Croix gammées à la mosquée de Provins

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(Crédit photo : Lp/Gisèle Le Guen)

Samedi 9 février au matin, les fidèles de la mosquée de Provins (77) ont découvert avec effroi six croix gammées taguées sur les murs et les portes de leur lieu de prière. C'est déjà la deuxième du mois de février pour le seul département de Seine-et-Marne, puisque la commune d'Ozoir, située 60 km plus loin, avait été le théâtre d'actes de vandalisme islamophobe similaires la semaine précédente.

Cette fois-ci c'est au feutre rouge que les symboles nazis ont été tagués sur le lieu de culte. L'association des musulmans de Provins a déposé plainte, et une enquête a été confiée à la police judiciaire de Melun.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est fendu d'un petit communiqué dans lequel il affirme condamner "avec force cet acte intolérable". On peut y lire que Manuel Valls "comprend et partage l'émotion de la communauté musulmane et tient à lui faire part de son entier soutien". "Les services de police ont débuté leurs investigations afin d'identifier et d'interpeller le ou les auteurs et les présenter à la justice", affirme encore le ministère, et "les pouvoirs publics se montreront toujours particulièrement fermes avec ceux qui souhaitent attenter au pacte républicain". Dénoncer, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. D'autant que personne n'est dupe : ce ne sont là que des promesses oiseuses, des mots jamais suivis d'effets.

Et ces paroles en l'air ne font pas le poids face à la politique toujours plus stigmatisante et répressive de Manuel Valls, entre expulsions d'imams et petites phrases sur le "combat essentiel" de la République contre le port du voile, ou encore sur l'"ennemi de l'intérieur" que constitueraient l'islam et les musulmans de ce pays. Le Ministre des Cultes n'est qu'un pompier pyromane : sa politique, comme celle des ministres qui l'ont précédé à l'Intérieur, ne fait que légitimer les passages à l'acte islamophobes. Rien ne sert de s'offusquer lorsqu'on récolte ce qu'on sème.

Au-delà des mots, les pouvoirs publics doivent prendre conscience du fléau qu'est l'islamophobie, et mettre en place des politiques concrètes pour la combattre ; le CCIF attend de Manuel Valls qu'il cesse d'alimenter les polémiques islamophobes qui présentent les citoyens musulmans de ce pays comme des Français de seconde zone, et leur pratique religieuse comme incompatible avec les valeurs républicaines.

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