter un vêtement, en l’occurrence le foulard, ne saurait constituer un acte prosélyte. 

Le CCIF, notamment grâce au travail d’alerte des mamans voilées et de notre service juridique a enregistré une forte baisse de – 70% de ce type de signalement de 2014 à 2016. 

Les deux affaires d’interdiction d’accompagnement scolaire que nous avions porté en justice le 9 juin 2015 au tribunal administratif de Nice, puis le 22 décembre au Tribunal administratif d’Amiens avaient permis un rappel clair de la loi.   

Aujourd’hui, le défi principal reste d’informer le personnel éducatif des écoles du dispositif d’application de la laïcité dans les enceintes scolaires.

Nous espérons que la ministre se saisira de ce dossier afin d’en finir avec ces discriminations qui apportent leur lot de souffrances pour les mamans et leurs enfants, au détriment de la mission éducative de l’école. 

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