BP 21 50 AVENUE DU PRÉSIDENT WILSON 93213
01 49 21 22 22

Wissous Plage : suspension de l’arrêté

L’interdiction du port de signe religieux dans l’enceinte de Wissous Plage a été levée par le Tribunal administratif de Versailles. 

Le Maire, Richard Trinquier pensait pouvoir justifier son interdiction en se basant sur la loi de 2004. Tout comme le CCIF l’avait déjà expliqué cette semaine, cette loi ne vise, comme tout le monde le sait, que les élèves de l’enseignement public secondaire. M. Trinquier aurait,  donc, mieux fait de commencer par la lire avant de l’invoquer à tort et à travers.  

Cependant, cela confirme que le dispositif législatif initié depuis 2004 et présenté, alors, comme un rajustement des lois laïques de 1905 et un bouclier censé protéger la laïcité, ne recule devant aucune aberration quant il s’agit de vouloir discriminer les citoyens de confession musulmane. Un arsenal législatif qui  a autorisé et libéré l’islamophobie jusqu’à permettre à un élu de la république de s’autoriser à interdire à des mamans françaises de profiter de la plage et du soleil avec à l’appui arrêtés et règlements illégaux.

Bien heureusement la Justice n’a pas dit son dernier mot sur ce qui relève du droit ou de l’arbitraire et de la haine. Et la justice a tranché ce samedi 11 juillet contre l’arrêté du maire Richard Trinquier. Les Quinze citoyennes engagées et le CCIF représentés par Maître Guez Guez, avocat au barreau de Nice et auprès du CCIF ont obtenu victoire.  La mairie a été condamnée à verser 1500€ au titre des frais de justice. Le tribunal administratif de Versailles a dans le cadre d’un référé-liberté donc rendu une décision sans équivoque et lourde de sens : il n’est pas possible d’utiliser l’Etat, la République ou son rôle d’élu de la nation pour faire de l’islamophobie en agitant le drapeau de la laïcité et ainsi faire prévaloir des opinions personnelles nauséabondes.

Pour ce qu’il s’agit de l’audience, elle a été pour le moins assez risible. Le Maire qui n’a, semble-t-il, pas trouvé de conseil disponible pour l’assister devant le juge administratif s’est contenté d’observations orales assez cocasses et révélatrices d’une méconnaissance inquiétante de la Loi pour un élu  :

Je suis un républicain, et je milite pour le vivre ensemble et le respect de la laicité et de la loi de 2004 laquelle vise expressément le tchador, le bandana..  

Les arguments du Maire se sont poursuivis avec une vacuité sans précédent et ont permis à Maitre Guez Guez d’ironiser et de remercier le Maire de lui avoir fait découvert « les secrets de la loi de 2004 qui contiendraient « confidentiellement » une interdiction générale de tous les signes religieux et une énumération exhaustive de ces signes ». Et puis, enfin face à la requête en référé du préfet de l’Essonne, le Maire n’a pas trouvé autre chose que de répondre qu’il n’avait pas eu le temps de se constituer un avocat, et surtout de prendre connaissance d’une requête qui avait, pourtant, été transmise le jour précédent à 13h42. 

 En tout cas, le CCIF et tous ceux qui espèrent faire triompher le vivre ensemble ne peuvent que se réjouir de cette décision du Tribunal administratif de Versailles qui rappelle que la discrimination religieuse est interdite en France et que les libertés fondamentales doivent avoir encore longue vie sur notre territoire.

Nous espérons que Richard Trinquier et la municipalité de Wissous assimile que cette suspension de l’arrêté relève des textes de droits et de la Justice et dissuadera ainsi tous zélateurs, élus ou simples citoyens, qui souhaitent profiter d’une ambiance délétère islamophobe pour se permettre de piétiner lâchement  la dignité de citoyennes de confession musulmane.

Une décision et une victoire qui nous encourage surtout à poursuivre notre engagement juridique et citoyen dans la lutte contre toutes les formes d’islamophobie en France.

adherez au ccif

Crédit Photo : Shutterstock

Articles associés

% commentaires (13)

C’est une très bonne chose … la justice existe bel et bien.

La liberté d’exercer sa religion est un droit fondamental !

Bravo le CCIF! Et merci de vous occupez de nous! Hamdoullah

salam aleikoum

elhamdoullilah merci le ccif on est avec vous

Barakallah oufik que Dieu vous récompense pour votre action et qu’il vous facilite tous vos dossier

Félicitation au Ccif ! Merci pour tout le bien que vous faites ! Qu’Allah vous facilite

Salam,

je me réjouis de voir, qu’une fois de plus, le CCIF arrive à défaire ce que de purs zélés d’une laïcité déformée peuvent édicter, sûrs non pas de leur bon droit mais d’une docilité attendue. Bien que cette autorisation ne me concerne pas (personnellement j’évite ce genre de lieux et manifestations), il est important de ne pas les laisser grignoter jour après jour nos libertés fondamentales de circuler, pratiquer (ou pas) la religion de notre choix… Encore bravo à toute l’équipe !

Pour ma part, j’ai le sentiment que Mr Trinquiet savait parfaitement qu’avec cet arrêté, il était hors la loi, mais que ce serait payant « électoralement » parlant. Tant que la justice ne punira pas plus sévèrement les faits islamophobes, il risque d’y en avoir d’autres malheureusement.

tres belle victoire. merci pour tous.

Bravo pour le travail que vous effectuer et cette noble tâche de défendre les victimes d’islamophobie! Nous sommes de tout cœur avec vous.

Toutes les femmes voilees allez y en force!!!!

Salam Alaykoum merci le CCIF pour votre précieuse présence..Qu’ALLAH exalté soit il vous facilite..amine

Bravo le CCIF , merci d’être là !

Pour ridiculiser ce maire, pourquoi ne pas proposer aux autres communautés religieuses non musulmanes et aux citoyens solidaires des musulmans d’organiser un rassemblement inter-religieux :’bouddhistes, juifs, chrétiens?? Mr le Maire l’aurait bien cherché non?

Ecrire un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.