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Mohamed Merah, homonyme donc suspect

C’est à partir de 23 ans que ses ennuis commencent. En 2012, Mohamed Merah abat froidement sept personnes, dont trois enfants de confession juive. Ce massacre marque naturellement un traumatisme pour la mémoire collective française. Lorsque Mohamed Merah, simple homonyme du tueur, est contacté pour participer à une émission de M6 sur ces “homonymes difficiles à porter”, c’est une garde à vue de 19 heures qu’il aura à endurer. Une façon de rentrer dans le vif du sujet.

  • Une mise en scène journalistique qui tourne mal

Contacté par un journaliste de M6, le jeune homme se voit proposer une “mise en scène” pour illustrer son reportage. M. Merah fait part au journaliste de certaines réactions sceptiques, de la part de commerçants recevant ses colis à son nom. Le journaliste de M6 a alors la brillante idée de lui envoyer quatre colis dans quatre relais différents. L’objectif était de pouvoir filmer leurs réactions au moment où M. Merah venait récupérer ses colis.

Sauf que la mise en scène a “trop” bien fonctionné. Le troisième livreur, à la vue du colis au nom de “Mohamed Merah” panique et alerte son chef de sécurité. Examinant leur base de données, ils constatent que c’est le troisième colis envoyé à ce nom dans un relais colis. Ils en informent de suite le commissariat local, qui en fait part au parquet.

Dans le contexte de l’état d’urgence, la panique s’empare des services et Mohamed Merah 2016 est directement perçu comme un potentiel émule de son homonyme mort en 2012, sur le point de commettre un acte terroriste.

  • 19 heures de garde à vue

A 20h50, c’est un escadron de police qui se rend au domicile de Mohamed Merah. “Bonsoir Monsieur, c’est les services de police”. M. Merah découvre trois policiers dont un avec une arme à la main à l’entrée de son domicile. Lorsque M. Merah tend sa pièce d’identité à la demande des policiers, il est menotté, plaqué contre le mur, palpé et embarqué directement à l’hôtel de police, sans autre forme de dialogue.

Après une heure d’attente en cellule, l’officier de police judiciaire l’informe de sa garde à vue pour “association de malfaiteurs en vue d’un acte terroriste”. Deux heures plus tard, l’OPJ revient pour une première audition, en requalifiant le motif de la garde à vue en “association de malfaiteurs en vue de commettre un crime”.

Lorsque l’OPJ lui demande de s’expliquer sur l’envoi de quatre colis envoyés à son nom, M. Merah comprend le terrible malentendu dont il est victime. Il essaye d’expliquer que ces colis devaient être une mise en scène journalistique en vue de sa participation prochaine dans une émission télévisée sur le thème des homonymes difficiles à porter, en vain.

Le temps d’éclaircir la situation, il passera une nuit entière en cellule. Le lendemain à 9h il est transféré dans un autre commissariat pour finalement être réintégré au commissariat initial à 10h.

Après une seconde audition de 2h30 avec la présence de l’ensemble des témoins (un collaborateur du journaliste, les commerçants, le livreur) confirmant le témoignage de M. Merah, et le déballage des colis ne présentant que du sopalin et des paquets de farine, Mohamed Merah est enfin libéré après 19 heures de garde à vue.

A l’heure où l’état d’urgence vient à nouveau d’être prolongé pour la cinquième fois par le Conseil des ministres, cette mésaventure traduit un affolement de la part des parquets dans la lutte contre le terrorisme. Agissant dans la précipitation, sans se fonder sur des éléments sérieux et crédibles, ce sont des dizaines de dossiers liés à l’état d’urgence que nous traitons suite à des dénonciations calomnieuses et des suspicions infondées.

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% commentaires (5)

No comment,ce pays est EXTRA-ORDINAIRE !!!

du GRAND N IMPORTE QUOI

Des paranos pleins de haine et de mépris, ils ne connaissent pas la signification d’ Etat de droit. C’est pas une surprise quand on voit des sondages qui montrent que 57% des policiers votent FN, un parti terroriste d’extreme droite autoriser en france, pays des droits de l’homme, le comble

C’est très ennuyeux d’avoir un homonyme qui commet des actes criminels, ou même répréhensibles même s’ils sont moins graves. J’en ai moi même l’expérience avec un homonyme (même nom, même premier prénom) qui a régulièrement des problèmes avec la justice et qui me cause des soucis car je dois alors me justifier. Mais peut il en être autrement lorsque les faits ou les risques potentiels sont très graves ? Certes 19h de garde à vue c’est long il faut l’admettre, mais principe de précaution exige…

[…] un récit édifiant que nous livre sur son site le Collectif contre l’islamophobie en France. Un jeune homme de 23 ans qui a le malheur de porter les mêmes nom et prénom que le terroriste […]

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