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Pratiquer du sport avec votre foulard est un droit

Parce que l’islamophobie s’est installé dans la vie quotidienne des femmes de confession musulmane, Soumia*, portant un turban, avait anticipé un éventuel rejet de la part des gérants de sa salle de sport. Malgré s’être assurée au moment de son inscription que celui-ci ne devrait pas poser de problèmes, elle se confronte à un refus un mois plus tard. Avec la saisine de notre service juridique, un rappel à la loi a pu être effectuée auprès des discriminants et Soumia a reçu des excuses.

Après un mois de pratique sportive en salle sans jamais rencontré la moindre difficulté par rapport à son turban, Soumia se rend dans une salle de sport appartenant à la même enseigne à Châteaurenard, une ville voisine.

Ce n’est que lorsqu’elle se rend une seconde fois dans cette même salle de sport ce 25 octobre que la posture des responsables de l’établissement diffère. L’accès aux équipements sportifs lui est refusé au motif que “tous ports de couvre-chefs sont interdits”. L’hôtesse d’accueil précise toutefois que cette nouvelle consigne fait suite au mécontentement de son responsable, après la venue de la requérante.

Quand Soumia retourne dans la salle de sport qui lui avait pourtant assuré que son turban était réglementaire afin de réclamer le remboursement de sa caution, le responsable lui rétorque qu’ils ne peuvent rien faire, qu’elle s’est engagée pour un an et que si elle faisait opposition, il l’a poursuivrait en justice.

Soumia décide de faire valoir ses droits et contacte le CCIF qui la guide dans la marche à suivre. La juriste qui prend en charge son dossier définit la stratégie juridique à mettre en oeuvre en fonction de la situation précise rencontrée par Soumia. Trois courriers de réclamation sont envoyés simultanément de la part de notre service juridique à la salle de sport dans laquelle Soumia a effectué son inscription, à celle de Châteaurenard où elle a été discriminée, et enfin au siège social de l’enseigne.

Un mois plus tard, la persévérance de Soumia a porté ses fruits. La salle de sport qui lui avait refusé l’accès au motif du port de son turban se rétracte et confirme que les couvre-chefs sont bien autorisés du moment qu’ils ne dissimulent pas le visage et qu’ils ne représentent pas de danger pour la pratique sportive des usagers. Le responsable formule également ses excuses auprès de la requérante. Cette posture souligne la bonne pratique de la franchise qui s’est opposée à ce type de discriminations.

Par ailleurs, si des impératifs de sécurité peuvent naturellement être entendus lors de certaines pratiques sportives particulières comme le Karaté et le Taekwendo, des couvres chefs spécifiquement conçus pour la pratique sportive existe.  

Grâce à la persévérance de Soumia, une enseigne comportant une centaine de salles de sport sur tout le territoire a pu être sensibilisée sur cette question.

*Le prénom a été modifié.

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