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Contre l’islamophobie : Stratégie et actions

Voici quelques news à partager, pour vous tenir au courant.

Vous avez été plus de 30 000 personnes à signer la pétition « pas de laïcité sans liberté: contre une loi stigmatisante / pour une commission sur l’islamophobie« .

Tant de personnes qui partagent la même idée, réunissant des citoyens de tous bords avec des universitaires, des associations de terrain, des mosquées, des élus et des militants à l’intérieur même des partis, c’est déjà un résultat en soi :

Il existe désormais en France un front contre l’islamophobie.

Ensuite, il faut se saisir de la pétition comme d’un instrument dans une stratégie beaucoup plus large qui s’articule autour de deux idées simples :

  • Libérer la parole et briser le consensus affiché autour d’une vision raciste de la laïcité.
  • Construire progressivement une capacité de réflexion, de mobilisation et d’action.

Libérer

La parole de ceux qui pensent qu’il y a un problème d’islamophobie en France doit s’exprimer. Ce cheminement est facilité par l’effet de masse que provoque une telle pétition, ainsi que la diversité de celles et ceux qui l’ont soutenue.

Le travail auprès des parlementaires doit s’intensifier, en déployant une puissance argumentaire capable de démontrer d’une part que ce nouveau projet de loi est sans objet, participant à un plus large dévoiement du concept de laïcité pour en faire un outil institutionnel d’exclusion des femmes musulmanes, d’autre part qu’il y a en France une forme de racisme en pleine explosion : l’islamophobie.

Les élus doivent comprendre que c’est un enjeu majeur et qu’un positionnement clair de leur part sera requis en prévision des échéances électorales des prochaines années. Nous veillerons collectivement à le leur rappeler. Dans la France de 2013, être islamophobe ne coûte pas cher et rapporte gros. Il faut veiller à ce que cette stimulation change, en associant systématiquement des prises de positions islamophobes à un prix en termes de crédibilité politique et de réputation pour ceux qui les endossent.

Si l’on pense que les élus et l’Etat ont une responsabilité dans la situation actuelle, alors ce levier d’action est nécessaire pour enrayer la mécanique d’institutionnalisation de l’islamophobie. C’est pour cela qu’il faut concentrer nos efforts dans les jours et semaines à venir sur le travail auprès des députés et des maires, afin de les amener à prendre position contre ce nouveau projet de loi et contre l’islamophobie.

Construire

Pour autant, un tel travail auprès des élus et des personnalités politiques ne sera pas suffisant si nous ne développons pas, dans le même temps, une capacité à réfléchir, mobiliser et agir sur les grandes questions qui traversent notre société, et ce de manière autonome, créative et ambitieuse.

Les questions électorales par exemple, doivent être envisagées avec plus d’intelligence collective, afin de sortir de l’alternance des frustrations, qui consiste pour beaucoup d’entre nous à voter à Droite, puis à Gauche, puis à … dans un état de défiance vis à vis de la politique menée sans voir d’alternative réelle se dessiner. Pour cela, il s’agit de passer du statut de spectateur du jeu politique à celui d’acteur, voire d’organisateur, pas nécessairement en créant un nième parti ou en adhérant à une formation politique existante, bien que de nombreux exemples montrent un réel impact au niveau local de l’investissement actif et critique au sein d’un parti, mais en repensant les modalités d’une action politique, au sens large du terme.

Cela peut se traduire par de nouvelles formes d’action et de mobilisation, très circonstanciées autour d’une cause, d’une échéance, d’un temps, ou encore par l’émergence dans la société civile de structures (associatives par exemple) portant des projets crédibles de changement, que ce soit sur les questions d’éducation, d’économie ou de lutte contre les discriminations.

A nous de définir collectivement et dans une dynamique d’émulation positive, les objectifs et les moyens de ce changement, avec deux messages à adresser à tous ceux qui nous suivent :

  • Détermination, car nous n’abandonnerons jamais face aux injustices, sans céder aux provocations mais en gardant la même constance et la même intensité dans la lutte pour le respect de nos droits les plus fondamentaux.
  • Espoir, car il s’agit aujourd’hui d’avancer ensemble, en s’entraidant dans tout ce qui nous réunit et en laissant de côté toutes les questions périphériques qui nous ont trop longtemps divisés, conscients de nos priorités et porteurs d’une force que rien ne peut arrêter, lorsqu’elle s’exprime au nom de la justice et du changement.

Passer à l’action

Il y a tant de choses que nous pouvons faire pour participer, chacun à notre échelle, à la lutte contre l’islamophobie. Adoptons un état d’esprit constructif en cherchant des axes de convergence pour travailler en commun, dans le respect des sensibilités de chacun. Délaissons systématiquement les polémiques stériles et concentrons nous sur ce qui nous rassemble tous: la dignité, la justice, la défense de nos libertés fondamentales.

Il ne faut sous aucun prétexte céder au défaitisme. Malgré la difficulté réelle de la situation, il faut rejeter en bloc les discours d’échec et les tenants du « ça sert à rien », qui ne produisent que frustration et tristesse parmi nous. Soyons dignes, courageux et convaincus de notre capacité à faire prévaloir la justice. C’est un message d’espoir et de détermination qu’il faut adresser à notre entourage.

A ce stade, vous pouvez participer en concentrant vos efforts sur 3 actions simples et efficaces :

  1. Signez et diffusez en masse la pétition « Pas de laïcité sans liberté », afin de renforcer encore plus cet élan contre l’islamophobie. Elle permet de montrer que des dizaines de milliers de personnes sont conscients de ce racisme et vigilants quant à la manière dont les pouvoirs publics s’en saisissent.

  2. Contactez vos élus et demandez leur de se positionner contre un nouveau projet de loi sur la laïcité et pour une commission sur l’islamophobie, en n’hésitant pas à les relancer par téléphone et en proposant des rencontres avec eux, conformément à vos droits d’administrés. Servez vous de la pétition pour leur montrer l’ampleur du mouvement et n’hésitez pas à utiliser l’argumentaire que nous avons mis à votre disposition (modèle de courrier disponible ici) . Nous sommes à vos côtés pour préparer ces moments de dialogue.
  3. Inscrivez vous sur les listes électorales, quelle que soit votre sensibilité politique, afin de pouvoir incarner une mobilisation crédible lors des élections à venir, et questionnez les partis politiques locaux sur leur positionnement à propos de l’islamophobie.

D’autres actions viendront, mais il convient pour l’instant d’agir sur des mécanismes précis afin d’être le plus efficaces possible. Si vous souhaitez vous mobiliser avec nos bénévoles, n’hésitez pas à nous écrire.

Pour toutes vos questions, remarques et commentaires, une seule adresse :  contact@islamophobie.net

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% commentaires (2)

inshaALLAH que ce probleme s attenuerat!

Salamou3alaykoum,

Ce qui nous manque c’est des outils de communication pour vous faire connaitre il y a tellement de gens qui partagent les memes valeurs mais qui ne vous connaissent pas. 6 millions de musulmans au moins + des personnes partageant les memes valeurs il faudrait utiliser ces leviers ! Ce seront eux ( nous) les vecteurs de ce mouvement. De mon côté je ferai tout ce qui est en mon pouvoir ! Qu’Allah vous recompense.

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