ADDH - CCIF BP05 93401 SAINT-OUEN CEDEX
09 54 80 25 93

Affaire ​T​héo : une séquence emblématique du racisme institutionnel

Le 2 février 2017, Théo L. subissait des actes de torture et de barbarie par quatre agents de police. Ceux-ci ont été suspendus, et une enquête pour “viol” et “violence en réunion” a été ouverte par l’IGPN, la police des polices.

Le 9 février, l’IGPN rend ses premières conclusions de l’enquête : l’introduction anale de la matraque du policier serait un “accident” et non un “viol”, et l’IGPN décrit l’interpellation comme une “opération qui tourne mal”.

Le même jour au soir, Luc Poignant, chargé de communication du syndicat de police SGP-FO déclare estimer que “bamboula” reste une insulte “un peu près convenable” sur le plateau de C dans l’air.

Le 10 février, un rassemblement est organisé devant la préfecture de Bobigny. Dans la soirée, des violences et des dégradations de biens publics et privés, parfaitement condamnables, ont eu lieu. La préfecture a affirmé, dans un communiqué, que des effectifs de police avaient sauvé une petite fille d’une voiture en flammes. Or, il s’est avèré que c’est Emmanuel Toula, âgé de 16 ans qui est l’auteur, seul de ce sauvetage.

Le 13 février, aux divers appels de mise en place d’un récépissé lors des contrôles de police de la part d’organismes issus de la société civile, comme le Défenseur Des Droits ou le Collectif Stop Le Contrôle au Faciès dont le CCIF est membre, le Ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux déclare que la mesure serait contestable puisqu’elle entraînerait la constitution d’un fichier des personnes contrôlées dans les quartiers.

Sauf que le gouvernement a créé à la fin octobre 2016 un “mégafichier” des identités très contesté, et que la mise en place d’un récépissé de contrôle d’identité ne suppose en rien la création d’un fichier.

Bavures des agents dépositaires​ du service public, envoi des forces de police pour répondre aux révoltes de banlieue, mensonge de la préfecture, déclarations gouvernementales éludant la responsabilité de l’État dans la continuité des violences policières, cette séquence est le miroir d’un profond malaise.

Elle rappelle, encore, à quel point l’État se montre incapable de protéger ses minorités et de questionner sa responsabilité dans l​a perpétuation d’un racisme institutionnel.

Quand les déclarations gouvernementales expliquent ces “bavures” par le surmenage des forces de police, nous leur expliquons que l​a mise en place d’un récépissé faciliterait le travail des agents de police. Il leur permettrait de contrôler moins mais mieux, tout en ​s’inscrivant réellement dans une démarche d’investigation et de maintien de l’ordre, dans une relation apaisée avec la population.

Quand François Hollande salue la responsabilité et la dignité de Théo, nous lui rappelons que c’est à l’État de prendre ses responsabilités en promulguant des mesures concrètes, comme la mise en place d’un récépissé, une ​promesse de campagne non tenue.​

Quand le 21 mars 2016, le gouvernement lance une campagne de sensibilisation contre le racisme, l’antisémitisme, et les actes anti-musulmans, nous lui suggérons de lancer des formations pédagogiques sur le sens de la laïcité dans ses administrations. En 2016, les services publics étaient, encore, les champions des discriminations islamophobes. (à hauteur de 64% de l’ensemble des discriminations enregistrées par nos services).

L’Etat a l’opportunité, aujourd’hui, de faire face à ces responsabilités par la lutte contre le  racisme institutionnel, et la création de conditions propices à la construction de relations sereines et respectueuses entre les forces de l’ordre et toute la population.​

L’antenne du CCIF de Lyon participera samedi prochain, le 18 février​,​ à Vaulx-en-​V​elin au grand meeting pour la justice et la dignité, en soutien à Théo et à toutes les victimes de violences policières contre le racisme et l’islamophobie.

Toutes les informations ​sont accessibles ​ici : https://www.facebook.com/events/1432830530349878/

Ecrire un commentaire