Richard Prasquier

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Richard Prasquier, le président du CRIF, a publié récemment un article, dans lequel il tient à établir une distinction entre les discriminations : "Je hais l'antisémitisme et je hais l'islamophobie. Mais j'essaie de ne pas tout mélanger."

Mais si l'on doit reconnaître que le rejet et la haine de l'autre se manifestent de différentes manières, avec des spécificités selon les communautés visées, les époques ou les régions, rien ne justifie que l’islamophobie soit logée au bas de l’échelle des priorités nationales. La hausse constante, depuis quelques années, du nombre des actes islamophobes atteste pourtant de l'urgence de la situation.

Le CCIF s'oppose à toute hiérarchisation qui conduirait à s'indigner davantage de l'une ou l'autre des formes de haine qui gangrènent notre société, à lutter prioritairement pour défendre l'une ou l'autre des communautés qui sont victimes de discriminations digne d'un autre temps. La position du CCIF est qu’il faut s’attaquer autant à l’antisémitisme qu’à l’islamophobie, à la hauteur des brimades, violences et discriminations que subissent les citoyens. Richard Prasquier semble vouloir nier la gravité de l'islamophobie en France, et se livrer au jeu dangereux et stérile de la concurrence victimaire.

Le CCIF n'est pas le seul à s'alarmer de ce qui se passe. L'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) dans un rapport de 2006, Amnesty international dans son dernier rapport, le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l’Europe dans un communiqué de juillet dernier, ainsi que la CNCDH dans ses derniers rapports annuel... Tous interpellent les gouvernements sur la montée dangereuse de l’islamophobie en Europe et plus particulièrement en France : il y a un véritable problème de société. A ceux qui ont l'indignation sélective, le CCIF demande un traitement identique des actes anti-juif et anti-musulman : nous voulons que la lutte contre l'islamophobie soit ajoutée, et non substituée, à la lutte contre l'antisémitisme qui a été déclarée "grande cause nationale". Il faut sans distinction « pourchasser partout » et « combattre sans relâche » tous ceux qui démolissent la paix sociale. Ni plus, ni moins.

A la déclaration du président du CRIF qui déclare que les juifs sont exposés à de réels "risques" de violences quand les musulmans ne souffriraient quant à eux que de "discriminations", le CCIF oppose cette liste, non exhaustive, d'actes récents de violence qui ont été commis contre des citoyens de confession musulmane en raison de leur appartenance religieuse, réelle ou supposée. Il ne s'agit pas ici de "risques", mais de faits.

  • Le 5 mai dernier à Amiens, deux hommes agés de 70 et 71 ans ont été sauvagement agressés alors qu'ils se dirigeaient vers la mosquée.
  • Samedi 4 août dernier à Aigues-Mortes, dans le Gard, un homme et sa compagne ont tiré à plusieurs reprises sur un groupe de jeunes qui fêtaient la rupture du jeune du Ramadan, puis sur une voiture dans laquelle se trouvaient une femme et sa fille de 9 ans.
  • Plus récemment, le vendredi 26 octobre, un homme armé d'un fusil à pompe est venu menacer les fidèles qui sortaient d'un local à Annecy où ils s'étaient rassemblés pour fêter l'Aïd al-Adha, en leur criant des injures racistes.
  • Dimanche 28 octobre, une mineure de 17 ans a été hospitalisée à Marseille après avoir été frappée à coups de bâtons par un homme dans la rue au prétexte qu'elle portait le niqab. Ce n'est pas la première agression de ce genre : depuis l'instauration de la loi de qui interdit le port du voile intégral dans l'espace public, nombreux sont ceux, comme cet homme, qui estiment que c'est à eux de la faire respecter, par la violence...

Les victimes de ces agressions seront sûrement ravies d'apprendre que ce qu'elles ont subi n'a pas trouvé suffisamment d'écho médiatique pour parvenir jusqu'aux oreilles de M. Prasquier.

Richard Prasquier prétend n'avoir jamais entendu parler

« de brimades exercées contre des musulmans à l'école (...) ni de réseau de branquignoles haineux effectuant des attentats contre des lieux liés à l'Islam. »

On peut pourtant égrener la liste affligeante des mosquées, commerces, cimetières qui ont subi des dégradations à caractère islamophobe dans les derniers mois :

Richard Prasquier n'entend que ce qu'il veut bien entendre. Il s'agit simplement ici d'actes recensés dans les derniers mois, mais les mois précédents ont également vu des lieux de cultes couverts d'urines et d'excréments, des têtes de cochon ou tranches de jambon déposées devant les propriétés privées de citoyens de confession musulmane, des inscriptions injurieuses et des symboles nazis sur les tombes de carrés musulmans dans des cimetières...

Le CCIF renvoie également à la véritable chasse aux musulmanes lancée dans certains établissements scolaires, qui dépasse très largement le cadre de la loi et qui revêt, n'en déplaise à M. Prasquier, véritablement le caractère de "brimade". Ce rejet vise non seulement les élèves mais également les parents d'élèves souhaitant participer à l'accompagnement des sorties scolaires. Au-delà de l'école, c'est dans tous les domaines de la vie que les citoyens français de confession musulmane subissent les "discriminations" dont Prasquier veut bien concéder l'existence, mais dont il ne semble pas prendre la mesure : musulmans et musulmanes sont régulièrement confrontés à un traitement d'exception dans l'accès à l'emploi, à la formation, à une agence bancaire, à une auto-école, à une salle de sport...

S'il exècre comme il le dit l'islamophobie, on aimerait entendre le président du CRIF condamner certains actes et propos des voyous de la LDJ. Quoi qu'il en soit, le CCIF déplore sa stratégie, qui consiste à nier la réalité de la violence islamophobe qui progresse en France. Agressions, menaces, dégradations et atteintes à la sécurité d'une grande partie des citoyens sont de plus en plus fréquentes, jusqu'à devenir quotidiennes.

Richard Prasquier, loin des logiques communautaristes, devrait réagir avec intégrité à toutes les formes de haine qui empoisonnent notre société et encourager tous les combats destinés à les éliminer.

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Commentaires

Communautaire de l’injuste, fourberie de Prasquier
Raciste de mémoire et sioniste de soutien
Indifférent de la République et hypocrite des principes
France et français, ce CRIF est maladif,

Comme il est grave de le gratifier d’un diner à l’Elysée,
Ras-le-bol de convier un traître, qui voyant les Palestiniens partirent, se réjouit de l’exil
Indifférent à la colonisation , indifférent à la morts d’enfants, indifférent au bombardement des maisons,
est-il humain ou rocher? Sent-il la sensibilité? a-t-il du sang et des veines?
Français se dit-il, mais le cœur bat pour Israël et les yeux rêve de dévorer Jérusalem

Croyez moi amis, en France sa main finit dans les urnes du FN,
Regardez donc l’amour de l’hypocrite! celui qui se veut gaulois et vend sa voix
Insensé de la vie! Le Pen s’ il venait à gouverner, ni juifs, ni musulmans pourront rester
Faut-il donc vous rappelez, que c’est les juifs de France que vous représentez , et non les sionistes au bout de la méditerranée !

Prasquier a raison, ce n'est pas la même chose, l'antisémitisme latent de l'Europe du XIX siècle a conduit au génocide Allemand du peuple juif où 9 juifs sur 10 ont perdu la vie outre qu'ils se sont fait traiter de sous-hommes. C'est aussi une doctrine racialiste qui a eu raison du reste d'Israel. On peut pas dire la même chose sur les musulmans qui n'ont pas été exterminés en masse pour des raisons raciales, qui n'ont pas été traité de sous-hommes (sauf peut-être pendant la colonisation mais avec une signification différente) ils vivent majoritaires dans beaucoup de pays et ne sont pas inquiétés pour leur pratiques religieuses.

Il y a plus d'actes islamophobes que d'actes dits "antisémites" en France ; ce sont les médias qui veulent nous faire croire que les juifs sont en danger en France. De même, la résignation de la plupart des musulmans de France empêche de recenser tous les actes islamophobes.

Pendant que les juifs se précipitent au poste de police pour un rien et reçoivent l'appui de tout l’État, les musulmans doivent faire avec la corruption de l'appareil judiciaire français : refus d'enregistrer les plaintes, affaires classées ou jugées à l'envers, etc.

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