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Une étude accablante sur les rapports Islam/Ecole vient de sortir

Le traitement médiatique n’est pas le seul à souffrir d’un manque de nuance certain.

L’ouvrage Fatima moins bien notée que Marianne, paru ce jeudi 7 janvier par deux chercheurs (la sociologue Béatrice Mabilon-Bonfils et l’historien François Durpaire) relève plusieurs points accablants quant au sort fait à l’islam dans le traitement scolaire.

  • L’Islam associé au terrorisme, à l’islamisme et à l’étranger

Cet essai consacré au traitement différencié fait aux élèves musulmans à différents moments de leur scolarité (évaluation, sanction, orientation…), et à la ségragation au sein des établissements, revient également sur la représentation de l’islam dans les manuels scolaires.

Après l’analyse lexicale de quinze manuels d’histoire destinés aux élèves de 2nde, 1re et terminale du lycée général en usage cette année, ainsi que de neuf manuels destinés aux professeurs, leur conclusion est sans appel : la question de l’islam dans les manuels scolaires est invariablement associé à l’étranger, à l’islamisme et au terrorisme.

Il en ressort que le terme « islam » est très souvent associé aux termes « attentats« , « islamisme« , « 11 septembre« , « Al-Qaida« , « Ben Laden » et « terrorisme« .

Par ailleurs, les journalistes de Le Monde ont contacté une association qui regroupe 6 éditeurs scolaires qui corroborent ce constat. De la seconde à la terminale, l’islam n’est abordé qu’à travers la question de la conflitualité, de l’immigration, de la laïcité et du port du voile à l’école. Les deux chercheurs précisent que cette dernière est « pensée de manière univoque comme un retour communautariste ».

Stéphane Rio, enseignant agrégé d’histoire-géographie à Marseille résume : « à l’issue du lycée, les élèves n’auront entendu parler de l’Islam et des musulmans que comme source de problèmes, nationaux ou internationaux« 

Ce traitement n’est rien de moins que le reflet affligeant du marasme dans lequel s’enfonce le débat public quand il est question de l’islam.

  • Des conséquences qui se ressentent dans nos signalements

Et pourtant, les deux auteurs de cette étude tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences qu’un tel traitement peut engendrer :

« Une telle représentation de l’islam peut conduire à alimenter une phobie et à produire une vision caricaturale de cette religion. Nous plaidons pour des contenus plus inclusifs, qui éduquent au vivre ensemble plutôt qu’à la peur. »

Ces conséquences se ressentent directement dans l’enceinte scolaire. Nul besoin de revenir sur les nombreux signalements de discriminations scolaires que nous avions recensé après les attentats de janvier. Jeudi dernier encore, nous recevions le signalement d’un jeune garçon de 11 ans, traité de « sale arabe » et de « sale terroriste » par sa camarade de classe dans une école de Gonesse.  

  • Un constat qu’il s’agit de réformer

L’école est le lieu où les valeurs de Fraternité, de Liberté et d’Egalité doivent s’enraciner afin de forger des futurs citoyens à part entière. Le pari de l’Education consiste justement à savoir transmettre ces valeurs, afin de chercher à comprendre au-delà des préjugés, sans quoi le triptyque Egalité, Liberté et Fraternité que nos élèves franchissent chaque matin perd de sa valeur. 

 Dans cette optique, une reflexion pour revoir le traitement scolaire de l’Islam dans nos manuels serait bien évidemment salutaire.

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