Un rapport accablant taille en pièce la stratégie sécuritaire optée par le gouvernement

0

"Nous sommes aujourd'hui face à un phénomène de fond auquel les dispositifs en place ne répondent qu'imparfaitement car ils ne prennent en compte qu'une partie de la réponse, uniquement sous l'angle de la répression [...]. Il y a donc urgence à agir".

Ce paragraphe est tiré du rapport classé confidentiel-défense édité par le SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale) en octobre 2013 et révélé avant-hier sur le site de Médiapart.

En deux ans, ce rapport n'a pris aucune ride. Et pour cause, cela fait trois décennies que la stratégie de lutte contre le terrorisme optée par le gouvernement est vouée à l'échec.

Depuis 30 ans, 15 mesures anti-terroristes ont été menées, et elles n'ont conduit qu'au résultat désastreux auquel nous pouvons témoigner aujourd'hui.

En l'espace de 10 mois, deux attentats ont été commis sur le sol français et personne n'a pris ses responsabilités en démissionnant de son poste.

Ce constat d'inneficacité de la lutte anti-terroriste est partagé au sein même de l'appareil d'Etat par les spécialistes de la sécurité et du renseignement qui ont participé à la rédaction de ce rapport.

Pourtant, deux ans après, le gouvernement entend graver dans le marbre le dispositif sécuritaire en rendant l'Etat d'Urgence permanent. Pire, il souhaite agréger une réponse identitaire à la réaction sécuritaire en souhaitant déchoir de la nationalité française les binationaux coupables d'actes terroristes.

Le rapport précise que les facteurs qui peuvent conduire à une radicalisation terroriste ne sont pas étrangers "aux vulnérabilités découlant de la crise économique, aux pertes de repères, à l'exposition croissante aux messages que délivrent les médias [...]"

Un terroriste né en France, qui a grandi en France et commet ses crimes en France, doit être jugé et emprisonné en France et demeure un problème franco-français. Prôner la déchéance de nationalité pour les binationaux seulement, alors que pour le même crime, un mononational garde sa nationalité, revient à réduire le terrorisme à une question identitaire ou à l'origine.

La réaction du gouvernement français relève plus de stratégies simplistes et d'un incapacité à comprendre les dynamiques du terrorisme et de ses ressorts. Lorsque Manuel Valls répète qu' "Expliquer c'est excuser", on se demande bien où il veut en venir. Nait on terrioriste ou le devient on?

Une telle posture prend le contrepied total de ce qui est préconisé dans le rapport : "[il convient] d'adopter une démarche non stigmatisante qui s'attaque davantage aux causes de la radicalisation qu'à ses manifestations". A ce sujet, le rapport souligne qu' "en matière de contre-discours, les réponses les plus efficaces peuvent également venir de la société civile".

Nous ne pouvons que le marteler, la mobilisation de la société civile  est aujourd'hui crucial pour porter une cohérence de fond pour pousser le gouvernement à agir en amont, en prenant les considérations sociales menant au terrorisme au lieu de d'être dans la réaction permanente et par définition, toujours en retard sur les événements.

Comme le soulignait ce rapport, il y a urgence à agir, et cela fait déjà deux ans qu'il a été rédigé...

Tag(s): 
Tag(s): 
Tag(s): 
Tag(s): 
Tag(s): 
Tag(s): 

Commentaires

Ajouter un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.

© 2016 CCIF. Tous droits réservés.