Procès du Cénacle : la banalisation de l’islamophobie en jeu

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Un moment important dans la lutte contre l’islamophobie va se jouer ce jeudi 16 février à la 16ème chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Bobigny.

Le restaurateur du Cénacle situé à Tremblay-en-France sera jugé pour avoir refoulé violemment de son restaurant deux clientes de confession musulmane et revêtues d’un foulard, en raison de leur islamité.

Les propos islamophobes formulées par le restaurateur et enregistrées dans une vidéo sont éloquents :

“Madame les musulmans sont terroristes et tous les terroristes sont musulmans” ; “cette phrase-là veut tout dire” ; “et je suis dans un pays laïc et j’ai le droit d’avoir une opinion” ; “Des gens comme vous, j’en veux pas chez moi, point barre !”.

Les faits avaient interpellé le maire de Tremblay-en-France, François Asensi, qui s’était exprimé via un communiqué :

“toute attaque contre eux, (citoyens français de confession musulmane) en raison de leur conviction ou de leur origine constitue une attaque contre l’ensemble de la communauté nationale et nous ramène aux pires pages de notre Histoire”.

Venue sur les lieux, la police avait également encouragé la victime à déposer plainte.

Le CCIF, représenté par Me El Hamamouchi, sera présent aux côtés de la plaignante, défendue par Maître Accardo. Alors qu’aucun client n’a réagi au moment où le restaurateur a professé ces propos, ce procès déterminera si oui ou non nous acceptons de banaliser l’islamophobie dans notre société.

Le procès qui devait initialement avoir lieu le jeudi 24 novembre a été repoussé après que l’avocat de la défense ait invoqué un délai trop court pour instruire le dossier.

Pourtant, ce dernier s’était exprimé à plusieurs reprises sur ce dossier dans la presse. Il avait notamment relayé la thèse de la “provocation” dont aurait fait preuve les deux victimes à l’égard du restaurateur.

Si aujourd’hui il est jugé “provocant” de vouloir fêter ses retrouvailles dans un restaurant de gastronomie française simplement parce que les clientes viennent revêtues d’un foulard, ce serait la validation pure et simple des discours racistes et xénophobes véhiculés dans les milieux d’extrêmes droites.

Le restaurateur lui-même n’avait dénoncé aucune “provocation” lorsque, acculé par les médias et prenant conscience de la gravité des faits, il s’était excusé face caméra. C’est seulement au gré de l’évolution de la défense qu’il a semblé adhérer à cette théorie.

Tous les discriminants pris sur le fait et souhaitant se soustraire à la conséquence de leurs actes se sont excusés. Que ces excuses soient sincères ou calculées, nous osons espérer que les juges de la 16ème chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Bobigny prendront acte de l’enjeu de cette audience en condamnant sévèrement ce restaurateur.  

Nous osons espérer qu'ils sauront rendre justice en toute indépendance, équité et impartialité à l'abri des pressions médiatiques.

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