Le Parisien s'empare de la méthode Ménard

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On avait espéré que les événements de janvier et l'explosion islamophobe fulgurante qui a suivi allait mettre un terme à la compromission d'une certaine presse qui sacrifie le devoir déontologique sur l'autel de la déchéance mercantile.

Mais cette presse-là s'accroche désespérément à son unique argument de vente : l'instrumentalisation des peurs de leur lectorat et ce faisant, elle prête le flanc à des dérives très dangereuses.

Ainsi, le Parisien dans sa « Une » du lundi 11 mai titrait photos à l'appui « Les robes de la discorde » et ces tenues « à connotation religieuse » que de « plus en plus de jeunes musulmanes » semblent porter à l'intérieur des établissements scolaires.

Dressant une typologie dans ses pages de ces « différentes tenues qui peuvent poser question », le Parisien ouvre la porte à un recensement des élèves sur la base de leurs tenues vestimentaires. Admirez le niveau journalistique du Parisien qui, "pédagogue" envers son lectorat, fait référence à Aladdin pour expliquer ce qu'est un "Sarrouel"... Cette référence à Aladdin pour évoquer les "coutumes" de ces terres  "étrangères" n'est rien d'autre qu'un aveu de leur prisme paternaliste et orientaliste.  

 Parisien-Aladin

Cette forme implicite de fichage nauséabond des élèves de confession musulmane, qui instrumentalise le concept de laïcité ne peut nous empêcher de nous rappeler ces théories qui ont permis d'enfanter le pire en Europe.

Car si certains, comme Robert Ménard, ont légitimé le fichage sur la base des noms des enfants qui « disent les confessions », l'émoi doit rester intact quant à ce fichage qui, sur la base folle de prétendues tenues "religieuses", légitime la stigmatisation d'une partie des enfants de la République.

Le CCIF accuse la construction d'un « nouveau problème » ajoutant de la malhonnêteté à la définition de la laïcité qui n'a selon les ténors de la Gauche de 1905 jamais eu pour but de stigmatiser, ni de régenter les tenues vestimentaires de ses citoyens.

Le CCIF accuse ces articles de presse qui n'encouragent pas à la prise de conscience contre l'islamophobie et révèlent, plutôt, un profond mépris pour une partie des citoyens jeter à la vindicte populaire.

Des manquements qui n'ajoutent que de la défiance envers une certaine presse qui n'a de cesse de nourrir l'islamophobie et l'ambiance délétère qui nuit à la cohésion sociale.

De Robert Ménard au Parisien, seule la méthode de fichage diffère. Pour le premier le prénom dit la religion, pour le second, ce sont les tenues vestimentaires qui témoigneraient de la confession religieuse. Sur le fond, c'est une même essentialisation stigmatisante d'une partie des enfants de la République qui s'opère. Notre République, une et indivisible rappelons-le, doit se montrer intraitable face à ces méthodes qui font échos à une sombre période de notre histoire.

 

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Commentaires

Salam Alaykoum..Merci pour vos articles rédiger de façon intelligentes et accessibles... Barak'ALLAH oufikoum..
l'europe... je pense que la haine de l'autre ne s'arrêtera jamais sur ce continent qui a tant fait de mal à l'humanité
a quand des médias indépendants en France car pour la désinformation et le sensationnel elle est championne. on devrait boycotter ce type de journaux qui manquent d impartialité et qui sous le prétexte de leur liberté d expression trahissent sciemment leur code déontologique en toute impunité.
C'est déprimant.

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