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Perquisition : « je vis un traumatisme et une peur permanente »

Le témoignage de Jamel*, victime d’une perquisition abusive en novembre 2015 :

Le 15 novembre 2015 à 08h00 du matin, la police nationale est venue avec un bélier défoncer ma porte d’entrée. Ma mère, mon frère et moi-même avons entendu un grand bruit derrière la porte d’entrée. Ma mère va à la porte et leur a demandé d’arrêter. Elle leur a dit : « Attendez, attendez, je vous ouvre la porte ». Elle a ouvert la porte du domicile. Ils sont alors rentrés en rafale et ont demandé à ma mère, à mon frère et à moi-même de tous nous coucher sur le sol.

Ils ont directement menotté mon frère et moi-même dans le salon. La police nous a dit qu’ils agissaient selon un ordre de perquisition administrative. Ils m’ont ensuite mis dans un coin de la pièce.

J’ai dû faire face à deux policiers devant moi avec les jambes écartées et un tazzer. Mon petit frère était menotté et avait deux policiers devant lui.

Ils ont demandé à ma mère d’aller dans la cuisine avant de la menotter et de la conduire elle aussi dans le salon. C’est là qu’ils ont commencé la perquisition du domicile. Ils se sont mis à deux pour fouiller l’appartement.

Ils ont fouillé les pièces communes de fond en comble, sans rien trouver. Ils ont ensuite amené un chien malinois pour renifler l’appartement et les pièces communes. Moi je leur disais : « Monsieur, je n’ai rien à voir, je n’ai rien à me reprocher ». Je leur disais aussi : « Monsieur, je suis handicapé, j’ai mal au dos et aux jambes ».

Ils n’ont rien voulu savoir. Ensuite, un inspecteur de police est venu me voir et m’a demandé de signer l’arrêté de perquisition.

Ils ont fini leur perquisition sur le coup de 12h, et ils sont repartis.

Ensuite, ils sont revenus vers 17h30 avec deux policiers en civil et un policier en uniforme pour me faire signer l’arrêté d’assignation à résidence. J’étais traumatisé, moi et ma famille.

 Je suis resté un mois et demi assigné à résidence. Je devais me présenter et signer à un commissariat du Val d’Oise deux fois par jour, et je devais rester chez moi le soir et la nuit. On me reprochait d’être radicalisé avec d’autres personnes, de détenir des armes et d’être lié à une activité terroriste.

 Tout ceci est totalement faux.

 On m’a reproché des choses que je n’ai jamais faites de ma vie. Je suis une personne sociable, droite et pratiquante.

Je vis depuis ces évènements du 15 novembre 2015 un véritable traumatisme et une peur permanente. A cause de mon handicap, je ne dors presque plus la nuit. Je fais des cauchemars répétitifs et des crises sévères d’angoisse. Je ne vis plus depuis ces évènements et je suis toujours en état de choc émotionnel.

 Depuis ces évènements, Dieu merci, j’ai trouvé le CCIF qui m’a soutenu, et qui m’a trouvé un avocat pour m’aider. Il a pu faire lever l’assignation à résidence. J’ai demandé par la suite réparation des dommages matériels (porte cassée), ainsi que des dommages et intérêts pour préjudice moral. Pour le moment, l’affaire est en cours.

Jamel.

*Le prénom a été modifié.

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